Pourquoi les banquiers d’investissement de la City ne se ruent pas vers Paris ?

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Pourquoi les banquiers d’investissement de la City ne se ruent pas vers Paris ?

La crainte d'un exode massif des banquiers de la City semble excessive, selon les chiffres publiés jeudi par le cabinet EY dans son dernier rapport trimestriel Financial Services Brexit Tracker relatif à l'impact du Brexit sur les services financiers et réalisé sur la base des déclarations publiques de 222 des plus grands établissements financiers actifs sur le marché britannique.

Pour preuve, seulement 1.000 emplois auraient été délocalisés hors de Londres vers le Continent depuis le référendum de juin 2016, principalement vers Paris, Francfort et Luxembourg. « Ce chiffre ne représente que 15% du volume total du personnel des banques d'investissement actuellement destiné à être transféré », précise EY.

Estimé à environ 7.000 unités, le nombre d'emplois susceptibles d'être délocalisés en Europe dans un avenir proche reste ainsi stable par rapport au trimestre précédent. Tout comme la valeur des actifs susceptibles de quitter le Royaume-Uni, à hauteur de 1.000 milliards de livres sterling. Mais les choses pourraient s’accélérer après la sortie effective du Royaume-Uni de l'UE, prévient EY.

Plusieurs raisons peuvent expliquer que les banquiers d’investissement de la City ne se ruent pas massivement vers Paris. Des raisons financières (les salaires à Paris étant moins élevés qu’à Londres), des raisons matérielles et logistiques (surtout pour les familles expatriées) et enfin des raisons d’ordre culturel (la crise des gilets jaunes par exemple  a marqué les esprits).  

Le compteur pourrait s’emballer…

Malgré tout, les transferts pourraient s’intensifier. « Ce n'est pas le moment de lever le pied. Il y a beaucoup à faire dans les six prochaines semaines », prévient Omar Ali, responsable Services Financiers chez EY UK, rappelant qu'il est essentiel que les entreprises puissent connaître et se conformer aux exigences réglementaires de tous les pays dans lesquels elles opéreront.

A noter que sur les 41 établissements financiers ayant déclaré envisager de déménager ou confirmé qu'ils transféreraient certaines de leurs activités et/ou de leur personnel outre-Manche, 30 sont des banques universelles, des banques d'investissement ou des maisons de courtage, 31 des gestionnaires d'actifs et 17 des assureurs et des courtiers en assurance.

Le compteur pourrait d’autant plus s’emballer que la City a perdu de sa superbe parmi les places financières mondiales, selon la 26ème édition du Global Financial Centres Index (GFCI) publié jeudi par la société britannique Z/Yen. Londres rétrograde ainsi de la 1ère à la 4ème place en ce qui concerne les activités bancaires, au bénéfice de Paris qui remonte de la 27ème à la 17ème place. Et cela avant le Brexit…

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