« Je hais les dimanches » ou la complainte des banquiers d’investissement

eFC logo
Weekend-reading-material

À quoi ressemblent vos dimanches ? Vous faîtes la grasse matinée  jusqu’à 10 heures, puis vous vous préparez un petit-déjeuner hyper-protéiné avant de faire une balade au parc puis d’aller déjeuner tard au restaurant ? Vous en avez de la chance, ce n’est pas le cas du commun des mortels dans les services financiers…

En banque d’investissement, tout comme dans les fonds d’investissement, le dimanche, on travaille. Bien pire, c’est souvent le jour où l’on écluse les priorités qu’on n’a pas pu gérer pendant la semaine. Un employé d’une société d’investissement nous avoue : « J’essaie de me souvenir à quand remonte mon dernier dimanche libre… Je crois que c’était en novembre. Ces derniers temps, nous avons été débordés avec le lancement de nouveaux produits et j’ai passé le plus clair de mes weekends au bureau, même pendant la période de Noël. »

« Le dimanche est le jour où l’on rédige nos synthèses de recherches, enchaîne un ancien directeur général sur les marchés de taux dans une banque européenne. Lorsque j’étais analyste, j’avais tellement peu de temps pendant la semaine que je finalisais mes notes le soir et le weekend. En fait, les weekends constituaient les moments de calme parfaits pour se concentrer sur l’essentiel. »

En théorie, les traders sont soumis à un rythme moins intense que leurs collègues de la banque d’investissement. Le travail de ces derniers est axé sur les deals et peut donc nécessiter que le banquier travaille sans relâche jusqu’à la conclusion d’un contrat. Les traders, à l’inverse, ne sont censés être mobilisés qu’aux heures d’activité des marchés. En pratique pourtant, les traders concèdent travailler aussi le dimanche. Comme ce trader sur les taux qui déclare : « Si vous êtes trader, vous n’êtes pas au bureau et pourtant vous travaillez. Le dimanche, c’est le jour où vous prenez le temps de lire toutes les notes de recherche que vous avez reçues la semaine.  Dans une salle des marchés, vous êtes débordé en permanence et sans cesse interrompu, donc impossible de lire ». Même Lloyd Blankfein, CEO de Goldman Sachs, confirme passer ses weekends confortablement installé dans son canapé à lire les analyses de la semaine.

Et quand vous ne travaillez pas ?  Il y a le choix entre rattraper le sommeil en retard, payer les factures et trier les chaussettes… « Franchement, rien de passionnant, soupire ce collaborateur d’un fond d’investissement. On travaille tellement pendant la semaine qu’il nous est impossible de trouver une minute pour ces réjouissances administratives incontournables. Et malheureusement, difficile de tout déléguer… », conclut-il.

Close