OPINION : « Banquiers français, arrêtez de râler et reconcentrez vous sur votre travail ! »

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Odile Couvert

Les professionnels de la banque d’investissement et de la gestion - en poste -  sont de plus en plus nombreux ces derniers mois à nous solliciter pour des rendez-vous, avec l’objectif affiché d’organiser un « point carrière ». Très vite pendant l’entretien, ils arrivent eux-mêmes à ce pénible constat : il faut travailler plus durement pour un salaire fixe qui n’a pas augmenté depuis 3 à 4 ans, pour un bonus qui, lui, a diminué de 70 à 90%, et dans un environnement de travail particulièrement tendu du fait de la crise, d’un cadre réglementaire plus contraignant, sans mentionner le manque de lisibilité de la stratégie d’une majorité d’établissements financiers.

De fait, nous entendons très (trop) souvent le même discours : « on ne me propose aucune évolution de poste, je n’ai pas de plan de carrière en interne, mon package financier a diminué depuis 5 ans, je ne suis pas jugé à ma juste valeur… ».

Aujourd’hui j’aimerais lancer un message à tous les financiers français qui ont la fâcheuse habitude de se plaindre et d’être un peu nombrilistes. Pour qu’une vraie prise de conscience s’opère même dans ces moments.

Première mise au point, notre métier est le recrutement, et notre mission est de croiser la personnalité et le profil de candidats potentiels avec les besoins de nos clients. Or un candidat démobilisé et râleur réduit fortement ses chances de convaincre un éventuel employeur.

Ensuite, une réalité : oui c’est plus difficile, les conditions de travail sont plus tendues, les marges se réduisent, les P&L ont été divisés de moitié parfois, tout comme la rentabilité des activités et les perspectives sont parfois bouchés. Mais c’est dur pour TOUT LE MONDE ! De votre secrétaire à votre responsable en passant par les dirigeants de banque, tous vivent avec les mêmes contraintes et une pression accrue.

 Aussi estimez-vous heureux d’être toujours en poste alors que de très nombreux professionnels licenciés peinent, eux, à retrouver un emploi. C’est dans ces moments de tension qu’il faut précisément faire la différence. Comment ? Il faut se montrer, en premier lieu, actif dans sa fonction mais aussi auprès de ses pairs en multipliant les occasions de contacts en interne comme à l’extérieur de sa société, surtout ravaler ses critiques, accepter temporairement un abaissement de ses prétentions et de ses ambitions.

La crise provoque aussi de nouvelles opportunités, auxquelles il convient d’être attentif. On voit par exemple dans certaines institutions monter depuis quelques années une nouvelle génération de dirigeants et par ricochet des promotions de plus jeunes managers. Parallèlement, certaines activités traditionnellement logées dans des établissements bancaires migrent vers d’autres types d’investisseurs.

Il est encore temps de changer de comportement, de prendre sur soi, et de se montrer convaincant… avant qu’il ne soit trop tard. Car, quand il est question de licenciements, ceux que l’on sort en premier, ce sont les frondeurs, les râleurs et les plus démotivés. Après quoi il ne faudra pas crier à l’injustice. Vous ne pourrez pas dire qu’on ne vous aura pas prévenus. Alors, au travail !

Odile COUVERT est co-fondatrice et Managing Director du cabinet de chasse AMADEO Executive Search, depuis sa création en Février 2006 à Paris. Parmi ses spécialités figurent les services financiers, la banque d’investissement, l’asset management, la banque privée et le private equity.

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