Résultats trimestriels en Belgique : les GAGNANTS et les PERDANTS de la bancassurance

eFC logo

Hier, une avalanche de résultats trimestriels dans le secteur de la bancassurance est tombée sur la Belgique, une semaine après l'annonce des bons résultats de BNPP. Dexia, KBC, ING et Ageas ont fait état de leurs comptes pour le 3e trimestre. De quoi donner le tournis, pour ne pas dire le mal au cceur... Car pour certains, ça tangue encore beaucoup.

LES PERDANTS

DEXIA navigue toujours en eaux troubles

La banque franco-belge a enregistré un bénéfice net en baisse de près de 26% à 203 millions d'euros. C'est mieux toutefois que le consensus des analystes (Inquiry Financial) qui tablait sur 158 millions.

Dexia affirme que le recul est principalement attribuable à des charges exceptionnelles liées au plan de restructuration de la banque franco-belge, soit 93 millions d'euros.

Le groupe Dexia a annoncé, mi-septembre, la suppression de 665 postes, dont 385 en Belgique. Depuis le début de la crise, plus de 2.000 emplois au total ont disparu.

Parallèlement, ses revenus ont également reculé de 10% à 1,2 milliard d'euros, notamment en raison de la baisse de 17,9% du chiffre d'affaires des métiers de financements des collectivités locales à 235 millions d'euros. Une activité sur laquelle elle réduit la voilure au profit de la banque de détail, en accord avec la nouvelle stratégie du groupe réaffirmée le mois dernier.

Il s'agit de résultats médiocres, gonflés par des éléments exceptionnels, dont des plus-values de cession d'obligations et d'actions , a jugé Matthias De Wit, analyste chez Petercam à Bruxelles.

ING : c'est ce qui s'appelle un trimestre raté

On est encore loin d'un retour à la normal au sein du groupe néerlandais. En raison d'éléments exceptionnels, le bancassureur a publié pour le troisième trimestre un bénéfice net en baisse de 26% sur un an, à 371 millions d'euros, et en chute de 66% par rapport au deuxième trimestre. Les analystes, interrogés par Dow Jones Newswire, qui avaient tablé sur un bénéfice net en hausse de 91% à 953 millions d'euros, étaient donc loin du compte !

Contrainte par Bruxelles, ING doit séparer ses opérations de banque et d'assurance d'ici à la fin de l'année afin de vendre sa branche assurance. Elle envisage dans ce secteur deux introductions en Bourse aux Etats-Unis et en Europe.

ING a supprimé beaucoup d'emplois l'an passé (elle comptait 107.000 employés à travers le monde fin 2009 contre 124.000 un an plus tôt) mais à repris ses recrutements en 2010.

Il y a un mois, ING-Belgique avait déjà recruté 800 personnes et prévoyait alors 200 autres embauches d'ici à la fin de l'année. Aujourd'hui, son site affichait 174 offres d'emplois et de stages sur son site, tous secteurs confondus.

Les coûts liés au personnel sont en effet en progression : de 1,7 à 1,9 milliards sur l'ensemble du groupe en un an. En Belgique, ces dépenses sont passées de 288 à 340 millions d'euros. Dans le même temps, le résultat avant impôts d'ING Belgique, pour le retail banking, baisse de 20,5% sur une année, à 140 millions d'euros.

LES GAGNANTS

KBC bel et bien sorti de l'ornière

KBC a bouclé le troisième trimestre sur un bénéfice de 545 millions d'euros, soit 3,7 fois plus qu'il y a un an, et en légère hausse sur les 528 millions du deuxième trimestre.

Sur les neuf premiers mois de l'année, KBC a engrangé un bénéfice net de 1,1 milliard d'euros, à opposer à la lourde perte de 2,8 milliards d'euros essuyée sur la même période de 2009.

On notera que la contribution au bénéfice de la division Belgique est en recul. Elle se monte à 220 millions d'euros pour le 3Tr2010, soit 78 millions d'euros de moins qu'au 2Tr2010.

La contribution au bénéfice de la division Merchant Banking, en revanche se monte à 156 millions d'euros pour le 3Tr2010, en hausse de 35 millions par rapport au trimestre précédent. Les bons résultats de la salle des marchés sont les principaux artisans de ce succès , relève le communiqué.

De quoi permettre à KBC de boucler son plan de recrutement pour 2010 sereinement, soit six cents embauches dont une centaine restait à réaliser début octobre.

En dépit des apparences, AGEAS progresse (surtout en Asie !)

L'assureur belge (ex-Fortis) a vu son bénéfice net reculer de 5% sur un an à 190,6M d'euros au troisième trimestre. Les performances ont été largement affectées par des effets exceptionnels liés à la valorisation de certains actifs et des conditions météorologiques défavorables. Difficile du coup d'y voir clair.

Aussi Bart De Smet, CEO d'Ageas, préfère se concentrer sur le positif : le troisième trimestre a encore été marqué par des niveaux d'encaissement élevés, poursuivant les performances engrangées au premier semestre. Cette tendance positive nous permet de reconfirmer aujourd'hui nos prévisions pour l'année complète, c'est-à-dire des encaissements attendus supérieurs aux niveaux de 2009.

L'encaissement pour le troisième trimestre s'élève ainsi à 4,1 milliards d'euros et s'affiche en hausse de 17 % par rapport à l'année précédente. La part du marché belge est stable sur un an (autour de 1,5 milliard). Par contre, les encaissements en Asie passent de 926 millions d'euros à plus de 1,3 milliard d'euros. Bref, comme nous l'avons déjà fait remarquer, la Belgique n'est plus la star chez Ageas.

Close