Fonds de pension : l'arbre qui cache la forêt

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L'heure est à la remise en question pour les fonds de pension. L'industrie a vu ses fondamentaux sérieusement chahutés par la crise. Beaucoup de fonds ont accusé de lourdes pertes. Surtout la crise a servi de catalyseur pour le changement en faveur d'une rationalisation et d'une consolidation du secteur. Conséquence : on assiste à la fois à une réorganisation et une professionnalisation rapide des fonds.

Un bon nombre de sociétés, y compris les entreprises publiques ou parapubliques, qui avaient confié leur gestion de pension complémentaire aux grandes sociétés d'assurance suite au lancement du 2ème pillier, souhaitent reprendre la main. Aujourd'hui, la plupart veulent remettent les choses à plat et plutôt que de confier au directeur financier une telle responsabilité, comme ça été souvent le cas, on appelle à la rescousse des managers experts en risk management.

Des profils experts complexes à identifier

En fait, les profils recherchés sur ce marché sont complexes à identifier car ces postes requièrent à la fois une bonne maitrise de la gestion de portefeuille, des compétences actuarielles, financières (ALM), et de gestion du risque , précise Serge Goffin, consultant senior du cabinet de chasse Boyden, basé à Bruxelles et Luxembourg.

Parmi les missions que vient de réaliser ce cabinet, figure le placement d'Hugo Lasat, ancien CEO de Dexia Asset Management, chez Amonis, leader du marché de la pension des prestataires de soins (médecins, pharmaciens...), soit plus 24.500 professionnels. Une exception qui confirme la règle puisque la plupart des profils recherchés se trouvent dans l'assurance, plus rarement dans les sociétés de gestion ou les banques.

Bruxelles, nouveau centre de compétences

Parallèlement, Bruxelles, qui n'est pas un marché mature comme l'Angleterre, souhaite se développer dans ce secteur et nourrit même l'ambition de se positionner comme leader en Europe. A l'instar de ce qui a été fait pour les centres de coordination en Belgique, nous souhaitons attirer les fonds de pension et faire de la Belgique un centre de compétences en la matière, grâce notamment à une législation favorable au plan fiscal, social et juridique , explique Philip Neyt, président de l'Association belge des institutions de pension.

Le moment est surtout opportun pour la Belgique alors que la crise incite les grands groupes à rationaliser les coûts et regrouper leurs nombreux fonds, dispersés aux quatre coins de la planète, en un même lieu. Déjà 20 à 30 groupes étudient aujourd'hui avec des consultants l'opportunité de domicilier leurs fonds en Belgique, poursuit Philip Neyt. Il est clair qu'un tel mouvement créera de nombreux emplois directs (asset managers, les compagnies d'assurance...) mais aussi indirects (Big four, gestion comptable, HR, actuaires, compliance officers...) . Le défi est de taille, les montants en jeu colossaux. Le marché européen représente 3.300 milliards d'euros, le tiers du PIB de l'Europe, selon les données de l'association.

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