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INTERVIEW : « Je n’ai jamais rencontré d’anciens banquiers de la City qui se disaient heureux d’être rentrés à Paris ! »

A peine débarqué à Paris et déjà nostalgique de la City...

A peine débarqué à Paris et déjà nostalgique de la City...

Aujourd’hui, qu’en est-il du job de trader en particulier et des métiers de front-office plus généralement ? Le Brexit va-t-il changer la donne chez les traders français qui se sont jadis expatriés à Londres ? Pour le savoir, nous avons interviewé l’un d’entre eux qui a travaillé sur le desk change et matières premières d’une grande banque d’investissement française à la City de Londres et a bien voulu – sous couvert d’anonymat – répondre à nos questions….

À quoi ressemble votre environnement de travail et la vie en front-office aujourd’hui ?

L’image d’une grande salle peuplée de terminaux disposant de plusieurs écrans demeure d’actualité. Chaque ‘desk’ concerne une activité spécifique. C’est un environnement où la pression est permanente car l’opérateur doit gérer la volatilité des marchés et les objectifs qu’il doit atteindre.

L’émergence des nouvelles technologies (ex : trading algorithmique) est-elle une menace pour les jobs en salles de marché ?

Indiscutablement. Nous sommes dans une période où les plateformes électroniques remplacent progressivement les opérateurs. Les charges d’une banque d’investissement sont très lourdes et le poids croissant de la régulation n’aide pas. Les banques tentent de réduire les coûts tout en conservant les compétences nécessaires au développement d’activités qui sont jugées pérennes, du moins pour l’instant.

Le Brexit va-t-il pousser les traders français à quitter la City de Londres et revenir sur Paris ?

Non pas forcément. Je serais étonné de voir une grande vague dans ce sens. Le fait est qu’en dépit du Brexit, les Français ne veulent pas revenir sauf si leurs établissements les contraint à le faire. Londres dispose d’un dynamisme et d’une ouverture contre lesquels Paris peut très difficilement rivaliser.

Avez-vous déjà observé des mouvements allant dans ce sens dans votre entourage professionnel ?

Oui, mais uniquement de la part de gens en fin de carrière.

Quelles sont les principales différences entre le fait de travailler dans la finance à Londres et à Paris ?

Elles sont énormes. Premièrement, Londres demeure la première place financière mondiale. Les opportunités qu’elle procure sont très significatives et, immanquablement, supérieures à celles de Paris. Ensuite, n’oubliez pas que Londres est la seule ville du monde, avec New York, qui dispose du titre de ‘Global City‘. C’est un grand melting pot de compétences, de nationalités et de cultures qui conduit à des possibilités extraordinaires. Mais c’est également une ville très compétitive et, par moments, très dure.

Justement, quels conseils donneriez-vous à un banquier de la City désireux de revenir sur Paris ?

Je lui dirai de bien réfléchir. Si ses circonstances personnelles le poussent dans ce sens, alors tant mieux. Mais pendant les nombreuses années que j’ai passées à Paris, je n’ai jamais rencontré d’anciens banquiers de la City qui se disaient heureux d’être rentrés. Ceux qui m’affirmaient le contraire étaient ceux qui n’étaient pas parvenus à s’adapter. Et cela se voyait.


Crédits photo : PeskyMonkey / gettyimages

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