Banque privée : concurrence luxembourgeoise déloyale ?

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Toutes les places financières du monde examinent avec un intérêt certain la croissance du marché de la gestion de fortune. Le Grand-Duché de Luxembourg ambitionne de gérer 1 000 milliards d'euros de private banking en 2015 contre environ 300 milliards actuellement. Pour ce faire, les banques privées devront recruter, selon une étude de PriceWaterhouseCoopers, environ 1 700customer relationship managers. Des formations spécifiques seront mises en place pour atteindre cet objectif. Mais cela ne saura probablement suffire. L'appétit du Luxembourg pour la banque privée va-t-il siphonner le marché des compétences belges ? Les institutions luxembourgeoises pourraient en effet être amenées à attirer dans leurs filets les talents belges, qui profitent actuellement du boom du secteur à Bruxelles.

Dans ce bras de fer, quels sont les atouts des banques privées belges pour attirer et retenir les candidats ? C'est une bonne question à laquelle je ne vois pas vraiment de réponse , ironise Susanne Perschk, consultante Financial Services chez FaradayClark Luxembourg. Le Luxembourg ne manque pas d'arguments, en particulier financiers. La place est réputée pour ses salaires attractifs et surtout pour son régime fiscal, bien plus avantageux que celui de la Belgique.

Tous les candidats qui présentent un profil private banking vont-ils pour autant s'expatrier vers Luxembourg ? Pas si sûr. Gaétan Van Reusel, consultant chez FaradayClark Bruxelles, détecte une prédilection pour les profils de type audit ou risk management en Belgique, alors que le marché grand-ducal recherche surtout des commerciaux expérimentés qui apportent avec eux un portfolio de clientèles.

Enfin, les banques s'organisent en interne pour éviter l'exode. Notre organisation en business line court-circuite la concurrence entre lieux de travail, explique Jean-Pierre André, Human Ressources Manager chez Fortis.

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