Les quatre maladresses que les recruteurs suisses ne vous pardonneront pas

eFC logo
shame.jpg

Le marché de l’emploi en Finance suisse aura beaucoup à offrir en 2015. La reprise du recrutement est d’ailleurs palpable depuis le 4e trimestre 2014 avec une hausse de +22% sur un an des offres d’emploi dans le secteur suisse des services financiers et de +13% dans l’assurance, selon le dernier Swiss Job Index de Michael Page.

Mais encore faut-il montrer patte blanche auprès des recruteurs. En Suisse, comme ailleurs, les consultants en recrutement s’agacent des travers classiques des candidats négligeant la prose de leur CV (des fautes d’orthographe, l’inutile titre « CV » en en-tête, un titre de poste qui ne correspond en rien au poste auquel il ou elle postule, un CV qui prend la forme d’un roman ou à l’inverse d’un profil trop succinct version LinkedIn…). Et puis il y a les spécificités du marché suisse à respecter…  Alors pour éviter que votre candidature ne finisse directement à la corbeille et profiter au mieux de la reprise du marché suisse [efc_twitter text="mieux vaut avoir intégré les règles culturelles et les exigences des recruteurs suisses"]. Et pour eux, il y a des choses qui passent et d’autres qui ne passent pas.

1 – L’autosatisfaction : mauvaise approche dans un pays qui prône la valeur 'humilité'

L’exercice de rédaction d’un CV nécessite la mise en exergue d'expériences et de réussites professionnelles. Pour autant, rien ne sert d’en faire trop. « Un candidat qui se présente comme le ‘meilleur’ ou le candidat ‘idéal’ pour un poste a peu de chance de convaincre, explique Stefan Bächer, chasseur de têtes zurichois au sein du cabinet Guggenbühl, Bächer, Niederer & Partner. L’autosatisfaction est une mauvaise approche et décrédibilise en fait souvent le candidat ».

Anaïs Véron, responsable de la practice Banking & Financial Services chez Page Personnel à Genève confirme que culturellement les Suisses apprécient l’humilité. Ainsi « rédiger un CV à la 1ère personne et des verbes conjugués, à la manière anglo-saxonne, est une mauvaise idée car cela peut être perçu comme de l’arrogance ». Mieux vaut selon elle s’en tenir à des paragraphes concis organisés avec des bullet points. De même sur les compétences linguistiques, certains professionnels ont tendance à s’emballer... Une attitude dommageable si le CV envoyé en anglais comporte des fautes, par exemple, ou si en entretien le candidat ne tient pas ses promesses.

2 – [efc_twitter text="Des imprécisions ou des trous dans le CV – vraiment trop dangereux sur un marché de l’emploi étroit comme Genève"]

Les recruteurs et les employeurs prêtent non seulement attention à ce que contient un CV, mais aussi à ce qui est omis. « Les candidats me disent ‘dois-je vraiment mentionner cette expérience ? Je n’ai travaillé là que brièvement, et j’ai connu de nombreux changements dans ma carrière’ »,  commente Emanuel Kessler du cabinet  kessler.vogler à Zurich, qui pointe ici le risque de se jouer des dates. Les places financières de Zurich ou de Genève sont des places financières à taille humaine. Par conséquent, les inexactitudes sont plus facilement détectées que dans les grands centres financiers internationaux.

La chronologie doit être précise, insiste Céline Corletti, en charge de la practice Banking & Financial Services chez Michael Page à Genève. « Il faut mentionner les mois et pas seulement les années : toute imprécision ou période non renseignée dans un CV va forcément éveiller des soupçons. Si vous avez connu un enchainement de petits contrats, mieux vaut préciser qu’il s’agit de CDD plutôt que de laisser au recruteur le doute sur les circonstances des changements de postes », explique la consultante. Sur un CV, la transparence est d’or. Pour les changements dans une carrière, quand cela le nécessite, la recruteuse conseille d’expliquer au bas du paragraphe la raison du départ : reprise des études, relocalisation d’activité, licenciement économique, tour du monde…

3 – [efc_twitter text="Oui, les employeurs suisses aiment les CV personnalisés – toutes proportions gardées... "]

La Suisse dispose de lois anti-discrimination beaucoup moins contraignantes que dans beaucoup d’autres pays. Les recruteurs suisses apprécient de ne pas avoir à « traiter les candidats comme des robots mais bien des personnes », selon les mots de Katharina Wein, une chasseuse de têtes du cabinet Oliver James Associates à Zurich. L’âge, la situation matrimoniale et familiale, la nationalité, la photo sont des éléments classiques d’un CV suisse. Mais la présence de ces informations choquerait n’importe quel recruteur d’origine anglo-saxonne. Aussi Katharina Wein recommande de prendre plus de précautions pour des CV rédigés en anglais.

Cependant, certains candidats vont au-delà, en mentionnant leur appartenance religieuse voire politique. « L'engagement politique et les croyances religieuses n’ont pas leur place sur un CV », rappelle Emanuel Kessler à Zurich. La règle est simple : limitez-vous à la sphère professionnelle.

Ceci vaut également pour la photo, qui est très commune sur les CV suisses sans être pour autant obligatoire. « Mieux vaut ne pas mettre de photo du tout qu’une photo non professionnelle prise pendant vos loisirs et mal retouchée », conseille la consultante Anaïs Véron. Et ne soyez pas tenté(e) par cette nouvelle mode qui consiste à mettre une première page d’introduction au CV avec une photo grand format, avertit Stefan Bächer. « La photo doit être idéalement prise par un photographe professionnel et apparaître sur le coin supérieur de la première page de votre CV », rappelle le chasseur de têtes zurichois.

Un CV doit être personnalisé, mais il ne faut pas tomber dans l’excentricité, ni sur le fond ni sur la forme,spécialement dans le secteur financier. A l’inverse, il faut éviter à tout prix la standardisation du CV – outil de communication et de teasing censé vous aider précisément à sortir du lot. Céline Corletti chez Michael Page à Genève déconseille donc le recours au modèle de CV Europass et les copier-coller de vos descriptifs de postes ou de vos certificats de travail, délivrés par les employeurs suisses. « Nous attendons des candidats qu’ils soient capables justement d’avoir pris du recul sur leur emploi, leur carrière, et leurs performances ».

4 – Références : ne prenez pas de risques !

Le sujet fait débat en Suisse. Pour la chasseuse de têtes zurichoise Karin Signer du cabinet Signer Beratungen, les références n’ont pas leur place dans un CV. Céline Corletti de Michael Page à Genève est plus mesurée : « la présence de références sur un CV n’est pas choquant en soi, ce qui l’est ce sont les coordonnées des personnes ». La consultante conseille plutôt dans ce cas une note à la fin du CV indiquant que des références sont disponibles sur demande. Noter d’emblée les références sur son CV, c’est prendre le risque – surtout sur un marché de l’emploi étroit comme en Suisse – que la personne référente soit contactée par des employeurs sans votre accord préalable et sans que vous ayez eu le temps de la prévenir. Pire les personnes référentes peuvent griller vos chances de décrocher un entretien en ne donnant pas un feedback aussi positif que vous ne vous l’imaginiez. Ce qui n’est pas rare. Enfin, « proposer des références à la suite dun entretien constitue un bon levier de relance, ce serait dommage de vous en priver », rappelle Anaïs Véron.

A lire aussi…

Secteurs les plus recherchés

Loading...

Recherche emploi

Rechercher articles

Close