De fausses bonnes nouvelles pour SG

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Il y a de quoi se laisser griser. SG, qui compte recruter 500 personnes sur dix-huit mois dans les activités de marchés, affiche un bénéfice net de 1,06 milliard d'euros au premier trimestre, loin de la perte de 278 millions enregistrée un an plus tôt. Un résultat au-dessus des attentes des analystes.

Une page douloureuse se tourne-t-elle enfin ? Pas si sûr, le tableau n'est pas aussi réjouissant qu'il n'en a l'air.

1) Des résultats trompeurs pour sa BFI

La bonne nouvelle ? À 2,1 milliards d'euros, les revenus du pôle s'inscrivent en nette hausse par rapport à la même période l'an passé, soit +78%.

Pourtant cette belle performance ne s'appuie pas sur les activités pérennes, dont les revenus sont en baisse de 24% sur un an. Elle s'explique en fait par une moindre dépréciation du portefeuille d'actifs à risque : celui-ci a coûté à la banque de la Défense 169 millions d'euros, contre 1,22 milliard un an plus tôt.

Les résultats du pôle banque privée, gestion d'actifs et services aux investisseurs sont également décevants : le produit net bancaire est en baisse de 12% sur un an. Seuls les réseaux, surtout en France (+7%), et le pôle financements spécialisés et assurances (+10%) ont fait mieux.

2) Les revenus FICC sérieusement rognés

Alors que de nombreuses banques ont été portées ce trimestre par les bons résultats de leurs activités de fixed income, currencies and commodities, SG semble au contraire avoir été plombée par ces dernières, du fait d'un environnement de marché mitigé en Europe , se justifie-t-elle.

Sur un an, les revenues des activités de taux, change et matières premières ont augmenté de 12% chez JP Morgan, 13% chez Goldman Sachs, 16% chez Bank of America Merrill Lynch et de 118% chez Morgan Stanley. Ils ont baissé de 25% chez Deutsche Bank, 34% chez Credit Suisse, 46% chez Citigroup et ... 51% pour SG, pas si loin du dernier de la classe BarCap (-67%).

Les activités actions de SG, son fer de lance, ne compensent pas suffisamment. Les résultats sont en hausse de 21% sur un an, tirés par des bonnes performances de la vente sur les produits de flux en Asie et aux Etats-Unis ainsi que la demande des distributeurs sur les produits structurés.

3) Des rémunérations à la traîne

Les frais de gestion de la BFI, unique donnée disponible pour mesurer l'évolution des rémunérations, sont en hausse de 20% sur un an, en comparaison avec +4% sur l'ensemble du groupe.

La banque n'oublie toutefois pas de préciser dans son communiqué que ces frais évoluent à un rythme sensiblement inférieur à la progression des revenus du pôle sur la même période (+78%).

3) Exposition massive au risque souverain grec

Quand un nuage s'en va, un autre vient porter de l'ombre à la banque. Au-delà de sa participation de 54% dans Geniki, la banque a fait état d'une exposition sur le risque souverain grec de 3 milliards d'euros fin avril, un chiffre bien plus élevé que ceux déjà communiqués par ses homologues françaises BNP Paribas ("tout à fait négligeable") et Crédit Agricole (850 millions).

4) Kerviel vient titiller là ou ça fait mal

Drôle de timing. Sortir son livre, L'Engrenage, mémoires d'un trader , le jour de la publication des résultats de son ex-employeur, c'est un peu cheeky , diraient les Anglais !

La guerre de communication dans laquelle s'est engagé Kerviel à un mois de son procès n'est pas de bon augure pour la SG, dont l'image continue pendant ce temps d'être écornée. L'histoire d'amour entre Kerviel superstar et les médias continuent donc, au détriment de la banque.

Cela dit, Kerviel, qui aurait un emploi de programmeur payé 24K euros/an, selon le New Zealand Herald, serait aussi celui qui a le plus à perdre : jusqu'à 5 ans de prison, 375.000 euros d'amende et théoriquement jusqu'à 5 milliards d'euros de dommages et intérêts.

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