Ce banquier M&A quadragénaire qui a généré 50 M$ de commissions en quatre mois…

eFC logo
Ce banquier M&A quadragénaire qui a généré 50 M$ de commissions en quatre mois…

Bernard Mourad est un faiseur de pluie. Pas n'importe quel faiseur de pluie, mais celui avec la capacité de provoquer un séisme dans la banque qui l’emploie.

Agé de 44 ans, Bernard Mourad est aujourd’hui responsable de la banque d'investissement en France pour Bank of America. Mais dans l’un de ses jobs précédents, il a eu des démêlés avec Morgan Stanley. Lors d’un procès qui se tient actuellement, son avocat rapporte que sur une période de quatre mois en 2015, son client a généré 50 M$ de commission pour la banque américaine. Impressionnant, même aux yeux du principal intéressé.

Il y a cependant une ombre au tableau : Bernard Mourad a démissionné de Morgan Stanley en février 2015, ce qui laisse supposer que ces commissions sont arrivées après son départ. Il aurait généré 100 M$ de « fees » en 2014 suite au rachat de SFR par l’entrepreneur Patrick Drahi avec lequel il entretenait de bonnes relations.

Bernard Mourad a vraisemblablement quitté Morgan Stanley après avoir récupéré son bonus en cash de 2014. Il est parti rejoindre Drahi dans la société devenue depuis Altice. Il n’y a là rien d’inhabituel, mais les conséquences de l’indemnisation différée viennent de créer un précédent très intéressant devant un tribunal français.

Le programme de report de Morgan Stanley n'avait rien de particulièrement inhabituel. Une partie de la rémunération obtenue par Bernard Mourad entre 2012 et 2014 a été payée selon un calendrier d'acquisition pluriannuel. Morgan Stanley a fait valoir que l'objectif de ce programme était clair pour tous : vous devez rester en poste chez MS pour pouvoir le récupérer. Dans ce cas, Bernard Mourad a perdu l'équivalent de 1,2 M€.

Sauf que… les régimes de ce type ne sont pas nécessairement légaux en droit du travail français, à moins que le salarié les ait explicitement acceptés (selon l'avocat de Mourad au début de l'affaire, « cela revient à dire que votre salaire de juillet ne sera payé que si vous travaillez toujours pour la société quatre ans plus tard »). Mourad a dit qu'il n’avait rien accepté et plaidé devant le tribunal qu’il n'avait jamais signé quoi que ce soit, électroniquement ou autrement, pour accepter le report de sa paie ou pour que ses conditions de travail soient régies par New York, Londres ou toute autre loi que la loi française.

La juridiction française semble avoir abondé dans son sens. Les détails complets de la décision ne seront pas disponibles avant quelques semaines, mais lundi, Bernard Mourad a reçu le montant total de 1,2 M€, plus 250 K€ pour un bonus séparé.

Morgan Stanley fera probablement appel, mais son cas vient rappeler aux banques que leurs employés vedettes peuvent contester les normes en vigueur. De plus, si l’argument de Bernard Mourad est retenu, la dynamique du marché français va probablement changer, au moment même où davantage de monde s’y déplace dans le sillage du Brexit. Les banquiers seniors vont probablement affluer à Paris s’ils parviennent à conserver leurs bonus différés lorsqu’ils changent d’emploi.

Vous avez un scoop, une anecdote, un conseil ou un commentaire que vous aimeriez partager ? Contact : tiochem@efinancialcareers.com

A lire aussi…

Close
Loading...