Rentrée 2017 : les 10 vérités sur l'emploi en finance dans l'Hexagone

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Il existe des vérités sur le marché de l'emploi que vous feriez mieux de connaître avant de postuler. A ce sujet, Syntec Conseil en Recrutement qui réunit plus de 130 cabinets de recrutement a publié au début de l'été la liste des 10 vérités sur l'emploi en France.

« Au cours de nos lectures et de nos échanges, nous nous sommes aperçus qu'un grand nombre d'assertions fausses étaient diffusées, régulièrement, sur le recrutement et sur l'emploi », rappelle Antoine Morgaut, président de Syntec Conseil en Recrutement. « Rétablir la vérité sur ces sujets fait également partie de nos missions ».

Quand on sait que Antoine Morgaut est par ailleurs CEO Europe & Amérique Latine de Robert Walters, nous avons vérifié si ces vérités qui concernent le marché du travail en général s'appliquaient au marché bien spécifique de l'emploi en finance en cette rentrée 2017. Indéniablement, témoignages de professionnels à l'appui, la réponse est oui.

1 - En France, le chômage des cadres n'existe (quasiment) pas

« Avec 4 % de chômeurs recensés par l'Insee, les cadres supérieurs sont privilégiés », rappelle le Syntec Conseil en Recrutement. Avec 215.000 embauches prévues en 2017 (CDI ou CDD de plus d'un an), on atteint en France des niveaux jamais atteints, à tel point que l'Association pour l'emploi des cadres (Apec) n'hésite pas à parler de "situation de quasi-plein emploi des cadres".

Un constat qui vaut pour les professionnels de la finance. Réputés plutôt calmes, les mois de juillet et août ont cette année été particulièrement actifs en termes de recrutements de cadres financiers expérimentés tant du côté des grandes banques que des boutiques de corporate finance, sans oublier les cabinets de conseil et d'audit comme Grant Thornton qui a annoncé vouloir finaliser 500 recrutements d'ici la fin de l'année.

2 - Il y a de vraies pénuries de compétences sur de nombreux postes

En France, 29% des chefs d'entreprises interrogés ont des difficultés à trouver les compétences qu'ils recherchent, contre 21% l'année dernière, soit une hausse de 40%, d'après l'enquête annuelle de ManpowerGroup sur la pénurie de talents. Là aussi, la finance ne fait pas exception.

Récemment interrogé par BFM Business sur les profils recherchés en priorité par les cabinets de recrutement en ce moment, Antoine Morgaut cite le responsable compliance en banque-assurance et toutes les fonctions liées aux risques et à la sécurité comme le responsable juridique, le directeur de risque opérationnel ou les auditeurs financiers.

Photo published for Happy Boulot: Recrutement: quel est le profil recherché en priorité par les cabinets en ce moment ?...

3 - La principale motivation des cadres n'est pas le salaire

Dans un contexte économique favorable, les cadres sont plus optimistes en ce qui concerne leurs perspectives d’évolution salariale en 2017. Parmi eux, près d’un sur deux a l’intention de demander une augmentation au cours de l’année. 35 % estiment qu’ils l’obtiendront, soit deux points de plus par rapport à 2016, selon la dernière étude de l'Apec sur l'évolution de leur rémunération.

Pourtant, plus de la moitié des cadres (57%) affirme que le salaire n'est pas la principale source de motivation au travail. Ils accordent notamment de l'importance à la reconnaissance (16%), à la possibilité de télétravailler (16%) et de suivre une formation qualifiante (16%), selon la dernière enquête Cadremploi sur les salaires et perspectives d'augmentations.

Il en va de même dans la finance où "les jeunes professionnels sont de plus en plus réticents à rejoindre le secteur uniquement pour l’argent », rappelle dans nos colonnes Alice Leguay, cofondatrice et COO du site de benchmarking de salaires dans le secteur financier Emolument.com et qui préconise « davantage de sens et de flexibilité insufflés dans ces professions ».

4 - Les cadres français travaillent beaucoup

La France est en troisième position en Europe sur le temps de travail de ses cadres avec une semaine moyenne à 46,8 heures (derrière le Royaume-Uni à 48,9 heures et le Portugal à 47,3 heures), selon le sociologue Paul Bouffartigue du Groupement de Recherches « Cadres ». Les financiers français eux non plus ne ménagent pas leurs efforts, même si les profils les plus juniors lèvent dorénavant parfois le pied.

« L’équilibre entre vie professionnelle et vie privée est devenu un élément plus important dans les carrières des jeunes professionnels de la finance au cours des dernières décennies en partie en raison des perspectives de rémunération moindres pour les analysts et associates dans le secteur financier », relève Alice Leguay. « Ils se rendent compte que les heures intenses n’en valent peut-être pas toujours la peine ».

5 - La majorité des cadres ne souhaite pas manager

« Les cadres sont 67% à ne pas vouloir exercer les responsabilités de leur supérieur hiérarchique », indique Francis Boyer, spécialiste en innovation managériale. Une tendance que l'on retrouve dans la finance, où il ne fait pas toujours bon être promu vice president ou director, postes très exposés dans le contexte actuel de réduction des coûts.

