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INTERVIEW : Les recrutements sont limités au Luxembourg, mais la demande pour les meilleurs talents, elle, ne faiblit pas

Bernhard Dedenbach est fondateur et associé du cabinet de recrutement BD Associates – Partners to Leaders.

eFinancialCareers : Quels sont les facteurs qui ont motivé la création de votre cabinet BD Associates – Partners to Leaders?

Bernhard Dedenbach : C’est avant tout la réalisation d’un projet personnel dont j’ai rêvé longtemps. Je viens d’une famille d’entrepreneurs et après plus de dix ans à la tête d’un grand cabinet international et représentant une société cotée en bourse, j’étais prêt à relever à mon tour le défi de l’indépendance. Fin 2009, à l’issue de la crise de subprime , j’ai décidé que ce jour était enfin arrivé.

Grâce à cette indépendance nous avons la liberté de proposer à nos clients des solutions réellement sur mesure et la possibilité de construire avec une perspective à long terme, plutôt qu’une maximisation du profit à court terme qui est imposée par le fait d’être coté en bourse.

Le marché du recrutement de dirigeants et de profils seniors dans le contexte financier actuel est-il un pari payant?

Comme toute création d’entreprise, le lancement de BD Associates – Partners to Leaders est forcément un pari, mais nous avons capitalisé sur un historique assez solide. Dès notre début en mai 2010, nous avons constaté que les clients restaient fidèles au consultant plutôt qu’à la marque. Notre métier est intuitae personae , donc une affaire de personnes qui ont établi une relation de confiance.

D’un point de vue purement économique, il est en effet difficile de dire si ce pari est payant dans le contexte financier actuel, mais le court terme n’a jamais été notre première préoccupation. Par ailleurs, certaines fonctions-clés ne peuvent rester inoccupées, même en période de crise. Aussi le recrutement de dirigeants ne s’arrête pas complètement.

Quels sont les types de postes que vous pouvez être amené à traiter au sein de l’industrie financière?

Nous concentrons nos efforts sur les conseils d’administration, les fonctions de direction et les postes de spécialistes de haut niveau. Cela comprend les fonctions classiques de la C Suite (CEO, COO, CFO) ainsi que les responsables de métiers et de fonctions (directeur Private Banking, directeur juridique, responsable ressources humaines…), notamment dans les domaines de la Banque Privée, l’Asset Management et l’Administration de Fonds sur le plan national et international.

Vous êtes l’unique cabinet au Luxembourg membre de l’Association of Executive Search Consultants, cela vous étonne-t-il? Pensez-vous que les cabinets luxembourgeois manquent généralement d’éthique et de professionnalisme?

L’adhésion à l’AESC est avant tout un gage de qualité. Nos clients ainsi que nos candidats peuvent être sûrs que nous respectons les standards éthiques et professionnels les plus élevés. C’est un vrai plus dans un marché marqué par un grand nombre de pratiques peu sérieuses et souvent inacceptables.

Certains cabinets qui prétendent faire de l’ executive search ou encore de la chasse de têtes manquent des compétences basiques et ne respectent pas les règles élémentaires d’éthique. De bons candidats peuvent être ainsi victimes d’une logique de commodity trading suivant laquelle ils sont présentés en parallèle à diverses entreprises et pour diverses fonctions, sans nécessairement le savoir, jusqu’à ce que leur CV atterrisse malencontreusement sur le bureau de leur boss… C’est arrivé ! Aucun candidat n’apprécie d’être ainsi vendu aux enchères comme du bétail.

Pour nous, il est inconcevable que les entreprises à la recherche de talents pour des fonctions-clés puissent travailler en confiance avec ces acteurs, souvent basés à l’étranger (Londres, Dublin…) et sans connaissance du marché. De notre côté, la priorité est la longévité plutôt que le quick and dirty.

Quelle est l’évolution actuelle du marché du recrutement sur la place financière luxembourgeoise?

Le marché du recrutement reflète l’évolution économique globale, et nous constatons que certaines entreprises retardent ou arrêtent les recrutements non stratégiques.

Si le nombre absolu de recrutements est plutôt limité, la demande pour les meilleurs talents, elle, n’a pas baissée. Il peut donc paraître paradoxal que nous continuions à être sollicités pour les recrutements de dirigeants et spécialistes alors que le taux de chômage augmente.

Y a-t-il des métiers qui tirent aujourd’hui leur épingle du jeu?

La place financière luxembourgeoise subit actuellement une transformation profonde. Nous n’avons pas l’impression qu’il y ait un métier ou une activité en particulier qui s’en sort mieux que d’autres, si ce n’est peut-être les fonctions de risk management, de compliance, ou juridiques qui sont porteuses. Toujours est-il que certaines entreprises sont moins touchées par les effets de marché, notamment celles qui ont continuellement investi dans le développement des collaborateurs et le recrutement des meilleurs talents.

La gestion et l’administration de fonds tout comme l’asset management et le private banking doivent nettement augmenter leur niveau de compétences, et cela passe inévitablement par le recrutement des professionnels les mieux qualifiés. Il y a encore du chemin à faire.

À travers “Partners to Leaders”, vous avez une présence en Suisse, quelles sont les similitudes et dissemblances que ce marché entretient avec le marché de l’emploi luxembourgeois en finance?

À première vue, la place financière suisse peut apparaître similaire à celle du Luxembourg. Le marché suisse souffre également de l’économie actuelle, mais aussi du taux de change du franc suisse. La Suisse, tout comme le Luxembourg, fers de lance du private banking, est confrontée aux mêmes défis liés à ce métier. Cependant les Suisses semblent avoir réagi plus rapidement aux changements du marché et ont fait plus de progrès dans la transformation du private banking que le Luxembourg.

D’autre part, Luxembourg dispose d’une plus grande compétence en gestion et structuration patrimoniale ( wealth & estate planning ), et cette compétence constitue un véritable avantage compétitif.

Enfin, il est également incontestable que Luxembourg restera le leader européen en matière d’administration et de distribution de fonds d’investissement. Nous constatons d’ailleurs un appétit accru des banques suisses pour ces compétences.

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