☰ Menu eFinancialCareers

2008 avec ou sans bonus ? Aux Pays-Bas, on s’interroge

Pendant que l’État néerlandais investit des milliards pour soutenir les banques du pays, l’attention du public Outre-Moerdijk a été attirée par des montants, certes moins importants mais tout aussi significatifs : les bonus des dirigeants et des cadres de Fortis, ING et de l’ex-ABN Amro.

Y aura-t-il seulement des bonus à Noël pour ces derniers ? Au moment d’apporter le soutien financier de l’État (Trends.be), Wouter Bos, le ministre des Finances des Pays-Bas, a déclaré à Michel Tilmant que les troupes d’ING ne devaient pas s’attendre à un bonus cette année. Son argument ? Quand on négocie un plan de sauvetage de 10 milliards d’euros, on n’est pas en position de force pour recevoir un bonus. Au moment où les banques dépendent à ce point des caisses de l’État pour rester debout, elles doivent sérieusement réduire les dépenses. En effet, si une injection de capital est une question de vie ou de mort, le grand public comprend mal pourquoi il reste encore de l’argent pour payer de généreux bonus aux cadres des banques concernées.

Fortis est, elle aussi, dans l’obligation de se serrer la ceinture, ainsi que celles de ses salariés, mais compte bien également garder tout le monde sur le pont. Donc, pour éviter un exode de son personnel hautement qualifié, difficile de refuser de payer les bonus. Bref, tant pis si ça coûte cher, le capital humain et intellectuel de la banque le vaut bien ! C’est d’ailleurs pour cette raison que Fortis a choisi récemment d’accorder des bonus à quelques dizaines de collaborateurs qui avaient chapeauté l’intégration d’ABN Amro (7sur7.be). De quoi énerver sérieusement Wouter Bos qui compte bien mettre le holà à cette pratique. Fortis pourra puiser dans les caisses de l’État, mais aux conditions qu’il impose.

Aux Pays-Bas et dans les autres pays du Benelux, les bonus ne sont pas encore une composante incontournable de la structure de rémunération comme à New York et Londres. Sur ces places financières, beaucoup des banquiers qui ont encore la chance d’avoir un travail devront se passer d’une partie conséquente de leur rémunération variable. Des bonus seront bien versés, mais dans des proportions moindres que ces fastes dernières années. Certains, en revanche, arriveront à sortir leur épingle du jeu dans la mesure où leurs performances individuelles ont été bonnes, et cela même si leur banque connaît de sérieuses difficultés.

Les bonus sont-ils une façon de se garantir la conservation du capital humain et intellectuel, ou bien exercent-ils une pression inutile sur la trésorerie ? Et qui doit prendre la décision de les verser ou pas ? Le fait que les Pays-Bas n’aient pas de structure de bonus élargie est-il une malédiction ou une bénédiction ?

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici