Comment venir à bout des tests psychométriques des banques d’investissement

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Les tests numériques sont bien connus, mais dans les faits - suivant la banque d’investissement concernée – les candidats sont également testés sur leur aptitude au raisonnement logique, leur profil personnel et leur comportement dans un contexte professionnel.

Si tout cela vous impressionne, n’oubliez pas cependant que le terme de ‘test’ est en réalité impropre. « A part dans les tests numériques, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse » , indique Mark Parkinson, psychologue des affaires qui prépare ces tests pour diverses entreprises. « Ce sont plutôt des séries de questions, où la moindre ‘mauvaise’ réponse risque de mettre en lumière que vous n’êtes pas fait pour le job que vous visez ».

Les tests numériques

Les tests numériques sont intégrés au premier stade du processus de recrutement des banques d’investissement. Ces tests, disponibles en ligne, sont relativement faciles comparés à ceux auxquels les banques soumettent les candidats dans le cadre des ‘assessment centres’, nettement plus compliqués.

Quoi qu’il en soit, pour tout diplômé en finance ou en maths issu d’une université de prestige – qui soyons clair, constituent un vivier privilégié pour la plupart des banques – les tests numériques ne sont rien de plus qu’une promenade de santé. Vous serez évalué en arithmétique, avec des fractions, des décimales et des ratios à divers degrés de difficulté.

« Le test couvre suffisamment de domaines pour qu’aucune question ne soit exclue » précise Mark Parkinson, qui ajoute : « pas besoin d’être un génie des maths, mais si vous n’êtes pas à l’aise avec les chiffres ou que vous n’avez pas l’habitude des tests, cela peut vous poser problème ».

La plupart des candidats rencontrent souvent deux problèmes. D’abord, réussir à répondre à toutes les questions dans le temps imparti. Les tests proposent généralement 18 à 25 questions, auxquelles les candidats doivent répondre en 20 à 25 minutes – autant dire que c’est un vrai challenge. Ensuite, lire correctement les questions – les contraintes de temps aidant, une erreur est vite arrivée…

Témoin l’exemple d’un simple graphe à deux axes, où X représente les années 1, 2, 3 etc. et Y une valeur statistique. La question demande de déterminer la valeur Y durant la troisième année. Les candidats se jettent systématiquement sur le graphe, valident leur réponse et passent à la question suivante, en oubliant qu’Y représente une valeur cumulative. Par ailleurs, de nombreux tests posent des questions multiples sur un même groupe de données ; en conséquence, ne pas prendre le temps de bien comprendre ce qui vous est demandé dans une des questions peut avoir un impact direct sur votre score final.

Tout ceci n’est qu’un simple système de vérification destiné à opérer une première sélection dans l’énorme volume de candidatures adressé aux banques. Même si vos résultats sont satisfaisants, il vous faudra entrer dans le top 30-35% pour espérer aller plus loin – cela vaut donc la peine d’être absolument certain de votre aptitude avant de passer le vrai test.

Heureusement, les moyens de vous y préparer sont légion – proposés par les grands éditeurs de tests psychométriques, comme as Kenexa ou SHL, tandis que d’autres sites comme Grad Diary permettent aux étudiants de se mesurer entre eux. Autre facteur à prendre en compte : quelles banques utilisent quels tests ? Historiquement, Morgan Stanley, BofA Merrill Lynch et JP Morgan ont toujours utilisé Kenexa alors que Barclays a opté pour SHL. Les tests peuvent présenter des différences subtiles d’un éditeur à l’autre, il est donc de bon ton de se familiariser avec chacun d’entre eux.

Les tests de raisonnement logique

Les questions des tests de raisonnement logique sont nettement plus délicates.

Pour Cary Cooper, professeur de psychologie organisationnelle à la Manchester Business School, « les banques d’investissement cherchent d’abord à tester votre pensée abstraite et à déterminer si vous avez l’intelligence nécessaire pour le poste ».

Les tests de raisonnement verbal évaluent votre capacité à comprendre le contenu de documents écrits et à décider de la suite logique de ce contenu. Leur format est standard – on vous présente une affirmation comprenant une grande quantité d’informations, à vous ensuite de répondre à la question en choisissant parmi trois réponses standard.

A – Vrai

(Est-ce la suite logique de l’information ou des opinions exprimées dans le passage concerné ?)

B – Faux

(Est-ce logiquement faux, compte tenu des informations ou opinions exprimées dans le passage concerné ?)

