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Quels secteurs financiers seront boostés (ou pas) par l’élection de Macron ?

Les professionnels des salles de marché parmi les plus enthousiastes...

Les professionnels des salles de marché parmi les plus enthousiastes...

Au lendemain de la constitution du nouveau gouvernement, qui voit notamment Jean-Michel Blanquer, directeur général de l’Essec Business School, prendre les rênes de l’Education nationale, nous nous sommes penchés sur l’impact de l’élection d’Emmanuel Macron sur les différents métiers de la finance.

La communauté financière dans son ensemble n’a pas manqué de saluer l’élection du nouveau président dès l’annonce des résultats du second tour de la présidentielle. Mais qu’en est-il métier par métier ?

Sur la base de témoignages de professionnels de la finance et du recrutement, voici donc les secteurs qui devraient bénéficier (ou pas) de “l’effet Macron” en terme d’activité voire d’embauches dans les mois et les années à venir…

BFI : horizon dégagé

Après une période d’attentisme, les grandes banques de financement et d’investissement de la City devraient voir d’un autre oeil la place financière parisienne. HSBC qui avait annoncé vouloir transférer près d’un millier de traders vers Paris devrait donc passer à l’acte, d’autant plus que ses clients corporates demandent à ce qu’une part plus importante de leurs activités de trading et de change soient enregistrées dans les livres de compte tenus dans le desk parisien, sans attendre la fin des négociations autour du Brexit.

De son côté, BNP Paribas envisage de transférer jusqu’à l’équivalent de 300 emplois de Londres à Paris en raison de la décision du Royaume-Uni de sortir de l’Union européenne, a déclaré à Reuters une source proche du dossier. La banque française pourrait néanmoins recruter à Paris les salariés nécessaires à ses activités transférées et déployer sur d’autres métiers à Londres les employés déjà en poste dans la capitale britannique, a-t-on ajouté. BNP Paribas n’a pas souhaité faire de commentaires.

D’autres banques devraient suivre si les efforts de Paris Europlace pour tenter de convaincre d’autres banques de financement et d’investissement de choisir Paris comme base européenne se confirment. Néanmoins, la prudence semble de mise chez les recruteurs. « Difficile à ce stade de dire si c’est une bonne nouvelle ou pas en terme de recrutements. L’impact sur l’emploi est en effet difficile à quantifier. Qui dit rapatriement dit aussi doublons et réductions d’effectifs éventuelles », observe Amaury la Clavière, Senior Manager de l’activité Banque de Financement et d’Investissement au sein du cabinet Robert Walters.

Marchés financiers : le «Golden Hello» à Macron

L’Etat français voulait emprunter 4 milliards d’euros sur les marchés mardi, il a reçu pour 31 milliards de demande. Quant aux actions européennes, elles reviennent en grâce : les entrées de capitaux sur les fonds européens ont atteint des montants records cette semaine. Mieux vaut avoir les marchés financiers avec soi que contre soi même si, comme la France, les marchés attendent des actes concrets du nouveau Président de la République.

Telle est en substance l’analyse Muriel Motte qui a débuté dans une salle des marchés avant de verser dans le journalisme où elle suit désormais l’économie et la finance à L’Opinion où elle réagit dans une vidéo intitulée Le «Golden Hello» des marchés financiers à Emmanuel Macron.

M&A : business a s usual

A en juger les montants records d’acquisitions à l’étranger (35 milliards de dollars en huit semaines), les grands groupes français semblent avoir passé outre la traditionnelle période de gel des fusions et acquisitions en année électorale.Toutes transactions confondues, il s’agit même du meilleur début d’année qu’ait connu le marché français depuis 2006 !

Il faut dire que les risques géopolitiques ne semblent pas peser défavorablement sur le marché des fusions/acquisitions. « Plus de 70% des dirigeants interrogés estiment même que les changements politiques majeurs intervenus en 2016 aux Etats-Unis et au Royaume Uni auront un effet neutre ou favorable sur leur politique d’investissement par croissance externe », explique Rudy Cohen Scali, associé EY, dans la dernière édition du baromètre semestriel EY dédié au marché des M&A dans le monde.

Cela dit, l’élection d’Emmanuel Macron a le mérite de dissiper les craintes des investisseurs internationaux, sachant que la France est classée par EY au 6ème rang de leurs destinations privilégiées. La dynamique est donc désormais lancée, ces mêmes investisseurs passant d’un simple opportunisme à une stratégie de plus long terme. Certains d’entre eux pourraient cependant attendre le résultat des législatives pour conforter (ou non) cette stratégie.

Private equity : de bonnes raisons d’espérer

Lorsqu’il était ministre de l’Economie, Emmanuel Macron a érigé l’orientation de l’épargne de long terme des Français vers l’économie réelle comme l’une de ses priorités. Les épargnants ont désormais la possibilité d’investir sur des fonds dédiés au capital-investissement tout en profitant des avantages de l’assurance-vie.

Quid du programme économique d’Emmanuel Macron président en faveur du capital-investissement ? Paul Perpere, directeur général de l’AFIC qui organise aujourd’hui la Conférence annuelle des investisseurs pour la croissance, salue sur BFM Business des mesures comme « la révision du régime de taxation des plus-values des personnes physiques avec un prélèvement libératoire auprès de 30%, la sortie de l’assiette de l’ISF des titres d’entreprises et le projet de création d’un fonds doté de 10 milliards d’euros pour financer l’industrie et l’innovation ».

Gestion d’actifs : l’attentisme prévaut

« Notre optimisme sur la France sera dépendant des résultats des élections législatives et de comment ces résultats viendront ou non soutenir le mandat de Macron », indique Stefan Kreuzkamp, responsable des investissements chez Deutsche Asset Management. « Pour le moment, il ne peut s’appuyer ni sur son propre parti ni sur sa grande expérience politique. En d’autres mots, sa présidence fait entrer la France en territoire inconnu ».

Fintech : véritable Macronmania

Dans son programme, Emmanuel Macron a prévu de consacrer 50 milliards d’euros d”investissement public dans les mesures environnementales, l’apprentissage, les infrastructures publiques et…. l’innovation digitale. Difficile à l’heure actuelle de prévoir quelle sera sa politique en matière de fintechs, si ce n’est qu’il souhaite supprimer l’ISF pour les investissements dans les start-ups technologiques.

Dans une récente interview à L’Agefi, Sébastien d’Ornano, président du robo-advisor Yomoni, rappelle néanmoins que lorsqu’il était Ministre de l’Economie, Emmanuel Macron avait amélioré la réglementation en matière de crowdfunfing et les initiatives blockchain, et qu’il avait favorisé le dialogue entre fintechs et régulateur.

« Le programme économique et la personnalité du nouveau président peuvent permettre d’améliorer la santé financière des entreprises et d’attirer les sociétés étrangères dans le contexte de Brexit », se félicite Pierre-Antoine Dusoulier, fondateur de la fintech Ibanfirst et ancien président de Saxo Banque France.

Le robo-advisor We Save a quant à lui trouvé son nouveau slogan commercial : « L’incertitude de l’issue du scrutin ayant été levée, vous pouvez maintenant commencer à épargner ingénieusement… ». Tout porte donc à croire que le nouveau président sera ‘fintech friendly’.


Crédits photo : Bloomberg / Contributeur

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