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LA résolution 2017 des professionnels de la finance : renverser l’esprit d’immobilisme français !

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A l’occasion de la 11e Convention des Professions Financières s’est tenue mardi soir à Sciences Po Paris une table-ronde intitulée Renversons l’Esprit d’immobilisme français ! animée par Stéphane Soumier, journaliste économique à BFM Business, avec pour invité d’honneur Henri de Castries, président de l’Institut Montaigne.

Les représentants des différents secteurs de la finance (banque, assurance, fintech…) ont indiqué quelles étaient les pistes pour sortir de l’immobilisme français devant un parterre de professionnels de la finance, de chercheurs, d’enseignants et d’étudiants.

« L’esprit d’immobilisme – car il s’agit bien d’un état d’esprit – consiste à s’attacher aveuglément aux choses anciennes. La France est connue pour sa difficulté à se réformer. Est-ce une fatalité ? » s’est interrogé en guise d’introduction François Drouin, membre du conseil d’administration du Centre des Professions Financières (CPF) et président d’ETI Finance.

Les fintechs, aiguillon du secteur bancaire 

« Il y a 3-4 ans, quand les fintechs voyaient les banques, ces dernières les regardaient d’assez haut. Aujourd’hui, il y a des coopérations, des partenariats, des acquisitions de start-ups faites par les banques », constate Hubert de Vauplane, avocat associé chez Kramer Levin Naftalis & Frankel. Et de préciser que les fintechs apportent tout un parcours digitalisé dans les banques où l’on trouve encore aujourd’hui du langage Cobol dans les systèmes informatiques et où l’essentiel des API sont développées en interne.

Cependant, Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la Fédération Bancaire Française (FBF), précise que le tableau est plus positif qu’il n’y paraît et réfute l’idée que la banque en serait encore au Moyen-Age ! « Le secteur bancaire a été identifié comme l’un des 6 grands atouts de croissance par l’OCDE pour sortir de l’immobilisme français ». Et d’ajouter : « Nous jouons un rôle de chef de file dans la filière de la fintech française en ayant des relations extrêmement suivies, constructives, parfois vigilantes, avec tout l’écosystème des fintechs (…) L’idée n’est pas d’être contre la fintech, mais tout contre ».

Vers une législation mieux adaptée

« La France est réputée pour l’instabilité de sa législation et de sa fiscalité », reconnaît Bernard Spitz, président de la Fédération Française de l’Assurance (FFA). Dans les 7 propositions qu’elle a envoyées aux candidats à l’Elysée, la place financière de Paris propose d’ailleurs un « choc fiscal d’attractivité » et une « adaptation du droit de travail » pour favoriser la création d’emplois et le développement des entreprises.

Qui plus est, il ne faudrait pas qu’une réglementation bancaire de plus en plus pesante interdise aux banques de faire leur métier. « Qu’on laisse les banques continuer à travailler, continuer à financer et continuer à innover », prévient Marie-Anne Barbat-Layani.

Ni autosatisfaction, ni autoflagellation

Autre résolution affichée : ne pas tomber dans le French bashing qui perdure depuis de nombreuses années. « On compare souvent la France aux pays anglo-saxons mais quand on fait la comparaison avec l’Espagne et l’Italie, je mesure l’étendue du désert, avec quelques fonds qui comptent dans ces pays, pas plus », fait ainsi remarquer Olivier Goy, président fondateur de Lendix, qui salue le triptyque dynamique des investissements des particuliers (grâce à la loi TEPA), des fonds institutionnels et de la BPI qui font que la France peut compter sur un vrai écosystème d’entrepreneurs n’ayant pas de difficultés majeures à lever de l’argent.

A cela vient s’ajouter une « vraie capacité d’innovation de la place financière de Paris », selon les termes de la directrice générale de la FBF, avec par exemple la création des Euro PP (Euro Private Placements) pour le marché de la dette ou bien encore du troisième marché au monde de financement court-terme pour les entreprises. Simplement, il reste un énorme travail d’éducation à faire auprès des entrepreneurs sur les nouveaux produits à leur disposition (émissions obligataires, plateformes de change, de prêts…).

Vers une mentalité entrepreneuriale…

En 1978, un rapport paraissait avec cette formule choc : la banque est la sidérurgie de demain. Quarante ans plus tard, force est de constater que ce n’est pas le cas. « La finance française a continué de recruter et est aujourd’hui un des hauts lieux de l’emploi français », rappelle en guise de conclusion Michel Pébereau, président du Centre des Professions Financières.

Et de rappeler que dans des professions considérées comme conservatrices, la France a réussi à transformer ses financiers en entrepreneurs, le dynamisme des fintechs françaises étant une démonstration de cette réalité. Dès lors, si l’on y ajoute la puissance de son industrie de gestion, de banque et d’assurance, la place financière parisienne est capable de « redevenir la capitale financière européenne qu’elle était jadis ». Chiche ?

Voir la conférence dans son intégralité :


Crédits photo : BsWei  / gettyimages

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