D'UN EX-ANALYSTE : À Londres, les banquiers d'investissement juniors ne touchent guère plus que le Smic

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Lorsque je suivais une formation d'analyste dans une banque d'investissement, l'un des sujets de conversation favori le soir à la cantine était de savoir si les analystes juniors qui travaillaient si dur n'étaient effectivement payés qu'au salaire minimum ?

Maintenant que je ne suis plus un analyste junior et que j'ai eu le temps de prendre du recul, je peux avancer sans trop me tromper que c'est à peu près le cas.

Relativiser les chiffres

En prenant un bonus compris entre 5 à 50% (ajusté aux nouvelles normes ), une durée hebdomadaire de travail de 65-130 heures (selon les équipes les mieux pourvues et les plus relax - corporate finance et ECM - à celles qui sont débordées de travail - analystes corporates, télécoms et zone EMEA), et en supposant qu'une nouvelle recrue travaille 52 semaines par an et touche un salaire de base de 41 K (ajusté à la hausse pour compenser les baisses de bonus attendues en 2009)... vous obtenez dans le pire des cas un salaire brut horaire de 6,37 , et dans le meilleur des cas de 18,20 .

Certes, en comparaison, le salaire minimum au Royaume-Uni est de 5,80 de l'heure pour les travailleurs âgés de 22 ans et plus (qui sont censés être les plus diplômés). À Londres, le salaire minimum (chiffre non officiel) est actuellement de 7,60 de l'heure afin de tenir compte du coût élevé de la vie dans la capitale. Près de la moitié (47%) des salariés ne travaillent à Londres qu'à temps partiel, et 15% des salariés à temps plein sont en dessous du salaire minimum en vigueur à Londres. Un employé londonien sur sept est payé moins de 6,65 par heure.

Mais cette analyse est simpliste. Elle ne prend pas en compte le fait que les banques offrent peu d'avantages sociaux (retraites, assurance maladie, etc.), notamment par rapport aux grandes entreprises ou à des sociétés de services financiers moins prestigieuses. Cependant, il convient de rajouter l'argent économisé sur les repas consommés à la cantine, les indemnités de repas le week-end, les frais de transport payés (le taxi pour rentrer à 1 h 00) et ainsi de suite.

McDonalds vs Goldman

La vraie question est évidemment de savoir s'il est judicieux de comparer les compétences et le niveau d'études d'un employé de chez McDonald's avec celui de quelqu'un dont le CV a été retenu par une grande banque d'investissement.

Je me souviens, par exemple, d'un reportage au JT national sur les femmes de ménage qui travaillaient chez Goldman Sachs et protestaient contre leurs faibles salaires. C'étaient ces mêmes femmes de ménage que j'observais aux aurores, assis à mon bureau et ayant passé toute la nuit sur une présentation de 80 pages. Et effectivement, elles faisaient semblant de travailler, en passant juste un coup de chiffon sur certains bureaux et en papotant très fort.

Pourquoi ceux qui sont les plus diplômés d'entre nous doivent-ils se soumettre à un tel régime, sachant qu'il existe des fonctions souvent beaucoup plus lucratives en salles de marché ? Malheureusement, c'est une vaste question, que j'aborderai lors d'une prochaine contribution.

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