Six situations dans lesquelles un CFA ne vous rendrait pas service

eFC logo

Un CFA ne peut qu'être une bonne chose pour votre carrière, n'est-ce pas ? Après tout, ce n'est pas une mince affaire : à peine 20% des candidats parviennent à décrocher les trois niveaux et 34% seulement ont réussi le premier niveau à la dernière session de décembre.

Si le CFA, toujours plus poulaire en France, est souvent un atout pour l'avancement de votre carrière, il existe des situations inverses où il peut vous causer du tort. Lesquelles ? Eh bien...

1) Si vous voulez vraiment travailler dans le trading

Le CFA est particulièrement adapté aux personnes qui visent une carrière dans les métiers de la gestion d'actifs ou dans la recherche actions, aux dires même du CFA Institute.

Les gérants et les analystes actions constituent notre première cible, admet Steve Wellard, porte-parole pour le Royaume-Uni. Nous constatons parallèlement un intérêt croissant pour nos cursus de la part des professionnels qui travaillent dans la gestion de très grandes fortunes.

Bien que Steve Wellard assure que le CFA peut être utile pour une personne qui se destine au trading ( la force du programme s'appuie sur son caractère généraliste ), l'aspirant trader qui se vante d'avoir réussi un examen du CFA a des chances de passer pour ignorant...

Un CFA est surtout justifié quand votre travail exige la réalisation de stratégies d'investissement au service de vos clients. Il est nettement moins utile pour les traders, confirme Jim Nairn, directeur chez Cornell Partnership.

2) Si vous voulez vraiment travailler dans le private equity

Même configuration que pour le trading, vous paraitriez à côté de la plaque en fanfaronnant sur votre succès au CFA si vous choisissez le private equity comme carrière.

Les meilleurs fonds de capital-investissement sont bien plus intéressés de savoir si vous avez été un top analyste chez Goldman Sachs que d'apprendre que vous avez ou non un CFA, relève David Howell, directeur du cabinet de recrutement spécialisé EM Financial. Un CFA ne fait aucune vraie différence.

3) Quand vous n'avez pas le temps de passer 15-20H par semaine à lire des ouvrages (potentiellement ennuyeux)

Le CFA institute estime que chacun des trois examens nécessite d'étudier entre 15 et 20 heures par semaine pendant 18 semaines. Les candidats passent en moyenne 300 heures à préparer chacun des examens.

Ceci représente un programme plutôt lourd, et ce d'autant plus que les ouvrages à réviser ne semblent pas particulièrement engageants.

Je trouve cela tellement rébarbatif que cela en devient nuisible pour mon cerveau ! Là, je suis supposé travailler mais je n'arrive pas à m'y mettre, témoigne un ancien trader senior qui étudie actuellement le niveau 1.

Avant de vous lancer, mieux vaut donc peser le pour et le contre. Un CFA peut apparaître quasi-obligatoire si vous visez un job dans la recherche actions ou dans la gestion d'actifs. Dans d'autres domaines, il apparaît seulement comme un atout. Pensez à une gestion efficace de votre temps. Avez-vous mieux à faire que d'étudier 15/20 heures par semaine ?

4) Quand vous êtes sans emploi et cherchez vainement à revenir dans la course

Un CFA prouve votre détermination à travailler dans l'industrie des marchés financiers. Cependant, si vous avez déjà une expérience dans le secteur, et que vous ne retenez pas l'attention des recruteurs, avez-vous vraiment besoin de jouer la surenchère pour montrer combien vous êtes motivé ?

Au lieu de passer tout ce temps à étudier (voir point 3), vous avez plutôt intérêt à occuper vos journées à faire du networking avec les cabinets de recrutement et les professionnels en poste dans votre secteur. Ces derniers sont plus à mêmes que le CFA (en particulier s'il s'agit du niveau 1) d'accroitre vos chances de décrocher un job.

De la même manière, un CFA ne vous aidera pas beaucoup si vous cherchez dans une activité totalement différente (surtout s'il est question de viser le front-office alors que votre expérience se limite au back/middle office). Certaines personnes passent le CFA dans l'espoir de pouvoir se réorienter. Clairement, c'est un pari risqué, qui paye rarement, explique Jim Nairn.

5) Si vous échouez plusieurs fois au niveau 1

66% des candidats ont échoué à l'examen du niveau 1 en décembre dernier. Vous pouvez passer l'examen autant de fois que vous le souhaitez, il n'y a pas de limite. Cela dit, selon Steve Wellard, la plupart des personnes abandonnent après la deuxième ou troisième tentative.

Si vous ne parvenez pas à décrocher le niveau 1 et que votre employeur ou employeur potentiel s'en rend compte, ça ne fait pas bonne impression. Mieux vaut ne pas essayer du tout.

6) Quand vous vous investissez pour le niveau 1 en ayant aucune intention de passer les niveaux 2 et 3

Depuis sa création, seules 117,831 personnes ont décroché le niveau 3, ce qui prend environ trois à quatre ans (et au moins 900 heures de travail).

En comparaison, 20.000 professionnels au moins réussissent le niveau 1 chaque année. Par conséquent, si vous souhaitez que le CFA fasse une vraie différence dans votre carrière, vous aurez besoin de devenir un véritable charterholder et décrocher les trois niveaux. Obtenir uniquement le 1er niveau peut être interprété comme un manque d'ambition.

Close