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INTERVIEW du responsable Europe de J.P. Morgan : « Ne soyez pas un banquier d’investissement classique »

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J.P. Morgan truste cette année la première place du classement des employeurs préférés des financiers en France et dans le monde. C’est pourquoi nous avons interviewé Vis Raghavan, directeur général adjoint de JP Morgan et responsable de la banque d’investissement et de financement en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique, afin qu’il nous parle des opportunités de carrière au sein de la banque américaine.

Pouvez-vous décrire le recrutement-type en banque d’investissement chez JP Morgan ?

Je dirais que tous ceux qui travaillent ici ont besoin de compétences intellectuelles très fortes – mais, dans une certaine mesure, cela est un pré-requis. Les compétences en communication et la capacité à travailler en tant que joueur dans une équipe sont également importantes, cela va de soi. J’apprécie aussi les personnes positives qui voient plutôt le verre à moitié plein et avec une attitude volontariste. Nous recherchons des personnes ayant confiance en elles, mais humbles. Donc, pour résumer, l’intelligence, la motivation et l’humilité sont les trois traits de personnalité parmi les plus importants.

Quels sont vos plans de recrutement en banque d’investissement pour cette année ?

Nous cherchons toujours à développer notre banque d’investissement, à travers les différentes classes d’actifs, les produits et les zones géographiques. L’une des grandes thématiques dans nos plans d’embauche pour 2017 est le secteur technologique. Nous considérons que la technologie est essentielle à tout ce que nous faisons au sein de la banque d’investissement, qu’il s’agisse de notre offre électronique, de notre conformité, de nos outils de surveillance, de nos algorithmes de trading, de notre intelligence artificielle ou de notre infrastructure dans le cloud. La technologie constitue un avantage concurrentiel pour les banques d’investissement, c’est le présent et l’avenir, et ce sera le principal facteur de différenciation – et J.P. Morgan compte bien en faire un fer de lance.

L’embauche de professionnels en technologie est une priorité pour nous, mais nous attendons de plus en plus une compétence technologique parmi toutes nos recrues. Si je regarde la façon dont mes enfants interagissent avec la technologie – c’est tout à fait différent de la génération qui précède et complètement intégré dans leur vie. Nous ne disons pas que tout le monde doit être un codeur, mais nous chercherons un élément d’expertise technique dans chaque personne que nous embauchons.

Comment gardez-vous vos employés motivés ?

Nous demandons à nos employés d’être implacables dans la poursuite de l’excellence. Nous avons le privilège d’être un leader dans toutes les activités que nous couvrons, mais cette position de leadership n’est pas garantie. Même si vous avez prouvé que vous êtes parmi les meilleurs et que vous êtes restés au sommet pendant une période prolongée, il y a toujours des choses que vous pouvez mieux faire.

Dans les réunions, j’aime faire la comparaison avec le championnat de Wimbledon. Le lendemain qui suit la victoire du tournoi, qu’est-ce qui fait revenir le champion sur la terre battue et recommencer tout le processus ? Vous avez peut-être gagné la finale en cinq sets, mais faire un score de 6-0, 6-0, 6-0 fera de vous le champion incontesté. Bref, il y a toujours lieu de s’améliorer.

Quelles sont vos prédictions pour 2017 ?

Certains des grands thèmes macro qui ont émergé en 2016 sont susceptibles de continuer à se développer cette année. En Europe, le Brexit est l’événement qui façonnera le paysage géopolitique et économique avec beaucoup d’incertitude quant au résultat. Je pense que ce sera une année agitée. Mais est-ce que je crois que l’activité de la banque d’investissement va s’arrêter ? Non, au milieu de toute cette volatilité, il y aura également d’importantes opportunités. Il existe de nombreuses entreprises qui cherchent à grandir et à se diversifier par le biais d’acquisitions et la volatilité sur les marchés sera bonne pour les fonctions de trading des banques d’investissement.

Nous sommes fiers du faible turnover et de l’ancienneté de notre personnel. Nous adoptons systématiquement une approche à long terme pour notre entreprise. Nous évitons de prendre des décisions à courte vue consistant à se désengager de secteurs d’activité et nous n’avons jamais procédé à des réductions incontrôlables d’effectifs à grande échelle. Notre activité n’a pas changé en raison des changements à court terme sur les marchés, et lorsque le marché devient erratique, nous avons la taille suffisante pour en profiter.

Pouvez-vous nous dire ce qui vous a motivé à entrer dans la banque ?

