OPINION : « Le CFA… plus jamais ça ! »

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La salle d'examen du CFA…

La salle d'examen du CFA…

Vous vous souvenez de cette scène de I, Robot dans laquelle Will Smith poursuit « Sonny le robot tueur » au milieu de 1 000 autres robots parfaitement identiques ? Oui ? Alors vous pouvez vous figurer le centre Excel de Londres un jour d’examen du CFA.

Pour prolonger la métaphore, rappelez-vous combien ces 1 000 robots « normaux » n’étaient que de stupides automates, dotés d’un système d’exploitation basique et qui n’étaient bons qu’à répondre à des questions simples. Vous vous en souvenez ? Alors vous pouvez facilement imaginer ce que ça fait d’être un candidat CFA.

Au risque d’abuser de la comparaison, vous pouvez également remplacer Will Smith criant des ordres aux robots par les surveillants de l’examen, agressifs et stupides, vous menaçant d’exclusion du CFA Institute si vous osez faire quelque chose qui n’a pas été ordonné. Le tableau est ainsi complet !

Certes il s’agit d’un examen avec des règles à respecter, mais je ne suis ni un crétin, ni un enfant… Selon moi, passer le CFA dans son intégralité ressemble à la tragédie de « l’abrutissement cérébral » que les seniors en finance connaissent bien puisqu’ils l’infligent aux jeunes diplômés.

Laissez-moi vous expliquer l’expression « abrutissement cérébral » avant que les plus pédants d’entre vous ne m’accusent, dans leurs commentaires, d’écrire des oxymores. La certification CFA est difficile à obtenir. Je l’ai eue et j’ai même passé le niveau I avec une marge confortable, et pourtant sans tirer aucun plaisir intellectuel de cette expérience. Qu’est-ce que cela m’a apporté ? Six mois à tenter de mémoriser des absurdités inutiles, banales et moralisatrices comme jamais je n’ai eu à le faire dans ma vie… Toutes ces normes éthiques, définitions, labels… cela défie l’entendement !

La plupart des textes à apprendre par cœur pour réussir l’examen n’ont pratiquement aucune application concrète dans le monde réel. Si j’étais un jeune diplômé, je préférerais aller chercher des sandwichs et servir le thé pendant un an pour « apprendre le métier » plutôt que de devoir passer le niveau I du CFA. Néanmoins je ferais attention de ne pas me prendre de téléphone à la figure… Le pauvre « rat de laboratoire » assis à côté de moi en juin dernier a tremblé tout le temps de l’examen. Son patron avait dû menacer de le virer s’il n’obtenait pas le niveau I du premier coup (ce qui est très difficile…).

Suivre les cours du CFA revient à gaspiller son temps… Si vous voulez que votre employé soit un bon analyste, offrez-lui une formation adéquate. Si vous souhaitez que votre banquier privé connaisse parfaitement un certain type de produit, offrez-lui une formation adéquate. L’inscription à « la machine » CFA devient maintenant un passage obligé pour les débutants en finance. En fait, cela n’est qu’une bêtise sado-intellectuelle (sic) de plus que les institutions de la City ont mise en place pour mâter les novices. Il y a de grandes chances qu’un(e) diplômé(e) assez doué(e) pour décrocher un job soit capable d’obtenir la certification CFA. Alors pourquoi lui faire perdre trois années simplement pour vous conforter dans votre opinion ? Il/elle aurait sans doute mieux à faire…

Quant à moi… pourquoi l’avoir passé me direz-vous ? Eh bien, ne pariez jamais avec un « CFA charterholder » quand vous êtes saoul, vous risqueriez de le regretter au moment de reprendre vos esprits…

L’auteur travaille à la City et désormais, lorsqu’il est ivre, il ne fait plus de paris stupides sur ses capacités intellectuelles…

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