OPINION : Quand un entretien tourne vinaigre ou comment passer du candidat parfait à un moins-que-rien en 20 minutes

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Une ancienne collègue m'a demandé de figurer comme personne référente sur son CV (comme cela se pratique souvent dans les pays anglo-saxons). Elle postulait à un poste en back-office lié à la planification financière, domaine dans lequel elle a environ 10 ans d'expérience, notamment à Londres, sans oublier des compétences en matière d'encadrement d'une équipe.

Au cours de sa recherche d'emploi, elle est tombée sur une annonce. Elle a décidé d'y postuler en dépit du fait que celle-ci était en ligne depuis un certain temps. Elle envoyé son CV et a eu un retour dans l'heure qui a suivi. Un entretien fut organisé à la hâte et elle s'y est rendue dès le lendemain matin, après s'être renseignée sur les salaires en vigueur pour le type de job en question.

Vous êtes parfaite

Lors de l'entretien, ses interlocuteurs lui ont avoué qu'elle correspondait parfaitement au poste et qu'ils étaient impressionnés par son expérience. Au bout de 20 minutes, ils lui ont demandé quand elle pourrait commencer et si elle pouvait leur donner une date car ils voulaient qu'elle débute dès que possible. À ce moment, elle a commencé à se sentir mal à l'aise face à un processus de recrutement aussi rapide.

Les recruteurs lui ont demandé quelles étaient ses exigences salariales et elle leur a répondu qu'elle avait fait des recherches à ce sujet. Elle leur a ensuite donné ce qu'elle pensait être un chiffre juste. Les visages des recruteurs se sont alors figés. Ils se sont ensuite mis à rigoler. Leur proposition de salaire était de plusieurs milliers d'euros de moins que ce qu'elle avait espéré. Elle leur a pourtant signalé qu'elle avait gagné un salaire similaire il y a plus de cinq ans.

Vous êtes nulle

L'entretien a pris alors un tournant imprévu. Au lieu lui expliquer calmement que le salaire qu'elle leur proposait était trop élevé pour eux, les recruteurs ont commencé à remettre en cause ses capacités, dont ils avaient fait les louanges quelques minutes plus tôt.

Ils lui ont dit qu'après tout, elle n'était pas si qualifiée, et qu'elle n'avait même sans doute pas bien compris le sens de ce qu'elle faisait dans ses précédentes fonctions, se contentant de travailler de façon routinière, sans faire marcher ses méninges.

Dix minutes après lui avoir expliqué qu'elle n'était pas assez compétente pour prétendre à un tel salaire, les recruteurs lui ont dit qu'ils voulaient vraiment qu'elle travaille pour eux, mais à un salaire bien moindre. Elle leur a poliment répondu d'aller voir ailleurs et a pris conscience que son employeur actuel n'était pas si mauvais après tout.

Recruteurs à la rescousse

En fait, je crois que dans son cas, passer via un recruteur, plutôt que de traiter directement avec l'employeur, aurait permis de faire gagner du temps à tout le monde. Le recruteur lui aurait alors probablement fourni une fourchette de salaires prévue par l'employeur pour le poste en question dès le premier appel téléphonique.

Dans toutes mes relations avec les recruteurs, s'il y a bien une règle à laquelle je n'ai jamais dérogée, c'est celle de donner mes prétentions salariales - Une démarche que j'ai trouvée beaucoup plus difficile à faire lorsque j'ai eu affaire à une entreprise en direct.

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