Zoom métier : conseiller indépendant en gestion de patrimoine en Belgique

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Le magazine de la gestion privée Gestion de Fortune a consacré le mois dernier un dossier d’actualité sur les conseillers indépendants ou « financial planners » en Belgique L’occasion de faire le point sur les besoins dans ce secteur qui emploie en Belgique 9 000 indépendants (soit deux fois et demi plus qu’en France, pourtant six fois plus peuplée) selon la Fédération européenne des conseils et intermédiaires financiers (Fecif).

L’activité de « financial planner » est aujourd’hui essentiellement exercé par des courtiers en assurance même s’il est difficile de connaître avec précision le nombre de ces derniers ayant une activité, même modeste, de conseil en gestion de patrimoine. Selon L’Echo, ils seraient 3 500, (soit 40 % des coutiers en assurance). A cela viennent s’ajouter les agents bancaires indépendants, au nombre de 2 000 d’après la Fédération des agents bancaires indépendants (FABIN).

Certains réseaux comme Centrea (600 agents, filiale du Crédit Agricole de Belgique), Record Bank (filiale d’ING) ou Belfius (ex-Dexia) sont en totalité composés d’indépendants. Chez BNP Paribas Fortis, c’est environ le tiers. D’autres banques comme KBC n’utilisent pas ce système. De nombreux agents d’ING ou de sa filiale Record, de BNP Paribas Fortis ou du Crédit Agricole sont également courtiers, ce qui signifie qu’ils peuvent vendre des produits d’assurance d’autres marques au nom de l’architecture ouverte.

Enfin, on dénombre en Belgique « une centaine de cabinets font de la gestion de patrimoine », explique Jean-Pierre Pirson, conseiller financier au cabinet Vellut Nameche à Bruxelles. Le marché a débuté dans les années 2000 et est dans une phase d’expansion. Toutefois, le nombre d’acteurs étant faible, ils pèsent peu dans la collecte globale (Agefi.fr).

Une profession sur la sellette

L’été dernier s’est achevée la consultation publique organisée par la FSMA en vue de l’adoption d’une loi relative au statut et au contrôle des conseillers indépendants en gestion de patrimoine (CIGP), terme qui remplacera désormais celui de financial planner pour une meilleur protection des épargnants et des investisseurs. « Il est à craindre qu’une fois voté, ce statut, inspiré de celui de CIF en France, n’intéresse pas grand monde », fait observer Georges Canto, Professeur à l'Université de Lyon et Administrateur au sein de la Banque Cantonale de Genève.

D’abord parce que les indépendants en activité, déjà enregistrés comme agents bancaires ou courtiers en assurance, n’y seront pas soumis. Ensuite et surtout parce que ses exigences sont dissuasives pour les « nouveaux entrants ». Le futur CIGP belge ne pourra en effet faire que du conseil (contrairement à un CGPI français qui peut aussi vendre des produits financiers) en évitant les produits complexes et sera rémunéré exclusivement en honoraires.

Comme leurs homologues français, les indépendants belges sont vent debout contre la MIF II tendant à supprimer les rétro-commissions, base quasi exclusive de leur chiffre d’affaires au profit de la perception d’honoraires de conseil. « Une grande partie des courtiers notamment, ne délivrant que peu ou pas de conseil, se demandent ce qu’ils vont bien pouvoir facturer et comment ils vont désormais gagner leur vie », conclut Georges Canto pour qui la réforme pourrait avoir des conséquences dévastatrices sur la profession. Le sujet est en tout cas plus que jamais d’actualité, en témoigne la prochaine conférence du Belgian Finance Club programmée le 3 décembre 2012 et qui s’intitulera « Quel avenir pour le courtage en assurances ? ».

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