Quid des banquiers de Credit Suisse si Tidjane Thiam devait partir…

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Tidjane Thiam, CEO de Credit Suisse

Tidjane Thiam pourrait-il être amené à quitter Credit Suisse ? C’est une question hypothétique et qui avait lieu de se poser lorsque Tidjane Thiam lorgnait encore sur poste de patron du FMI (désormais occupé par Kristalina Georgieva de la Banque mondiale).

Cependant, après la révélation d’une violente dispute en janvier dernier au domicile de Tidjane Thiam avec l’ancien directeur de la branche gestion de fortune Iqbal Khan (recruté en août par le concurrent UBS) ainsi qu’une filature mise en place par la banque pour espionner ce dernier, certains ont laissé entendre que cette question du maintien Tidjane Thiam comme  CEO se posait à nouveau.

Si tel devait être le cas, cela constituerait une mauvaise nouvelle pour quiconque travaille dans la banque d'investissement ou bien dans la division de marchés de Credit Suisse. Car comme les analystes bancaires de JPMorgan l'ont souligné fin juillet dans leur dernière note sur le groupe bancaire helvétique, les « activités liées à la banque d'investissement » de Credit Suisse ne sont pas nécessairement en très bonne forme.

L’un des principaux problèmes est le ratio coûts / revenus particulièrement élevé de la division IBCM (banque d’investissement et marché de capitaux) de Credit Suisse, qui regroupe les banquiers M&A et les professionnels ECM et DCM. Au dernier trimestre, ce pourcentage était de 97% au troisième trimestre.

Comme l’a souligné la société de recherche Tricumen en août, Credit Suisse était l’une des grandes banques les moins efficientes au chapitre des coûts d’exploitation par rapport aux revenus des activités M&A et marchés des capitaux au premier semestre 2019.

D'autres réductions de coûts dans la BFI ?

Credit Suisse n’a pas souhaité commenter cet article, mais si Tidjane Thiam devait s'en aller, le risque est que son successeur pourrait alors décider que la banque d'investissement de Credit Suisse a besoin d'une nouvelle série de réductions de coûts spectaculaires pour améliorer ses marges.

Les analystes de JPMorgan suggèrent pourtant qu'une telle décision serait souhaitable. Tout en louant Tidjane Thiam pour la croissance de l’activité banque privée de Credit Suisse, le respect des objectifs de coûts et le fait de générer un effet de levier opérationnel positif, ils remettent en question la stratégie « actuellement sous-performante de la banque d’investissement ».

Et les analystes de JPMorgan de souligner en particulier que d’après leur modèle, les activités de banque d’investissement du Credit Suisse absorbent 35% du capital du groupe et ne génèrent que 24% de son bénéfice avant impôt. Ils estiment également que l’activité actions est déficitaire et doit être « redimensionnée » au profit des clients de l’activité de gestion de fortune, et suggèrent enfin que l’activité crédit ne sera plus viable une fois que le cycle du crédit se sera retourné.

Bien sûr, on pourrait douter de l’impartialité des analystes de JPMorgan du fait qu’ils travaillent pour une banque américaine rivale de Credit Suisse, mais les analystes sont supposés être indépendants. On pourrait également faire valoir que les activités de banque d’investissement de Credit Suisse redécolleront dès que son pipeline de transactions en cours se concrétisera.

Toutefois, les employés du Credit Suisse doivent espérer que les analystes de JPMorgan se trompent et que le scandale à Zurich finisse par retomber pour que Tidjane Thiam reste en place et contribue à leur protection. Le fait que Credit Suisse ait innocenté ce mardi son CEO au terme d’une enquête interne sur la filature mise en place par la banque pour espionner Iqbal Khan, devrait plutôt les rassurer…

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