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L’ABBL déplore la chute des revenus des banques luxembourgeoises

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Lors de leur assemblée générale, les représentants des membres de l’Association des banques et banquiers, Luxembourg (ABBL) ont réélu Ernst Wilhelm Contzen, CEO de la Deutsche Bank Luxembourg, en tant que Président, et Carlo Thill, Président du comité de direction de BGL BNP Paribas, en tant que Vice-président. Surtout, ils ont pointé la chute des profits des banques, estimée à 25 % sur l’année 2011. Rien qu’au Luxembourg, les banques ont dû renoncer à environ 1,3 milliard d’euros sur les obligations d’État grecques. Bien que le Luxembourg ait relativement bien surmonté la série de crises qui l’affectent depuis 2008, le total du bilan, le produit bancaire et le résultat net n’atteignent que des niveaux similaires à 2005, alors que les coûts ne cessent d’augmenter.

En outre, l’industrie bancaire doit faire face à une nouvelle vague de lois et règlements qui exigeront des investissements considérables en systèmes informatiques et en personnel sans pour autant engendrer de gains tangibles en termes de productivité ou de rentabilité. Un grand nombre de règlements adoptés ou proposés oublient de tenir compte des spécificités de certains modèles économiques, activités ou produits. De coûteuses réglementations menacent d’entraver gravement la capacité des banques à financer l’économie réelle.

Au Luxembourg, le secteur financier, et en particulier le secteur bancaire, constitue le principal bailleur de fonds de l’État providence depuis plusieurs décennies. Cela fait trois ans que l’État luxembourgeois, qui compte sur le secteur financier pour un tiers de ses revenus, enregistre un déficit d’un milliard d’euros. Étant donné la stagnation des activités du secteur bancaire et les nombreuses incertitudes qui règnent sur le centre financier eu égard son évolution future, ce gouffre d’un milliard dans le budget de l’État ne sera pas comblé de si tôt. « Le gouvernement ne peut plus compter sur le secteur bancaire comme une vache à lait permettant au Luxembourg de vivre au-dessus de ses moyens », a déclaré Ernst Wilhelm Contzen.

Prendre les mesures nécessaires

Le Président de l’ABBL a souligné que le secteur financier doit s’engager à prendre toutes les mesures nécessaires pour veiller à ce que la place financière puisse avoir un avenir. L’industrie de gestion de patrimoine doit mettre en place une stratégie de l’argent blanc sur base de laquelle elle peut attirer une clientèle fortunée, des entrepreneurs et des clients institutionnels qui bénéficieront des instruments financiers et des structures offertes pour gérer leurs biens et leurs entreprises. Chez BGL BNP Paribas, « nous avons mis en place une activité banque privée où il subsiste une confidentialité des données privées mais où le secret fiscal n’existe plus. Nous avons réorganisé les équipes en fonction des zones géographiques. Les résidents français sont par exemple pris en charge par une équipe dédiée à la France et qui se charge également des reporting fiscaux », note Carlo Thill dont la banque a été reconnue « Bank of the Year 2011 » au Luxembourg par le magazine international The Banker et « Best Private Bank in Luxembourg » par Euromoney.

Le Luxembourg doit rester un centre de compétence pour les crédits internationaux et les financements structurés. Son industrie des fonds d’investissement présente tous les atouts pour accroître ses parts de marchés et pour enregistrer de nouvelles entrées de capitaux. Spécialisée en produits et services transfrontaliers, le secteur des assurances est bien préparé à faire face aux défis de la réglementation et du marché. Enfin, la directive Alternative investment fund managers (AIFM) est elle aussi perçue comme une chance à saisir. L’industrie des fonds luxembourgeoise est la deuxième du monde et elle profite aussi aux banques. Elles comptent donc bien capitaliser dessus. La stratégie de headquartering, matérialisée par l’arrivée d’institutions financières internationales comme la banque chinoise ICBC, est jugée encourageante. De même que le développement d’une finance durable, avec la microfinance, les fonds d’investissement socialement responsables, l’impact finance, la philanthropie, le label environnemental ou encore la finance islamique (Paperjam.lu).

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