Quel avenir pour les courtiers en assurances en Belgique ?

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Le Belgian Finance Club a organisé lundi soir une rencontre professionnelle autour de la situation et des perspectives du courtage en assurances en Belgique. La Fédération européenne des conseils et intermédiaires financiers (Fecif) recense quelque 9 000 courtiers en Belgique. « 2 000 à 3 000 d’entre eux ont vraiment un très bon niveau d’expertise », constate Robert Franssen, CEO d’Allianz Belgium. « Le courtage s’est beaucoup professionnalisé ces dernières années », confirme Réginald Van Ingelgem, fondateur de Van Ingelgem & Fils, une société de courtage en assurances basée à Bruxelles.

Contrairement aux courtiers internationaux (megabrokers) qui développent des compétences spécialisées en direction des grands groupes, les courtiers belges comptent surtout des PME parmi leurs clients. « La valeur ajoutée du courtier est aujourd’hui reconnue par les grandes compagnies d’assurances avec qui nous développons des outils en commun », poursuit Réginald Van Ingelgem.

La profession est cependant confrontée à de nombreux défis, notamment réglementaires. Si les courtiers ont plutôt bien traversé la crise, une différenciation assurance vie / non vie s’impose : « Solvency 2 va pousser à maintenir plus de capitaux pour certains produits d’assurance vie parmi les plus populaires », prévient Xavier Bekaert du cabinet conseil en stratégie Benthurst.

Le courtage n’est pas mort, loin s’en faut !

Néanmoins, « très peu d’acteurs disent que le courtage, c’est fini ! Les grandes compagnies d’assurances ont toutes confirmé leurs engagements dans le courtage », tient à rassurer Robert Franssen. Selon lui, les PME et artisans ont besoin de ce « risk manager » qu’est le courtier. Dans le retail, par contre, le courtier se retrouve en concurrence directe avec les agents des compagnies d’assurance.

Cependant, « la différence entre courtier et agent est aujourd’hui fort ténue », reconnaît Patrick Cauwert, CEO de la Fédération des courtiers en assurances et intermédiaires financiers de Belgique (Feprabel). Pour preuve, la nouvelle directive européenne s’appliquera à tous les canaux de distribution. « Elle va faire bouger les choses positivement en permettant une meilleure visibilité économique du courtier. Il faut s’y préparer sans la craindre », explique-t-il.

À en juger la pyramide des âges, le métier a encore de l’avenir. « Plus de la moitié des brokers ont plus de 50 ans, si bien que dans dix ans, le nombre de courtiers aura chuté de 50 % », explique Xavier Bekaert. Et si comparé à d’autres secteurs, celui de l’assurance ne se caractérise pas par son inventivité, là aussi les choses sont en train de changer avec des bureaux d’études de couverture des risques industriels qui recherchent des profils actuaires spécialisés dans le réchauffement climatique ou les nanotechnologies. Autant de champs d’action pour le courtier de demain…

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