Ces salariés qui réclament un plan social depuis un an

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Des salariés en attente d'une porte de sortie

C’est une situation ubuesque, mais aussi une bombe sociale. Le groupe Dexia, deux plans de sauvetage en trois ans à son actif, affiche une perte nette d’1,2 milliard au seul premier semestre 2012. Le démantèlement du groupe franco-belge a été annoncé il y a un. Pourtant, le déclenchement d’un plan de départs volontaires, inéluctable, est suspendu à l’accord de la Commission européenne, qui doit valider le plan de démantèlement ordonnée de Dexia et les garanties des Etats français, belge et Luxembourgeois à hauteur de 90 milliards.

Aucune visibilité

Oui, mais voilà les 1350 employés de Dexia Crédit Local (DCL), basés en France, tournent en rond, ne sachant pas vraiment à quelle sauce ils seront mangés. « Nous connaissons l’organigramme et les différentes entités mais impossible d’en savoir plus sur le calibrage de ces dernières, combien de personnes y seront employées », commente un syndicaliste de la SNB, qui estime cependant que 400 emplois sont menacés. Les activités les plus concernées étant le réseau commercial, la filiale Dexia CLF Banque, le back office production bancaire, la direction des études, et la communication.

De source syndicale, déjà 150 personnes auraient quitté l’établissement depuis l’annonce du démantèlement, sans attendre la mise en place d’un plan de départ volontaire qui tarde à venir. La direction évoque un effectif à ce jour d’un peu moins de 1300 personnes. « Beaucoup sont résignés sur leur sort et attendent le verdict final », relève ce matin La Tribune, qui évoque la situation des 150 commerciaux au chômage technique depuis que la banque ne peut plus distribuer de nouveaux prêts aux collectivités locales.

La médecine du travail tire la sonnette d’alarme

« C’est horrible, en plus de subir de cette douloureuse attente, ils sont la risée du monde. Dans les reportages, on ne cesse de les présenter comme des escrocs ou des manipulateurs, alors qu’ils n’ont fait que leur job ! », s’indigne de son côté Régis Dos Santos, président du syndicat SNB.

La médecine du travail a évoqué une explosion du nombre de personnes venant la voir depuis début septembre pour des états dépressifs. « Certains n’ont plus rien à faire, ils sont dans le brouillard, ne sachant pas qui sera touché dans l’entreprise et s’ils retrouveront une solution en interne. Du coup, ils gambergent, témoigne un syndicaliste. Or nous n’avons pas envie de connaître la situation de France Telecom. Nous avons rappelé aux dirigeants que leur responsabilité pénale est engagée dans ce type de dossier. Il faut laisser partir les gens qui le veulent »

Après un an d’attente, un plan social pour le mois prochain ?

La décision de la Commission européenne pourrait être rendue que fin janvier 2013. Face aux risques psychosociaux sérieux, le syndicat SNB, qui depuis six mois réclame un plan de départs volontaires ciblé vers les divisions dont l’activité a le plus chuté, pourrait finalement obtenir gain de cause prochainement. Certains croient savoir que le plan pourrait être lancé dès le mois prochain.

La direction ne souhaite pas commenter, rappelant qu’il s’agit d’un « sujet sensible ». « Nous comprenons l’inquiétude des salariés et notre mission est de préserver le maximum d’emplois », nous a indiqué un porte parole de Dexia Crédit Local.

Les conditions financières du futur plan social, jugées « très favorables » par des représentants du personnel, sont paradoxalement déjà connues des salariés. Ce sont les mêmes que celles qui avaient été appliquées lors du plan de sauvegarde de l’emploi 2009. Il y a trois ans, 250 postes avaient été alors supprimés et 400 dossiers de départs volontaires avaient été enregistrés.

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