Luxembourg : une destination pour les financiers plus glamour qu’elle n’y paraît !

eFC logo
I love Work

« La finance luxembourgeoise est ennuyeuse ? Détrompez-vous ! » Tel était le thème d’accroche de Luxembourg for HEC, un événement organisé le 21 mars sur le campus d’HEC par les anciens élèves de la business school qui travaillent au Luxembourg et dont l’objectif est de promouvoir le Grand-Duché comme destination professionnelle, notamment auprès des profils financiers internationaux dont regorge l’école. Car malgré la mise en place, il y a quelques années, d’une formation en finance avec la Luxembourg School of Finance et l’Université du Luxembourg, le pays ne peut à lui seul satisfaire la demande élevée de spécialistes.

Certes, la crise financière a fait quelques dégâts sur la place locale : en 2012, le Luxembourg a perdu 124 établissements financiers. Mais le Grand-Duché, au coude à coude avec Paris dans le dernier classement des places financières réalisé par le Global Financial Centres Index (GFCI), a besoin d’attirer des profils financiers pointus. Grégory Renardy, directeur du cabinet luxembourgeois PageGroup, constate que malgré la crise certains postes restent vacants et que certains profils sont pénuriques.

Reste à savoir bien cibler la demande. « Nous n’avons pas beaucoup d’avocats spécialisés en droit commercial. Par contre, le Luxembourg ne manque pas d’avocats ou de juristes spécialisés en banque, en finance ou en compliance », indique Aurélie Biagini, en charge de la division Tax & Legal chez Michael Page. C’est précisément pour donner un éclairage sur les besoins à pourvoir que les responsables RH des banques luxembourgeoises (BGL BNP Paribas, Banque de Luxembourg, Crédit Agricole…) avaient fait spécialement le déplacement sur le campus d’HEC. En plus des stands de présentation destinés à attirer les talents internationaux et leur proposer stages, missions ou emplois, des professionnels animaient un workshop sur la finance, très instructif, qui présente le Luxembourg sous des aspects plus glamour.

Petit pays, grandes opportunités

On y apprend qu’au Luxembourg, le Private Banking se distingue non plus par le secret bancaire mais par la qualité des services et des produits proposés aux clients fortunés (HNWI et UHNWI) partout dans le monde. « Même la City de Londres n’offre pas une telle panoplie de services dans le wealth management », admet Etienne Hirsch, directeur du cabinet de conseil en management Kurt Salmon au Luxembourg, qui rappelle au passage l’importance du plan stratégique 2012-2015 visant à positionner le Luxembourg comme centre d’excellence dans la banque privée et la gestion de fortune, sachant qu’il est aujourd’hui le plus grand centre de gestion de fortune dans la zone euro, totalisant 250 milliards d’euros d’actifs, gérés par soixante banques privées.

Le Luxembourg est également le deuxième centre de fonds d’investissement au monde, derrière les États-Unis. Avec une particularité : la montée en puissance des fonds d’investissement spécialisé (FIS) auquel il offre un cadre législatif très attractif. « Outre les chevaux de courses, il existe aussi au Luxembourg un FIS sur les vins, Nobles Crus, sur les montres, les pierres précieuses... et même l’huile d’olive », explique Thanh Liêm Nguyen, spécialiste de la gestion de fortune à la tête d’Alpha Wealth Management, une structure de gestion d’actifs. On est bien loin de l’image parfois terne que certains se font de la profession !

Quant au secteur de l’assurance vie où travaillent près de 5300 personnes (soit 1% de la population), il est également en expansion à un rythme soutenu, combinant les avantages des contrats d’assurance vie et produits financiers innovants. Souvent jugé peu sexy par les professionnels de la finance, certains reconnaissent s’y épanouir. « Vu le nombre de sociétés fiduciaires, d’avocats fiscalistes et de clients haut de gamme, j’ai l’opportunité de faire ici à Luxembourg ce qu’il y a de plus palpitant dans le métier et que je ne ferais pas forcément ailleurs », nous confie Frédéric Sauvage, responsable commercial chez Bâloise Assurance, un acteur historique de l’assurance-vie au Luxembourg qui emploie 260 personnes sur place.

Un endroit où se poser

Faire la chasse aux idées reçues et stéréotypes n’est cependant pas chose aisée. « La presse française grand public se plaît trop souvent à présenter le Luxembourg de manière caricaturale, réduisant  le pays à un endroit où les dentistes belges viennent mettre à l’abri leur économies. La réalité est toute autre », indique Paul Dühr, Ambassadeur de Luxembourg en France lors de la conférence plénière. « Ici, les gens viennent pour trois ans… et vingt-cinq ans après, ils sont toujours là ! », enchaîne Nicolas Henckes, président du groupement HEC Alumni de Luxembourg qui compte aujourd’hui plus de 200 membres au Grand-Duché. « Je suis arrivé en 1994 et je ne suis plus reparti », témoigne Thanh Liêm Nguyen.

Preuve que l’on peut faire l’essentiel de sa carrière en finance au Luxembourg, le tout dans un contexte international très stimulant. « J’ai habité à New York, Genève, Hambourg, Dublin et Cologne, mais je n’ai jamais vécu dans une ville aussi internationale que Luxembourg. C’est aussi un endroit où l’on peut se poser, profiter d’un rythme de vie plus calme, être proche de la nature, se remettre au sport… On respire ! », s’exclame Pierre Wagner, fondateur de Wapiti, une société de consulting et de management de transition. Autant d’arguments que n’ont pas manqué de mettre en avant les recruteurs présents. « Les questions qui sont revenues le plus souvent concernaient justement la qualité de vie au Luxembourg », note Sabrina Jacquot, chargée de recrutement chez Crédit Agricole Luxembourg.

Close