Quelques enseignements globalement OPTIMISTES tirés de l'enquête bonus eFinancialCareers

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La théorie voudrait que les prochains bonus pour 2010 connaissent un fléchissement, pour les raisons que l'on a récemment exposées (résultats 2010 décevants et revenus en baisse, renforcement de l'exigence en capital des banques, hausse des fixes...).

Dans la pratique, c'est une autre histoire. C'est du moins ce que les 5,671 professionnels de la finance mondiale interrogés par nos soins sont tentés de croire, y compris les 537 répondants basés à Londres auxquels nous nous intéressons ici plus particulièrement.

En attendant le lancement imminent de l'enquête française, voici les attentes de vos confères basés à Londres donc, mais aussi à New York et sur les places asiatiques.

1) La plupart des professionnels de la finance aux Royaume-Uni s'attendent à un bonus 2010 plus élevé que celui de l'an passé

57% des professionnels de la City anticipent un bonus 2010 en hausse par rapport à 2009. Près d'un répondant sur cinq (17%) pense que son prochain bonus connaîtra une hausse de plus de 50%.

2) Aux Etats-Unis, on est étonnement plus mesuré

Seulement 50% des professionnels basés aux Etats-Unis s'attendent à un bonus 2010 plus élevé que celui de l'an passé. La prudence des américains peut surprendre compte tenu des règles relatives aux bonus bien plus lâches qu'en Europe et aussi aux conclusions de l'enquête publiée hier par le Wall Street Journal, pour qui l'enveloppe totale des rémunérations dans l'industrie financière américaine en 2010 devrait atteindre 144 milliards de dollars, un montant record, en hausse de 4% par rapport à 2009.

A Singapour et à Hong Kong, la confiance est plus que jamais de mise : respectivement 69% et 71% des financiers y anticipent une hausse de leur bonus.

3) Les spécialistes du M&A plus optimistes que leurs collègues du Fixed Income

En Grande-Bretagne, 50% des professionnels du FICC (fixed income, currencies and commodities) s'attendent à un bonus en hausse et 31% à un bonus équivalent à celui de l'an passé, et ce malgré le fait que 2009 a été une année exceptionnelle dans ce secteur.

Les professionnels du M&A et des marchés de capitaux sont, eux, 65% à penser que leur bonus au titre de l'année 2010 sera plus élevé que celui de l'an passé. 30% anticipent une hausse supérieure à 50%.

4) Même les seniors du front-office s'attendent à recevoir la majorité de leur bonus en cash (et les différés ne vont pas de soi)

La City fait fi des velléités de l'Europe d'instaurer les règles les plus strictes au monde en matière de bonus, parmi lesquelles le plafonnement de la partie cash à 20/30% du bonus. En effet, 54% des banquiers seniors en front-office (avec plus de 6 ans d'expérience et à l'exception du secteur des hedge funds) misent encore sur le paiement de plus de 50% de leur bonus en cash.

Parallèlement, les front-officers sont 37% à penser qu'aucune partie de leur prochain bonus ne sera différée malgré les recommandations de la FSA ou du CEBS (Comité européen des régulateurs bancaires) en faveur de versements différés allant de 3 à 5 ans.

5) The places to be (pour contourner les nouvelles restrictions sur les bonus)

- Les hedge funds: 83% des employés de ce secteur en Grande-Bretagne s'attendre à recevoir l'ensemble de leur bonus en cash et 71% sont persuadés qu'aucun penny de leur bonus ne sera différé.

- Les Etats-Unis et l'Asie: la grande majorité s'attend à un bonus disponible en cash (respectivement 78% et 79% pour Hong-Kong) et à aucun différé (respectivement 70% et 60%).

6) Lots de consolation (pour les pessimistes et ceux qui ont toujours l'impression d'être floué)

- les hausses spectaculaires des fixes ne sont pas la règle: seulement 25% des banquiers en front-office à la City ont obtenu une augmentation supérieure à 30% de leur fixe.

- La majorité de ces banquiers ne partent pas à la retraite à un (très) jeune âge: 44% d'entre eux anticipent une retraite avant 55 ans, 27% avant 50 ans. Désormais 52% de cet échantillon s'attend à partir plus tard que prévu en retraite en raison du durcissement des règles sur les bonus.

- Sur le long terme, les professionnels ne s'attendent pas à une baisse des rémunérations: 60% des professionnels du front-office à la City s'attendent à ce que leur rémunération dans trois ans soit supérieure à celle d'aujourd'hui. Malgré les exigences accrues en matière de capital et leur impact potentiel sur les rémunérations, seulement 6% de ces répondants anticipent une baisse de plus de 30% de leur rémunération.

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