☰ Menu eFinancialCareers

De la prison pour l’ex-trader algo de la SocGen, pour l’exemple

C’était le secret industriel de Société Générale. Je l’ai volé et je n’aurais pas dû . La repentance de Samarth Agrawal, 27 ans, ancien trader employé par la banque française entre 2007 et 2009 à New York, n’aura pas suffit à lui éviter la prison.

Cet analyste quantitatif d’origine indienne, promu trader haute fréquence au sein de la SocGen, a été condamné à 3 ans de prison à New York pour le vol d’un code informatique clé. Un agissement des plus grossiers puisque le trader a été pris la main dans le sac par une caméra au bureau alors qu’il faisait des photocopies de centaines de pages de codes de trading d’un système appelé DQS, (“distributed quotation system”) avant de les mettre dans son sac à dos.

Pire, le jeune homme a reconnu avoir partagé ces précieux secrets de la maison rouge et noir avec Tower Capital Research, un hedge fund new-yorkais qui l’avait embauché quelque mois plus tard. Il avait été arrêté en avril dernier, le jour même où il était censé commencer son nouveau travail.

L’ancien employé de la banque française était un voleur qui espérait se faire une petite fortune en volant et recopiant un code informatique sophistiqué qui, pour ses anciens employeurs, représentait de l’or en barre , a tranché le procureur fédéral de New York, Preet Bharara.

Le chant des sirènes

Samarth Agrawal espérait certainement rajouter quelques zéros à sa paye, en passant de la centaine de milliers au(x) million(s) rapidement. Les bonus dans le trading algorithmique ne connaissent pas de limite. La rumeur dit qu’à Londres le plus gros bonus aurait été versé cette année à un spécialiste du trading algorithmique, 117 millions d’euros, selon les propos d’un banquier rapportés ce matin par Les Echos.

Un argument que sait d’ailleurs très bien mettre en valeur le secteur des hedge funds, qui échappent aux restrictions imposées au secteur bancaire européen et bientôt américain en matière de bonus.

La rémunération est extrêmement généreuse. En plus d’un salaire fixe très compétitif, elle comprend cinq semaines de conges payés, des bonus garantis et des bonus liés à la réussite de projets , vante le site Internet de Tower Capital Research, qui propose une petite dizaine de postes quantitatifs (trader, analyste, développeur).

L’argumentaire va même plus loin. L’ambiance de travail décontractée, le cadre cosy et vert en plein Manhattan, photos à l’appui, constituent un atout de taille auprès des employés de grandes banques.

Le big data et ses dérives

Les opérations de séduction menées de part et d’autre de l’industrie financière pour séduire ces profils d’ingénieurs peuvent faire occasionnellement perdre les pédales et le sens des réalités à certains, à l’instar de Samarth Agrawal ou encore de Serge Aleynikov, programmeur de l’équipe de trading haute fréquence de Goldman, accusé dans une affaire similaire de vol de codes algorithmiques.

La tendance croissante au “big data”, c’est-à-dire à la gestion et au traitement de très larges bases de données, pourrait ainsi faire émerger d’autres cas, même si tous ne sont pas présentés devant la justice et exposés aux médias.

La levée de boucliers de la part des régulateurs vis-à-vis du trading haute fréquence, qui représente environ 35% de l’activité totale du trading en Europe et pourrait atteindre 60%, comme aux Etats-Unis, d’ici à 2012, ne devrait pas changer véritablement la donne.

Notion de propriété intellectuelle

En revanche, les institutions financières, elles, se protègent de plus en plus contre les fraudeurs, en introduisant par exemple une notion de propriété intellectuelle dans les contrats de travail.

Concernant le jugement de Samarth Agrawal, la Société Générale s’est dite satisfaite . Nous avons amené cette affaire importante devant les autorités criminelles parce que la Société Générale est déterminée à protéger sa précieuse propriété intellectuelle , est-il écrit dans un communiqué.

commentaires (2)

Comments
  1. Comme quoi on peut etre trader et pas tres malin pour photocopier des doc confidentiels devant une caméra à son bureau. Pas tres sioux de sa part.

  2. Bon enfin c’etait un developeur pas vraiment un tradeur quantitatif. Le DQS c’es un systeme d’arbitrage et de distribution des prix pas vraiment du Hedge Fund plutot du bon grop profit Prop trading bancaire. Genre ce serait bien que l’AMF surveille le “market making” free lunch des broker et banques d’investissements offrant un “fair pricing”.

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici