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TÉMOIGNAGE : « Ce que j’aurais aimé savoir lorsque j’ai rejoint Goldman Sachs »

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Après avoir décroché mon MBA dans une prestigieuse université privée du nord-est des États-Unis via le process de recrutement du campus, j’ai rejoint Goldman Sachs et j’y travaille depuis plus de cinq ans. Voici ce que j’aurais aimé savoir lors de ma première journée de travail dans la banque…

Un ‘analyst program’ de deux ans est-il obligatoire pour les apprentis banquiers ?

Cela constitue un énorme tremplin pour votre carrière que d’avoir ce genre d’expérience bancaire sur votre CV. Si vous passez le programme d’analyst en banque d’investissement en deux ans et que vous le réussissez, vous pouvez continuer d’évoluer professionnellement dans la banque ou bien utiliser cette expérience tangible pour booster votre CV.

Cela dit, l’industrie financière évolue un peu. Désormais, le programme de deux ans d’analyst en banque ou consulting n’est plus aussi indispensable. L’objectif de passer un analyst program en deux ans est soit de capitaliser dessus, soit d’aller faire autre chose, comme passer dans le buy-side. Si vous voulez être banquier, c’est la voie à suivre. Par contre, si vous voulez travailler dans la finance, alors travailler dans une PME sera plus utile que suivre un analyst program généraliste en banque.

Ceux qui ont passé du temps à coder ou ont suivi une formation technologique sont de plus en plus recherchés. De mon point de vue, ce que vous apprenez dans un programme d’analyst bancaire est une compétence plus facile à maîtriser que les compétences technologiques. Ces dernières sont de plus en plus valorisées ici chez Goldman et dans d’autres grandes banques. Je ne dis pas que vous serez embauché par une banque après une expérience de deux ans seulement dans la technologie, mais le programme d’analyse en deux ans n’est plus aussi important que jadis.

J’ai eu des discussions avec des gens chez Goldman Sachs qui font du mentoring. Ils disent que si vous êtes à la recherche d’une carrière classique en banque d’investissement, alors passer le programme d’analyst n’est pas une option. A contrario, si vous vous dirigez vers le business development, la technologie, les opérations ou une toute autre carrière professionnelle non traditionnelle (comme cela a été mon cas), alors ce n’est pas indispensable. Cela dit, chaque fois que vous empruntez une voie bifurquée il y a probablement plus de bosses sur la route. Vous devez être préparé pour parer les hauts et les bas.

Cherchez des mentors et créez un réseau professionnel

Plus vous progressez dans votre carrière, plus l’impact du mentoring devient élevé. Parvenir à être parrainé par des cadres dirigeants et avoir un réseau stratégique de pairs de haut niveau est évidemment important, si bien que vous devriez commencer à construire votre réseau dès que vous le pouvez. Vous devez trouver un parrain, pas forcément le premier jour où vous commencez votre job, mais vous devez rester aux aguets.

C’est un slogan chez Goldman Sachs – être le meilleur quoiqu’il arrive. Trouvez quelqu’un qui peut vous aider à devenir le meilleur dans l’activité où vous travaillez. Dans la finance, la plupart des gens sont interchangeables. Par exemple, il y a beaucoup de gens qui peuvent créer un très bon modèle. Dès votre entrée en fonction, recherchez des sponsors à différents niveaux et assurez-vous que le développement de ces relations soit un élément clé de votre job tout en faisant votre travail quotidien. Prendre 30 minutes pour prendre un café avec quelqu’un de la banque ou réseauter en général ne doit pas être décompté de votre temps de travail : rencontrer des gens, cela fait partie de votre travail, même s’il est difficile de libérer du temps en tant qu’analyst ou associate.

Vous n’empièterez pas 30 minutes sur l’agenda d’un partner senior, mais certains managing directors seraient ravis de discuter avec vous. La meilleure façon d’y parvenir se fera par le biais de votre réseau. Construisez votre réseau à partir du leur, et parlez à quelqu’un qui les connaît. Ils se feront un plaisir de vous rencontrer si vous êtes recommandé par quelqu’un, par exemple un VP qui connaît un MD. Dans ce cas, cela vous permettra d’avoir cette conversation. Pour les cadres dirigeants, ce n’est pas qu’ils évitent absolument de rencontrer les juniors, mais vous devez réseauter pour pouvoir discuter avec eux via une personne référente qui augmentera votre visibilité. « Hm, peut-être devrais-je bloquer 30 minutes pour untel ou untel ».

Créez un réseau à votre niveau, au niveau juste au-dessus du votre et à celui au-dessus. En établissant une relation avec un vice-président, au fur et à mesure que vous progresserez dans votre carrière, peut-être le moment où vous serez vice-président cette personne sera un VP senior ou un MD. Réseautez aussi avec vos pairs et les personnes en-dessous de vous.

Banque versus startup fintech

Pour être honnête, j’ai envisagé de quitter la banque pour une startup, potentiellement une société fintech. Il y a des avantages et des inconvénients des deux côtés.

Un facteur à considérer est le financement. Si vous travaillez dans une banque comme Goldman, nul besoin d’être économe. Nous devons certes respecter un budget, mais nous avons pu construire une nouvelle plate-forme avec peu de contraintes. Ce que je veux dire, c’est que nous avons eu l’occasion de la construire sans devoir afficher de revenus ni de profits immédiats. Nous devions nous concentrer sur la livraison d’un produit chargé de générer de l’argent, mais à plus long terme, afin de pouvoir nous concentrer sur l’essentiel, chose impossible dans une startup.

Des sociétés comme Lending Club et SoFi rencontrent désormais des problèmes réglementaires, et sont contraintes de faire immédiatement de l’argent et de créer de la valeur pour leurs actionnaires.

Chez Goldman, un projet ou une initiative individuelle ne va pas changer le cours de l’entreprise, si bien que plutôt que de se précipiter et construire une plate-forme en un temps record, nous avons le luxe de pouvoir prendre le temps de la construire correctement et nous assurer que l’infrastructure nécessaire est là.

En outre, il y a des inconvénients auxquels vous ne pensez pas. Si vous allez dans un endroit plus petit, où il n’y a pas de fonctions support, alors vous devez savoir que vous serez seul pour résoudre vos problèmes. Dans le cas où vous rejoignez une PME, il peut y avoir une équipe techno que vous connaissez personnellement et sur laquelle vous pouvez compter, mais je pense qu’il n’est pas donné à tout le monde de rejoindre un endroit plus petit sans pourvoir disposer de l’infrastructure propre à une grande banque. Un employé d’une startup fintech doit être prêt à endosser de nombreux rôles tandis que d’autres préfèrent avoir une infrastructure et le support en place pour se concentrer uniquement sur une tâche.

Concernant enfin la rémunération, il s’agit d’un calcul entre prise de risque et récompense. Il est moins risqué de rejoindre une grande entreprise, mais il faudra plus de temps pour obtenir ladite récompense. Dans la plupart des établissements financiers, lorsque vous parvenez à un niveau supérieur, vous gagnez beaucoup d’argent. L’organisation d’une grande banque ressemble à un schéma pyramidal. Sur 100 analysts, combien deviendront MD voire Partner ? Chez Goldman, peut-être deux ou trois, mais vous pouvez très bien vous contenter de devenir VP. C’est une carrière moins risquée mais plus concurrentielle si l’on fait la comparaison avec une startup.

James Chapman est un pseudonyme. Il s’agit du témoignage anonyme d’un employé de Goldman Sachs.


Photo credit : DNY59/GettyImages

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