INTERVIEW : « Les décisions de recrutement dans beaucoup de succursales et filiales belges doivent être avalisées par la société mère basée à l’étranger »

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Charles-Henri Rouvroy

Nous avons interviewé Charles-Henri Rouvroy, manager au sein de la division Financial Services chez Robert Walters Belgique afin de faire le point avec lui sur l’état actuel du recrutement en finance en Belgique.

eFC : Quelles sont les grandes tendances en matière de recrutement en finance ?

Charles-Henri Rouvroy :

Traditionnellement juillet et surtout août sont calmes alors que septembre sonne le rebond des activités. De rebond il y en a peu, la prudence est toujours de mise ! Et cela vaut aussi bien pour les employeurs (recherche du mouton à cinq pattes et donc procédures longues) que pour les candidats déjà en poste qui se montrent très méfiants à l’idée de changer d’emploi. Signe de crise, les décisions de recrutement dans beaucoup de succursales et filiales belges doivent être avalisées par la société mère basée à l’étranger. Peu d’institutions financières avancent de chiffres en matière de prévisions de recrutements pour l’année prochaine.

Quels sont les métiers qui recrutent ?

IT, risk management, compliance, audit, reporting financier, management de projets, banque privée et banque de détail sont autant de fonctions ou de lignes de métiers qui continuent à recruter dans le secteur bancaire. En finance d’entreprise, les candidats qui maîtrisent la comptabilité, les process d’optimisation, le management par la performance, le lean controlling ou le cash management restent activement recherchés. Enfin, dans le secteur de l’assurance, les spécialistes Solvency II et IFRS, auditeurs, actuaires ont plutôt la cote. Une partie de plus en pus grande des recrutements constituent à remplacer des départs en pension.

Et quels sont les profils les plus appréciés ? 

Dans le private banking, les recruteurs apprécient tout particulièrement les commerciaux « chasseurs » qui savent nouer des relations avec de nouveaux clients ou apportent un portefeuille bien garni. Les assurances s’intéressent aux candidats bancaires spécialisés en financement de projets et infrastructure (diversification de la gestion d’actifs). De même, les cabinets d’audit apprécient fortement les auditeurs ayant une expérience bancaire. Notons par ailleurs que, dans le secteur financier en Belgique, les employeurs sont très friands de profils trilingues ; peu de places pour des anglophones (sans la connaissance au moins du français ou du néerlandais).

Votre Salary Survey 2012 indique que les rémunérations sont plutôt stables…

En effet, mis à part les indexations de salaires, nous ne constatons pas de sensibles modifications. Il existe cependant une exception à la règle dans le secteur financier en ce qui concerne les risk managers qui voient leurs rémunérations augmenter, étant donné que ces fonctions stratégiques ne trouvent pas toujours preneurs en Belgique.

Dans le dernier classement Global Financial Centres Index, Bruxelles se maintient à la 47e place tandis que Paris (29e) perd 7 places et Luxembourg (24e) une place par rapport à 2011. Un commentaire de votre part ?

A mes yeux, le recul de la place financière de Paris n’est guère étonnant au regard de l’évolution de la fiscalité française. Le fait qu’un nombre croissant de clients français fortunés passent la frontière belge est plutôt une bonne nouvelle pour nous, même s’il est difficile de mesurer l’impact réel sur le recrutement en private banking. Comme en témoigne sa 47e place dans le classement, Bruxelles reste une petit place financière. Mais le fait qu’elle ne perde pas de places est plutôt positif.

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