Les équipes de Société Générale signent une année 2010 exemplaire

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En 2010, la banque rouge et noire s'est refait une santé, après une année 2009 (très) morose. Elle a achevé l'année sur un produit net bancaire de 26,42 milliards d'euros, en croissance de 20%. Le bénéfice net part du groupe a, lui, presque sextuplé à 3,92 milliards (communiqué).

Avant même l'annonce des résultats, la deuxième banque française avait les faveurs des analystes au détriment, une fois n'est pas coutume, de sa concurrente BNP Paribas (qui présente ses résultats demain) et face à laquelle elle gagne du terrain notamment grâce à un business en Russie qui reprend des couleurs (Bloomberg).

Frais de gestion en forte hausse

Tous les pôles d'activité voient leurs revenus progresser par rapport à 2009, à l'exception du pôle Banque privée, Gestion d'actifs et Services aux investisseurs (dont les revenus sont en retrait de 6,2% sur un an). Avec les Services Financiers Spécialisés et Assurances (+7,8%), la Banque de Financement et d'Investissement signe la plus belle progression (+7,5%).

Il faut dire que la BFI a eu les moyens de ses ambitions. Les frais de gestion y grimpent de 14% sur un an (contre une hausse maîtrisée de 4% à l'échelle du groupe), sous l'effet des nombreux recrutements réalisés l'an passé et des réorganisations sur les back-offices. Ainsi SG a insisté dans sa présentation sur le renforcement de ses équipes commerciales (seniors bankers, originiateurs, et sales sur les activités de marché) et son développement géographique ciblé (Etats-Unis, Asie, zones émergentes).

Cette forte augmentation des coûts est d'ailleurs bien plus marquée que les prévisions des analystes à l'égard des banques d'investissement européennes. Selon les estimations de Bernstein Research, celles-ci devraient voir leurs coûts croître d'un peu plus de 9% en moyenne en 2010, portés par une charge salariale anticipée en nette hausse, soit +12% (+9% pour les fixes, et +16% pour les bonus) contre seulement +5% environ pour les autres coûts.

Mais tous ces recrutements ont-ils vraiment payé ?

En 2010, l'amélioration des résultats s'explique surtout par une contribution positive des actifs gérés en extinction. Les revenus des activités pérennes de la BFI sont, eux, en baisse de 21% par rapport à 2009, plombés par les activités de marché (-32%) alors que les activités de financement de conseil enregistrent une progression de 9%. Pas de grande surprise toutefois. Ce scénario s'est déroulé peu ou prou de la même façon dans les autres banques.

En revanche, dans ce contexte difficile, les équipes de la SocGen semblent avoir mieux performé que leurs pairs sur le dernier trimestre. SGCIB fait mieux que les banques américaines* sur les métiers actions (+17% contre -9% pour ces dernières) et gère mieux la baisse générale des revenus sur les métiers FICC (-29% pour SocGen contre -35% en moyenne pour les banques américaines).

La BFI de la banque rouge et noire est également parvenue à tirer les revenus du pôle tout entier vers le haut entre le 3e et le 4e trimestre 2010 (de 1,9 à 2 milliards) alors que les analystes de Bernstein Research anticipent une baisse moyenne de 9% dans les établissements européens.

Confiants dans l'avenir

Ce n'est que le début, a affirmé Frédéric Oudéa, lors de la conférence de presse. Beaucoup des nouvelles recrues embauchées en 2010 ont rejoint nos équipes il y a quelques semaines seulement en raison de garden leaves de 6 mois.

Bref la banque, qui confirme être en mesure de dégager un bénéfice net de 6 milliards d'euros en 2012 contre 3,9 milliards à fin 2010, voit l'avenir en rose.

La situation sur les marchés entre janvier et maintenant est légèrement meilleure que ce que nous avons vu sur le dernier trimestre , a déclaré Séverin Cabannes, le directeur général délégué de la SocGen, dans un entretien à Reuters Insiders. De quoi booster le moral des troupes (et nourrir quelques attentes à l'égard des bonus).

Depuis le début de l'année, l'action gagne près de 26%.


*Citi, MS, BofA, JPM et GS

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