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L’INVITÉ : Nous avons moins besoin de managers faiseurs de résultats

Pourquoi est-ce que les banques ont été si mal gérées ? L’explication est simple : ceux qui sont promus à des postes de management le sont généralement parce qu’ils ont été de fantastiques contributeurs aux résultats plutôt que de grands gestionnaires. Or, dans le secteur bancaire, être un grand contributeur et un grand manager sont deux choses difficilement conciliables.

Sur les marchés, être un grand contributeur ne requiert pas beaucoup de compétences de management, après tout. Si vous êtes un trader lambda, vous cotez les prix et gérez les positions dans votre book. Vous pouvez encadrer quelques juniors pour faire des analyses mais d’une façon générale, sans dévaloriser une fonction qui peut être très qualifiée et techniquement complexe, votre périmètre de responsabilités est limité. Vos performances sont mesurées dans le P&L, et votre progression relève davantage de votre expertise technique que d’une large panoplie de compétences en management.

Rien à voir avec quelqu’un d’un niveau comparable dans une société de logiciels. Il peut travailler sur un ensemble de logiciels bien spécifiques. Pour ce faire, il aura besoin de compétences en management de projet et en management de personnes pour faire face à de nombreuses situations de travail avec les programmeurs et les marketers, sans oublier la distribution et le juridique. Ses compétences en gestion seront bien plus larges et recyclables.

Comment doivent donc réagir les banques à cet état de fait ? La conclusion qui s’impose serait de nommer des managers et non pas des contributeurs aux postes d’encadrement. Cependant, c’est plus compliqué qu’il n’y paraît. Les managers n’ont pas une bonne compréhension des marchés financiers, des clients et des risques, celle-ci ne s’acquérant qu’au prix de longs moments passés en salle de marché. C’est pourquoi, ils ne sont généralement pas crédibles ni respectés par ceux qui sont sous leurs ordres.

D’autant plus que les banquiers ne sont pas les personnes les plus faciles à gérer. Si vous gagnez un salaire à six chiffres, voire à sept chiffres, et pouvez facilement être embauché ailleurs, alors votre devoir d’obéissance vis-à-vis de votre patron, ou de quiconque d’ailleurs, devient minime.

Il existe cependant une manière de gérer ces hauts revenus. Traditionnellement, cela passe par le contrôle des bonus versés. Cela restera le cas à l’avenir, mais avec une différence : comme les systèmes de bonus seront basés sur la rentabilité à long terme, les managers ne pourront plus se contenter de maximiser le P&L sur une seule année. Les banques devraient donc commencer à payer pour les compétences en management, non plus pour la seule capacité d’impacter immédiatement le P&L.

commentaires (5)

Comments
  1. Un excellent article: que tout cela est vrai et pourtant, je l’avoue, je n’y avais jamais pensé…

  2. Et pourtant tout cela est du pur bon que la recherche de résultat à fait oublier.

  3. Bonne analyse et vrai problème

  4. Je trouve que ce qui a été mentionné dans cet article est vrai. Bonne analyse.

  5. Je ne suis pas totalement d’avis dans la mesure où on peut être aussi bien manager après avoir été bon faiseur de chiffre.

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