Crise politique belge : quel impact sur le marché de l'emploi ?

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Ces jours-ci, la Belgique vient de dépasser le record du monde de la plus longue crise politique, jusqu'ici détenu par l'Irak, avec 289 jours sans véritable gouvernement (Les Échos.fr). Et la situation n'est vraisemblablement pas prête de s'arranger, un dialogue de sourds s'étant instauré entre d'un côté les indépendantistes flamands, pour qui cette crise démontre que le pays peut se passer d'État central fort, et de l'autre des francophones qui n'entendent pas faire de concessions supplémentaires.

Il faudra patienter, résister, et on sortira des tranchées quand on verra du côté flamand une volonté de compromis, pas de soumission des francophones , a même jugé le socialiste bruxellois Philippe Moureaux (LaLibre.be).

Le principe de précaution prévaut chez les recruteurs

Concrètement, cette crise interminable n'est pas sans inquiéter les recruteurs en finance. L'année s'annonce bonne, mais cela va dépendre de l'évolution du contexte politique. En l'absence de gouvernement, nos clients restent prudents , rappelait récemment dans nos colonnes Karine Becker, managing partner au sein du cabinet Stanton Chase International.

Difficile en effet, dans un tel contexte, d'attirer les talents, surtout dans le secteur de la finance. Les marchés financiers commencent eux aussi à se méfier de la place belge. Les participations étrangères occupent une place de choix au sein des entreprises du BEL20, l'indice boursier belge. Des mouvements de capitaux, si la Belgique ne redresse pas la tête, ne sont pas à exclure , explique l'universitaire Stéphane Mortier (Paperblog).

Les gestionnaires de fortune et professionnels de l'asset management ont peut-être du mouron à se faire si la crise venait à perdurer. La fuite des talents vers des places plus attractives ne serait d'ailleurs pas à exclure. En attendant, des organismes de place tels que l'association Belgian Finance Club située au Palais de la bourse à Bruxelles et qui entendent redorer le blason de la place financière belge vont devoir redoubler d'efforts les prochains mois.

Des candidats sur le grill

Côté candidats, la crise politique fait planer une menace bien réelle. La réforme du marché du travail est à l'arrêt total. Plus longtemps cela dure, plus grand sera le problème. Le chômage temporaire dû à la crise menace de devenir du chômage à long terme , explique Marc De Vos, directeur du think-tank libéral Itinera (Références.be).

C'est encore plus vrai pour les profils juniors. Cette crise politique a des conséquences sur l'emploi de la jeune génération, explique Felix de Clerck, 27 ans, à l'initiative de rassemblements où la jeunesse belge exprime son ras-le-bol face à la crise politique (L'Express.fr). Fin 2010, Flandre et Wallonie confondues, le chômage des jeunes entre 15 et 24 ans était de 23,5 %. Et ces derniers en ont assez de devoir choisir entre la Flandre et la Wallonie pour trouver un meilleur travail .

Les partis au pouvoir devront donc s'entendre pour offrir aux citoyens les mêmes possibilités d'emploi dans chaque région de Belgique. Mais cela ne se fera pas, bien évidemment, si le gouvernement n'est pas uni à ce sujet. Il n'est même pas formé... En attendant, les banques ne peuvent se permettre d'attendre de savoir qui, des Flamands ou des Wallons, aura le dernier mot. Ainsi, le département des ressources humaines de BNP Paribas Fortis à Bruxelles stipule que les candidats aux postes commerciaux doivent être trilingues : anglais, français et néerlandais .

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