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Les 7 péchés capitaux du mail

Lagrana Fernando

Le mail est devenu le mode de communication le plus utilisé dans les entreprises amenant les utilisateurs à avoir recours à des pratiques parfois peu éthiques voir improductives. Déclinaison ci-dessous de ces nouveaux comportements, ils sont sept à l’instar des péchés capitaux !

Péché n° 1 : la douce exubérance (ou la multiplication des mails superflus)

C’est le travers typique des utilisateurs qui surchargent inutilement les boîtes mails. À titre d’exemple, l’employé zélé qui transmet ses courriels à plus de destinataires que nécessaire ou utilise la Réponse à tous et le Merci ! sans discernement.
Ce sont aussi des collègues adeptes du clique et fonce qui, à peine ont-ils envoyé leur mail, qu’ils font irruption dans le bureau du destinataire ou l’appellent pour avoir une réponse immédiate.

Péché n° 2 : l’identité mêlée (ou la fin des frontières entre public et privé)

Elle concerne la séparation vie professionnelle/vie privée qui auparavant était plus marquée. L’avènement du courrier électronique et des mobiles a fait disparaître les frontières entre ces deux mondes.
Le collaborateur reçoit les photos de sa famille sur son mail professionnel comme il peut consulter ses mails professionnels depuis son domicile ou en accompagnant son enfant à une activité extrascolaire.

Péché n° 3 : la froide indifférence (ou la déshumanisation du management)

L’indifférence est une nouvelle forme d’abus de pouvoir électronique , quand un manager montre de manière ostentatoire et publique, par le biais des messageries électroniques, qu’il détient seul le pouvoir de décider et d’imposer. Ces attitudes, qui s’étaient estompées depuis les années 70 et 80, reviennent avec les TIC.

Mais ce sont aussi des attitudes d’exclusion volontaire, comme l’omission abusive, quand un collaborateur est sciemment exclu d’une liste de distribution et ainsi privé d’information, ou le silence, lorsque les mails de certains émetteurs sont délibérément ignorés.

Péché n° 4 : la colère enflammée (ou l’insulte en ligne)

Elle concerne souvent les débats en ligne ou des oppositions qui se font par mails interposés. Ces mails souvent secs dénués d’émotion peuvent aller très loin et prendre à parti d’autres collaborateurs ou managers en copie des messages échangés, rendant le débat public. Un tel comportement est rendu possible par le sentiment de sécurité, voire d’impunité, ressenti par les rédacteurs des courriels : auraient-ils de tels mots si leur interlocuteur était présent ?

Péché n° 5 : la vérité perdue (ou l’art de manipuler le courriel)

Dans un courrier électronique, comme dans la plupart des documents électroniques, aussi bien l’enveloppe du message que son contenu peuvent être manipulés ou altérés, souvent pour nuire. Un tel comportement est totalement contraire à l’éthique et à l’esprit des créateurs du mail.

Péché n° 6 : l’ambiguïté coupable (ou comment gagner du temps)

Certains utilisateurs se servent du mail pour rédiger volontairement des messages ambigus ou en prétendant ne pas comprendre le sens d’un message, pourtant clair aux yeux de son rédacteur. On appelle ce premier comportement, l’ambiguïté, le second la confusion, des méthodes souvent utilisées par celles et ceux qui ont tendance à toujours remettre à demain.

Péché n° 7 : la porte des secrets (ou l’indiscrète observation)

Avec les mails se pose le problème de la supervision des messages par l’entreprise et le respect de la sphère individuelle, considéré comme un droit moral pour certains. Ici on touche le cceur de l’éthique. Ne pas tenir compte de ce droit individuel est-il justifié par le bien de la communauté que constitue l’entreprise ?

Fernando Lagrana est professeur auxiliaire de management à la Webster University de Genève, responsable des partenariats à l’Union internationale des télécommunications à Genève et étudiant en DBA à Grenoble École de Management où il a réalisé une thèse sur ce sujet.

commentaires (3)

Comments
  1. En quoi sont-ce des pêchés? Ce monsieur découvre dans ces études ce qu’il aurait mis qq jours seulement à découvrir en bossant en entreprise. Oui, le mail sert à bcp de choses, oui comme les autres moyens de communication il sert à la vie perso, à la manipulation, à gagner ou perdre du temps, et alors?
    Bientôt on aura des formations “bien utiliser ses mails”, et pourquoi pas “optimiser ses pauses toilettes”, “rendre les pauses café efficaces”, “bien se servir des crayons”, etc.

  2. Effectivement, comme l’écrit Albin, sans aller jusqu’à redécouvrir la roue au travers des usages et travers de la mail attitude, il semble que le “How to” cher aux américains est déclinable à loisir..

  3. Ha, ha, cool ! Quand je vois la réaction d’Albin, j’ai l’impression qu’il me prends pour un vieux rat de bibliothèque boutonneux qui n’est jamais sorti de son université ! Elle est bonne ! Cela étant, merci pour les commentaires…

    En ce qui concerne le fond de la remarque, en effet, je considère ces comportements comme les péchés capitaux du mail. Quand un collègue inonde la moitié de la boîte de mails douteux et inutiles. Quand un collègue fonce dans votre bureau deux minutes après avoir envoyé un mail pour exiger une réponse. Quand une entreprise annonce un vendredi un changement d’affectation pour le lundi à un de ses employés. Quand un superviseur incendie publiquement un collègue via une série de mails acerbes. Quand un autre évite systématiquement d’informer et de copier quelqu’un pris en grippe. Quand une entreprise emploie les services d’hancher pour créer un botnet et transformer des millions d’ordinateurs en machines à spammer… Oui, pour moi c’est péché !

    Même si ce sont des comportements qu’on retrouve tous les jours.

    Amitiés,

    Fernando

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