Pourtant, même si vous êtes un collaborateur introverti qui préfère travailler dans son coin sans faire de vagues (une « plante verte » en quelque sorte), rien de vous empêche de taper dans l'oeil de votre hiérarchie. « Il est important de ne pas exclure ce type de personnalité pour les postes à responsabilités. Les gens les plus réservés sont souvent à l’écoute des autres, bien organisés et réfléchissent avant d’agir, ce qui les rend efficaces pour diriger des équipes », relève Olivier Gélis, directeur général de Robert Half France.

Enfin, sachez qu'accepter une promotion procure de nombreux avantages, et ce même s'il n'y a pas d'augmentation de salaire à la clé.

6 - Le marché de l'emploi des cadres n'est pas fluide

Pour 3,5 millions de cadres, il y a 200.000 recrutements en moyenne répertoriés à l'Apec, soit 6% de la population cadres. Pourtant, le marché de l’emploi cadre est un marché très transparent, avec plus de 8 recrutements de cadres sur 10 donnant lieu à la diffusion d’une offre d’emploi. La banque-assurances ne fait pas exception.

Le marché « caché » (utilisation exclusive du réseau du recruteur, de la cooptation, des associations d’anciens élèves et/ou de la chasse) ne représente que 6% des opportunités d’emploi cadres dans le secteur. Dans 83% des cas une offre d’emploi est diffusée sur Internet (site de l’entreprise, et jobboards majoritairement). Reste le « marché accessible » à l’initiative du candidat (candidature spontanée, CVthèque, réseaux sociaux), qui représente 11% des opportunités.

Si une offre d’emploi a été diffusée dans 8 cas sur 10, seule la moitié des recrutements de cadres sont finalisés grâce à la diffusion d’une offre. Dans le secteur banque-assurances, la proportion n’atteint que 42% des recrutements. « Jusqu’à 80% des recrutements aujourd’hui se font par le réseau (marché gris) ou une démarche proactive », explique Marie-France Fourrier, issue du monde bancaire (notamment des salles de marchés) et fondatrice de Coérial Intelligence Collective.

7 - Le CDI n'est plus le seul contrat chez les cadres

Beaucoup de cadres revendiquent d'autres modes de travail : CDD, intérim, activité libérale, etc. De prime abord, nous pourrions être tentés de penser que les fonctions financières se prêtent peu à un statut autre que le traditionnel CDI. Et bien il n'en est rien : intrapreuneriat, temps partagé, management de transition, télétravail sont autant de nouvelles formes de travail qui se développent chez les financiers.

« Après une première expérience professionnelle dans de grands groupes en tant que salarié et au sein de PME, j’ai opté pour le travail a temps partagé sous statut indépendant », témoigne David Bibard, 40 ans contrôleur de gestion a temps partagé depuis 2010. « Ce nouveau mode d’organisation de travail m’a permis de mieux gagner ma vie et d’avoir du temps pour mieux gérer ma vie de famille, étant père de deux enfants ».

8 - En France, le chômage est la principale discrimination en recrutement

Selon La Tribune, 37% des chômeurs demandeurs d'emploi ont témoigné avoir été discriminés en situation d'embauche. Il est certain qu'il vaut mieux être en poste que chômeur longue durée pour décrocher un job. Cela dit, dans une recherche d'emploi, l’âge reste de loin le facteur le plus discriminant selon une enquête intitulée Quel avenir pour l’emploi des femmes de plus de 45 ans ? Et réalisée par l’association Force Femmes.

« Dans certains métiers comme la finance de marché, la banque d’affaires, les fusions acquisitions, on ne trouve d’ailleurs guère plus d’hommes que de femmes âgés de plus de 45 ans », nous explique à  ce sujet Valérie Boussard, professeur de Sociologie et responsable scientifique du programme de recherche « Carrières de la finance » au CNRS. Même les managers hommes ont la généralement petite cinquantaine, guère plus.

9 - Les cabinets de recrutement aiment présenter certains candidats surprenants 

D'après ManPowerGroup, 84% des DRH estiment que les cabinets de recrutement proposent des candidats variés sur le même poste. Qu'en est-il dans la finance ? La tentation du clonage est bien réelle. « Nous préférons recruter dans les écoles bien classées dont le cursus rassure nos clients », rappelle Isabelle Grevez, directrice carrières chez PwC.

Néanmoins, convaincus que les talents de demain sont issus de formations diverses et pas seulement des écoles de commerce et d’ingénieur, les cabinets de conseil et d’audit ainsi que les banques recrutent de plus en plus de collaborateurs issus d’ horizons différents, aux parcours et expertises très variés. C’est notamment le cas de PwC qui participe à l’Opération Phénix dont il est à l’origine de la création du programme et qui vient de célébrer sa 10ème année d’existence.

10 - Le premier enjeu des cabinets de recrutement, ce sont les candidats

A tort ou à raison, les candidats ont parfois l'impression d'être ignorés par les cabinets de recrutement. Parce que les candidats constituent leur premier enjeu, les cabinets adhérents au Syntec ont signé la Charte du recrutement responsable qui instaure un partenariat confiant et durable, et une relation équilibrée entre les parties prenantes (candidats, entreprises, cabinets), dans un contexte d’ouverture, de transparence et de traçabilité, dans la conscience et le respect des droits et obligations de chacune des parties.

Crédits photo : OrangeDukeProductions / gettyimages

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