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Enquête Bonus 2010 : les financiers français ne s’en laissent pas conter

Au vu des résultats de notre enquête Bonus France, publiée aujourd’hui, on pourrait croire que les professionnels français de la finance n’ont pas prêté beaucoup attention aux réflexions du Committee of European Banking Supervisors (CEBS) sur les restrictions sur les bonus, dont les conclusions seront remises le 8 décembre (pour une application dès janvier 2011 !).

Malgré la tendance au durcissement des règles en la matière, la quasi-majorité (48%) des 627 professionnels de la finance travaillant en France, interrogés par eFinancialCareers*, s’attendent en effet à recevoir un bonus 2010 supérieur au bonus attribué au titre de l’année 2009 (année pourtant exceptionnelle sur les marchés, contrairement à 2010 !). Ce chiffre est toutefois plus élevé aux Etats-Unis (50%) et au Royaume-Uni (57%).

En France, 14% envisagent une hausse de leur bonus de plus de 50% par rapport à l’an passé. Seuls 12% redoutent une baisse.

Conscients des nouvelles contraintes, les front-officers de la BFI sont aussi paradoxalement plus optimistes

Concentrons-nous maintenant sur l’échantillon des professionnels du front-office d’une BFI en France: 59% s’attendent à un bonus en hausse par rapport à l’an passé.

Plus étonnant : 43% de ce public pense qu’aucune partie de leur bonus ne sera différée. Ils sont cependant plus nombreux à penser que ce sera le cas contraire:28% se préparent à ce que le paiement différé concerne entre 26% et 50% de leur bonus, et 20% d’entre eux entre 51 et 75% de leur bonus.

En parallèle, pour plus d’un tiers des professionnels du front-office de la BFI (36%), leur employeur applique une politique de paiements conditionnels (malus).

La hausse des salaires fixes n’est pas un mythe dans la BFI

Il a été difficile cette année de jauger la répercussion de la hausse des fixes appliquée dans les banques d’investissement anglo-saxonnes par les établissements français. Cette étude montre qu’il n’y a rien eu de systématique, mais que la vague s’est bel et bien propagée à la France.

Au-delà des bonus, au cours des 12 derniers mois, plus de la moitié (56%) de l’ensemble des professionnels de la finance ont vu leur salaire fixe évoluer. C’est le cas pour 69% des professionnels du front-office de la BFI, dont plus d’un tiers ont bénéficié d’une hausse comprise entre 11% et 30%.

Et la majorité (55%) d’entre eux est convaincue que l’augmentation de leur salaire n’aura aucun impact sur le montant de mon bonus. In fine, quasi les trois-quarts sont confiants sur le fait que leur rémunération totale sera supérieure à celle de l’année passée.

Confiants en l’avenir, mais pas dupes

Ces banquiers sont d’ailleurs très confiants en l’avenir. À la question Comment voyez-vous évoluer l’ensemble des rémunérations dans le secteur de la banque d’investissement d’ici 3 ans ?, seuls 10% craignent une baisse, 20% tablent sur un statu quo, 32% pour une augmentation moyenne jusqu’à 25%.

Quelle que soit leur réponse, ces professionnels sont persuadés qu’une politique de restriction de la part des banques elles-mêmes sera le principal facteur qui influencera le plus à la baisse les rémunérations du secteur (40% des réponses), plus encore que de mauvaises conditions de marchés (23%) ou les nouvelles réglementations de l’Union Européenne (30%).

Si la situation s’aggrave à cet égard les financiers français ne resteront pas les bras croisés. En cas de durcissement en Europe des règles liées au versement des bonus, 56% se disent prêt à faire leurs cliques et leurs claques. New York, Genève et Hong-Kong sont, sans surprise, leurs terres d’asile favorites.


*L’enquête eFinancialCareers.fr a été menée en ligne entre le 3 et le 12 novembre 2010 auprès de 627 professionnels de la finance travaillant en France. Le profil des répondants ? La grande majorité (63%) ont entre 3 et 10 ans d’expérience, travaillent dans une BFI ou une société de gestion d’actifs (58% au total), en front-office (65%) et dans un établissement français (80%) de plus de 1.000 employés (61%).

commentaires (1)

Comments
  1. Ah. 56 % se disent prêts à partir si l’on osait moins récompenser leur immense talent. Wha Ha Ha.
    Attention, il y a un delta conséquent :
    1) Entre ce qu’on dit et ce qu’on décide de faire… (là je parle de Hong Kong. N’y va pas qui veut)
    2) Entre ce qu’on décide de faire, et ce qu’on a le talent de faire
    3) Entre ce qu’on fait maintenant et ce qu’on fait après 10 ans d’expatriation.

    Je serais à Bercy, je n’aurais aucune crainte à commencer une sévère fessée fiscale et réglementaire. Chaque gouvernement occidental n’attend qu’une seule chose : que le gouvernement voisin commence la curée (totalement méritée) sur les rémunérations des ânes qui ont plongé la planète dans le purin, pour s’ajuster à lui. Ensuite, il sera facile aux gouvernements des grands pays de manier le bâton.

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