OPINION : Ces pitoyables zombis qui ne comprennent pas le message

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À la City, ne pas décrocher de bonus du tout signifie une chose et une chose seulement : vous n'existez plus, vous avez cessé d'être, vous êtes un ex-banquier.

Un zéro pointé, c'est la manière la moins subtile que votre employeur ait trouvé pour vous dire que vous êtes de trop, et qu'il espère que vous serez suffisamment de bonne grâce pour vous disparaître, loin, sans laisser de trace.

Ils s'imaginent qu'à l'instar des autres banquiers vous exercez ce métier abrutissant dans l'unique but de récolter un bonus généreux et que le retrait de ce dit bonus vous retirera tout argument tangible pour continuer à supporter les corvées que vous impose invariablement votre job.

Un bonus nul est une forme opportuniste de licenciement. C'est également l'option la plus appréciée des banques car tout bêtement beaucoup moins chère que de vous virer.

Le problème est que certains abrutis ne captent pas le message.

Ces losers traînent au bureau comme des lépreux alors même qu'ils ont reçu l'équivalent d'une lettre de remerciement à la Cher Jean . Ils rodent en traînant des pieds comme des mort-vivants, sans visiblement remarquer les commentaires sarcastiques chuchotés derrière leurs dos et le silence de mort qui s'installe quand ils entrent dans les bars bruyants où leurs collègues prennent un verre.

Il y a comme une atmosphère morbide qui les entoure. Aussi personne ne veut s'approcher d'eux de peur d'attraper leur horrible maladie et de se voir attribuer zéro bonus l'année prochaine.

Non, désolé mais la seule chose à faire quand votre banque vous dit de vous en aller, c'est bien de partir.

Si la banque s'en sort en ne vous attribuant aucun bonus une année, et que vous restez, elle sait qu'elle peut se permettre de refaire la même chose l'année suivante. Cherchez et trouvez une entreprise qui n'a pas eu écho de votre humiliation rituelle, prenez votre courage à deux mains, et arrivez à l'entretien chauffé comme un pit bull sous crystal meth. Prétendez que vous souhaitez changer de job parce que votre employeur étouffe la créativité ou je ne sais quelle autre connerie du genre et priez pour qu'ils n'aient pas appris la vérité.

L'apparence est tout dans la City... donc si vous vous affichez comme un winner, vous pourriez bien commencer à le devenir.


Geraint Anderson est l'auteur de Cityboy : Mémoires explosives d'un trader. Vous pouvez visiter son site Internet ici.

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