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Si vous avez des problèmes d’orthographe, lisez cet article !

Suite à des commentaires de recruteurs et quelques piques lancées récemment sur la qualité orthographique des posts de certains-ceci faisant écho à ma modeste expérience de modérateur sur ce site-, l’écriture chez les financiers m’est apparue comme un sujet méritant une attention particulière.

À moins d’avoir échappé à l’enclume orthographique française en fuyant le pays, il faut vous rendre à l’accablante évidence : la France entretient de longue date une relation quasi obsessionnelle avec sa langue. L’existence, unique en son genre, d’une académie chargée de veiller au bon grain en est la meilleure preuve. Avoir une mauvaise orthographe est vécu comme une humiliation quand on est Français , confiait récemment Bernard Fripiat, coach en orthographe, au Figaro.

L’art du camouflage

Oublier que le français est une langue avec des règles de grammaire et de conjugaison peut vous coûter cher, apparemment jusqu’à votre carrière. Des professionnels, qui pratiquent l’art du camouflage pendant des années, se retrouvent un beau jour démasqués:le client refuse par exemple de payer une prestation car le dossier est truffé de fautes d’orthographe. Les conséquences peuvent être catastrophiques comme la perte de son emploi, témoigne Anne-Marie Gaignard, coach orthographique.

Cet auteur d’une méthode de remédiations orthographiques travaille notamment pour des cabinets d’avocats, des assurances, des mutuelles, ou encore des cabinets d’experts-comptables en fournissant des formations réparatrices d’une journée seulement.

Les employeurs et les recruteurs ont commencé récemment à s’emparer de ce problème. La création en début d’année de la certification Voltaire, un équivalent du Toeic pour le français, atteste l’existence d’un nouveau marché dans le monde de la formation.

Épargnez-moi ces fautes que je ne saurais voir

La problématique a surtout émergé depuis 10-15 ans, il y a clairement un effet générationnel, explique Pascal Hostachy, cofondateur de Woonoz la société à l’origine de cette certification. Parmi ses clients, figurent des filiales de Société Générale, Capgemini, Delta Assurances, Eurisk ou encore de nombreuses écoles de commerce et d’ingénieurs. Mais d’autres, comme un très important cabinet d’audit, préfèrent rester discrets et ne pas apparaître sur leur site.

Au-delà des classiques fautes de participes passés, accordés au petit bonheur la chance, les confusions sur les homophones (quand/quant ; différend/différent…) seraient de plus en plus courantes. Et de nouvelles fautes continuent d’apparaître comme l’accord des infinitifs:”je vais les voirs”, cite incrédule Pascal Hostachy.

Les lacunes orthographiques seraient-elles une maladie honteuse ? On a encore du mal à lancer de vastes programmes de remise à niveau car le sujet est encore assez tabou au sein des RH notamment. On intervient encore seulement de manière chirurgicale auprès de managers clés ou sur la base du volontariat via le DIF (droit individuel à la formation), poursuit Pascal Hostachy.

Valoriser son niveau d’orthographe sur son CV à l’image de son anglais

Une fois la certification Voltaire en poche, les candidats peuvent valoriser leur bonne maîtrise de l’orthographe en affichant un bon score sur leur CV. Ce qui répondrait à une demande nouvelle des entreprises, de plus en plus vigilantes à ce sujet dans leur recrutement.

Dans la recherche de dirigeants ou de responsables d’activités/ lignes métiers, nos clients bancaires et institutionnels sont de plus en plus attentifs à la maîtrise du verbe et de l’écriture des candidats sélectionnés. Ceux-ci ne sont-ils pas en effet les ambassadeurs de l’entreprise et appréciés tant sur le fond de leurs écrits/discours que sur la forme ? La production d’études, rapports ou écrits fait dorénavant partie du process de recrutement, à telle enseigne que se sont développés sur le sujet des tests sur le marché, confie Denis Marcadet, président du cabinet de search executive Vendôme Associés.

Vous connaissez la chanson : négliger son français sur son CV ou une lettre de motivation et l’opportunité vous passe sous le nez. Rappelons à cette occasion aux accros du correcteur orthographique que cet outil n’est pas la solution à tous vos soucis d’expression.

Les fautes sur une candidature sont extrêmement mal vues mais heureusement rares. Il est impératif de se faire relire avant d’envoyer son CV. L’expression orale est tout aussi importante. Aussi nous évitons de présenter au client un candidat dont le discours n’est ni structuré ni fluide, relève Kenza Alami, directrice de recherche au sein du cabinet Singer & Hamilton.

commentaires (8)

Comments
  1. “Ceux-ci ne sont ils pas”…
    Paye ta faute

  2. @D’Ormesson : à part le tiret (que j’ai ajouté dans le texte) et un éventuel “ceux-là” au lieu de “ceux-ci” (et encore c’est discutable), je ne vois pas… ?!
    Cela dit, je suis loin d’être infaillible en la matière. Je remercie d’ailleurs au passage ceux et celles qui repèrent (occasionnellement) les fautes et nous le font savoir !
    Nous aimerions beaucoup avoir une armée de correcteur/correctrices mais malheureusement on doit faire sans ! La crise n’affecte pas seulement les financiers…

    Julia Lemarchand, reponsable éditoriale Répondre
     
  3. Le tiret susmentionné a moins attiré mon oeil que les “pics lancés ” en préambule qui me paraitraient plus appropriés sous l’orthographe ” piques lancées”.
    A moins de trouver dans les fautes commises quelques sommets qui m’auraient échappé….

  4. Pas trouvé de faute.

    Juste une phrase qui me turlupine : “négliger son français sur son CV ou une lettre de motivation et l’opportunité vous passe sous le nez”, que j’aurais plutôt écrite : “négligez votre français sur votre CV ou une lettre de motivation et l’opportunité vous passe sous le nez”.

  5. @GEANTVERT : Bravo, elle avait échappé complètement à notre radar celle-là! La modification a été faite dans le texte. Merci.

  6. Bonjour !

    Permettez-moi, en toute humilité, de vous signaler que, dans la langue “élégante”, il faut éviter d’employer la locution “suite à” comme formule d’introduction ; on lui préférera, et selon le contexte, les locutions :
    – en réponse à
    – pour donner suite à
    – à la suite de
    – pour faire suite à
    – en référence à

    Cordialement,

    France-Relecture
    Alain Liban
    Relecteur-correcteur indépendant

  7. certification Voltaire , que fais le CRAN, le MRAP et SOS Racisme?!?!

  8. Un mail reçu avec des fautes : poubelle, sans même lire jusqu’à la fin. Si le fond veut être convaincant la forme doit être irréprochable.

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