C – Je ne sais pas

SHL cite en exemple l’énoncé qui suit :

« Nombreuses sont les entreprises qui voient un intérêt à employer des étudiants durant l’été. Leurs collaborateurs permanents souhaitent souvent prendre des vacances durant cette période et il n’est pas rare que les entreprises soient confrontées à un surcroît de travail à ce moment de l’année – pour lequel elles ont besoin d’effectifs supplémentaires. Les jobs d’été attirent aussi les étudiants qui peuvent y glaner une expérience professionnelle, qu’ils feront ensuite valoir s’ils souhaitent rejoindre la même entreprise après obtention de leur diplôme. Faire en sorte que les étudiants en apprennent le plus possible sur l’entreprise les motive à travailler régulièrement. Les entreprises rémunèrent les étudiants sur une base fixe, hors congés payés et bonus.  »

Affirmation 1 : « Il est possible que des collaborateurs permanents en vacances voient les tâches qui leur incombent traitées par des étudiants. »

Les tests de raisonnement abstrait évaluent votre capacité à identifier les règles ou les modèles présents dans les données et à proposer une solution logique.

« lls servent surtout à tester la vivacité d’esprit plutôt que l’intelligence », analyse Mark Parkinson. « Le candidat-type pour réussir en entreprise doit pouvoir appréhender un problème sous différents angles, émettre une hypothèse et vérifier si elle peut fonctionner. Si tel n’est pas le cas, l’oublier et proposer une alternative. Ces tests évaluent en fait le raisonnement stratégique par opposition au raisonnement tactique – sachant que les deux sont à la fois importants et recherchés par les employeurs ».

.Là aussi, un simple entraînement fera la différence. Les tests peuvent être relativement simples mais c’est effectivement assez intimidant pour qui n’y a jamais été confronté auparavant.

Les tests de personnalité et de jugement situationnel

Certaines banques se permettent aussi quelques tests de personnalité en ligne, dans le but de jauger leurs collaborateurs potentiels sur certains aspects de leur caractère. Avec peu de possibilités de tricher, ces questionnaires tendent surtout à mettre en lumière le manque de constance – en d’autres termes, si vous ne correspondez pas aux attentes, c’est la fin du parcours.

Selon Cary Cooper, « extraversion, neuroticisme, détermination, stabilité émotionnelle et conscience professionnelle sont les traits de caractère les plus recherchés ». En tout état de cause, « chaque structure devrait proposer son propre test sur-mesure pour dégager les profils recherchés. Les banques prennent aussi d’autres facteurs en considération, comme l’éthique par exemple. Quel intérêt en effet d’engager un collaborateur consciencieux mais dénué de toute éthique ? »

Tels sont les aspects les plus prisés par les banques, mais gardez-vous bien d’essayer de biaiser.

« Vous ne parviendrez de toutes façons pas à identifier les caractéristiques ciblées et vous risquez de fournir des réponses incohérentes entre elles – au bout du compte, si vous mentez, ce sera le signe que vous n’avez clairement pas la personnalité recherchée pour rejoindre la structure », conclut t-il.

Depuis quelque temps maintenant, les banques d’investissement, comme d’ailleurs les Big Four du conseil, utilisent aussi des questionnaires dédiés au jugement situationnel. En résumé, on vous remet un cas de figure comprenant une série d’actions aux conséquences diverses, et vous devez proposer celles qui vous paraissent les plus adaptées.

« Les questions sont inspirées par des entretiens avec des professionnels seniors, occupant actuellement une position similaire à celle que vous visez », explique Mark Parkinson. « Les réponses sont notées suivant une échelle mobile, avec une possibilité de points négatifs pour les mauvaises réponses. C’est alors un signe susceptible d’impacter votre niveau de performance une fois en poste ».

Et de citer un exemple concret : « à l’issue d’une longue journée de travail, vous adressez par erreur, au mauvais destinataire, un message avec une pièce jointe contenant des informations confidentielles.

Laquelle de ces propositions vous paraît la plus adaptée à la situation ?

A : Vous quittez le bureau et remettez les éventuels problèmes à votre retour le lendemain.

B : Vous décidez de corriger votre erreur, envoyez l’email au bon destinataire et laissez les choses en l’état.

C : Vous adressez immédiatement un deuxième message au ‘mauvais’ destinataire - ou mieux encore, vous le contactez par téléphone - pour lui expliquer votre erreur. Puis vous envoyez un nouveau message au ‘bon’ correspondant.

D : Vous allez trouver votre supérieur, lui exposez la situation et le laissez gérer les éventuels problèmes. »

Crédits photo :erhui1979 / gettyimages

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