J’ai grandi en Inde et j’ai étudié la physique à l’Université de Bombay. Je suis venu au Royaume-Uni pour passer un diplôme d’études supérieures en ingénierie électronique et informatique à l’Université d’Aston et je voulais à tout prix décrocher un poste technologique. Mais j’ai également passé une certification ACA à l’Institute of Chartered Accountants en Angleterre et au Pays de Galles et c’est alors que j’ai sérieusement commencé à penser à faire carrière en banque d’investissement. Pas plus tard que l’an dernier, j’ai obtenu un doctorat honorifique en science d’Aston, dont je suis vraiment fier.

Pour moi, la banque est le mariage parfait des compétences quantitatives et des situations de business réelles. Vous êtes au firmament de la réflexion stratégique, vous participez à des projets qui vous permettent d’accéder aux conseils d’administrations des plus grandes entreprises du monde. La satisfaction et le plaisir intenses viennent du fait d’aider les clients, les entreprises, les investisseurs, les gouvernements et les entreprises supranationales, avec leurs besoins stratégiques en matière de business et de financement.

Dans la banque vous faites l’actualité – il est extrêmement gratifiant de travailler sur un deal et de voir votre travail rapporté dans la presse. La banque a été critiquée ces dernières années, mais je crois que travailler dans le secteur signifie que vous avez un rôle essentiel à jouer dans la conception de l’avenir des entreprises. Vous prenez le pouls de la situation, il y a beaucoup de variété et vous interagissez avec tous les horizons – vous pouvez avoir pour interlocuteur une entreprise de soins de santé en Allemagne, un gouvernement en Amérique latine ou une société minière africaine … les possibilités sont illimitées.

Quel a été le point culminant de votre carrière ?

Honnêtement, je ne pense pas qu’un seul moment puisse être déterminant dans une carrière, mais un certain nombre de facteurs différents peuvent avoir une influence. Je suis extrêmement motivé, je suis persistant et précautionneux – cela m’a aidé tout au long de ma carrière. Je pense également que la créativité est un trait méconnu dans la banque d’investissement – vous devez être créatif pour avoir un impact avec les clients. Ma devise pour surmonter les problèmes : « il y a toujours une solution, vous ne l’avez pas encore trouvée ». Et plus vous avez d’impact, plus les clients et les collègues veulent travailler avec vous.

Et plus grand regret ?

Pas de regrets, jamais.

Qu’avez-vous appris du haut de vos 25 années d’expérience ?

D’avoir un peu plus de patience. C’est difficile, parce que je pense que le fait d’être impatient m’aide vraiment à faire avancer les choses, mais j’essaie de me convaincre de calmer un peu le jeu.

Quelles questions posez-vous systématiquement en entretien ?

La question, que je pose systématiquement n’est pas tant une question qu’une étude de cas. Par exemple, je peux demander au candidat d’imaginer un homme âgé qui cherche à investir ses économies et fait appel à lui. Ma question est alors la suivante : que feriez-vous s’il vous confie 100 €, 1 000 €, 1 million d’euros ?

La subtilité réside dans le fait qu’il n’y a pas de bonne réponse et que vous en apprenez beaucoup sur la façon dont le candidat réagit. Par exemple, certaines personnes se précipiteront et diront qu’elles alloueraient un certain montant aux actions et un autre aux obligations sans lui poser de questions sur son appétence pour le risque.

D’autres ne demandent pas son âge. Par exemple, quelle est votre définition de «âgé » : est-il à la retraite, près de la retraite, beaucoup plus vieux que vous ? Certaines personnes proposent des produits dérivés. Je leur demande comment peuvent-ils suggérer des produits financiers complexes à quelqu’un. Que diriez-vous plutôt d’une forme de couverture ou de protection du revenu ? Pensez à ses petits-enfants…

J’analyse le tout, je sonde toutes les décisions. Parfois, cela rend les gens nerveux dans leurs réponses. Parfois, ils prennent mes commentaires pour argent comptant et ajustent leurs recommandations. D’autres restent fermement sur leurs convictions. Vous pouvez tout déceler : leur agilité mentale, leurs compétences quantitatives, leurs connaissances financières, leurs connaissances générales, leur empathie et leur humilité. Vous pouvez également savoir si cette personne aime rire, si elle sera agréable dans le travail…

Pour quelles raisons ne m’embaucheriez vous pas ?

Je déteste quand les gens deviennent le stéréotype de la personne qu’ils pensent que les banques d’investissement veulent embaucher. Ne vous cachez pas derrière ce mythe : j’aime les gens qui sont eux-mêmes et authentiques. Nous voulons que les gens disent ce qui doit être dit, sinon les choses ne changeront jamais ou la norme ne sera jamais contestée. Personnellement, j’aime les gens qui sont honnêtes et directs.

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