Toujours plus de bureaux à Paris et La Défense en anticipation du Brexit…

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Dans un contexte où les investisseurs capitalisent sur le développement du Grand Paris Express et anticipent l’impact positif du Brexit dans leur stratégie d’investissement, la production de bureaux neufs dans le Grand Paris se maintient à un niveau historique.

Tel est le principal enseignement de la 32ème édition de l’étude Grand Paris Office Crane Survey de Deloitte réalisée en partenariat avec Explore et Business Immo et qui recense les opérations neuves, ainsi que les restructurations de bureaux « en blanc » de plus de 1.000 m² et celles livrées au cours des 6 derniers mois.

L’encours de production s’élevait ainsi précisément à 2.014.000 m² au 31 mars 2019. Les 125 opérations en cours à fin mars maintiennent le niveau élevé de la production de bureaux et le secteur dévoile un nouveau record avec 37 lancements de nouvelles opérations enregistrés, soit 23% de croissance sur 6 mois.

Ce dynamisme est notamment porté par les chantiers de la Défense et du Secteur des Affaires de l’Ouest qui ont vu chacun 130 000 m² lancés cet hiver. « Néanmoins aucune nouvelle prise à bail n’est à noter dans le quartier de la Défense : l’attentisme semble être de mise avec les incertitudes qui entourent le Brexit, malgré d’importantes livraisons disponibles à court terme », précise Christian Gillet, Principal Real Estate Advisory chez Deloitte France.

Les arrivées se multiplient

En attendant, les arrivées se multiplient. Mi-juin, l’Autorité Bancaire Européenne ABE, ou EBA en anglais) a investi son nouveau siège à La Défense. Les 200 employés de Canary Wharf ont pris leurs quartiers d’été dans la tour Europlaza à Courbevoie (92) entre le boulevard circulaire et Cœur Défense, à deux pas du Cnit et de la Grande Arche.

A noter que pour accompagner l’arrivée de l’ABE et de son personnel mais aussi de possibles banquiers contraints de devoir débarquer en France, va s’ouvrir à la rentrée prochaine une école européenne non loin de là, rue Eugène Caron à Courbevoie.

Dans la capitale, les arrivées de banquiers ont lieu par vagues successives, comme chez Bank of America Merrill Lynch. Fin mars, 200 personnes étaient installées dans le nouveau bureau parisien. « D’ici la fin de l’année, ils seront 200 de plus », nous confirme une porte-parole de la banque américaine à Paris.

Si certains bureaux sont déjà occupés, d’autres n’ouvriront leurs portes que bien plus tard, une fois rénovés. Ainsi, JPMorgan lorgne sur l’Hôtel de la Marine à Paris mais les 6.200 m² de bureaux neufs ne seront pas disponibles à la location avant le printemps 2020. En attendant, la banque d’investissement américaine s'est assurée de disposer de locaux supplémentaires à la périphérie de Paris pour accueillir rapidement jusqu'à 200 salariés en provenance de Londres en cas de Brexit sans accord.

Une destination attractive, vraiment ?

Plusieurs facteurs expliquent la place de Paris, et en premier lieu, le Brexit et l’attention portée à la région capitale pour les transferts d’activités en provenance du Royaume-Uni. Selon 24 % des investisseurs interrogés, la France serait le pays européen le mieux placé pour bénéficier des effets du Brexit, dans un sondage réalisé par EY en janvier 2019.

Pour mieux comprendre l’attractivité de Paris et de La Défense dans le contexte du Brexit, un petit retour sur le Baromètre Attractivité de la France 2019 publié ce mois-ci par EY s’impose. En 2018, ce sont plus d’un millier de projets d’investissements directs étrangers (tous secteurs confondus) qui ont été annoncés dans l’Hexagone qui est proche de ravir la 1ère place européenne au Royaume-Uni évidemment touché par le Brexit.

Mais la partie n’est pas gagnée. « En dépit du Brexit et bien que l’écart se resserre nettement, le Royaume-Uni accueille encore plus de nouvelles implantations internationales que la France », expliquent Jean-Pierre Letartre, président d’EY France et Marc Lhermitte, associé EY responsable du programme Attractivité.

La France souffre encore, aux yeux des dirigeants interrogés en France et en Europe, d’un déficit de compétitivité par rapport à ses principaux concurrents, notamment dans le domaine fiscal, et ce en dépit des réformes menées par le gouvernement. « En conséquence, la dégradation des perspectives d’implantation incite tout particulièrement à la mesure », concluent-ils.

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