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Les prévisions des bonus 2017 versés au titre de l’année 2016, banque par banque…

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Nous sommes en janvier et la saison des bonus dans les banques approche. Il n’y a encore pas si longtemps, la taille et la structure des rémunérations auraient fait l’objet de spéculations considérables à ce stade du processus, mais avec des bonus plus réduits (notamment en Europe), les discussions animées de jadis autour des bonus se sont transformées en murmure de fond.

Ce qui rend plus difficile que jamais les prédictions sur les paiements des rémunérations variables. Toutes les banques ne fournissent pas de chiffres permettant des calculs de rémunération par tête, et celles qui le font ne séparent pas la banque d’investissement, rendant les comparaisons difficiles ou non significatives.

Dans le même temps, la plupart des banques sont occupées à transférer leurs postes vers des centres offshoring avec pour conséquence de faire baisser la rémunération moyenne par tête, même si la rémunération de ceux qui ont la chance de conserver leur emploi à Londres, New York ou Paris garderont probablement le même salaire.

Des bonus en berne

En attendant, la plupart des spécialistes des rémunérations en banque prévoient de nouvelles réductions de bonus cette année. C’est par exemple le cas de Johnson Associates, un cabinet conseil en rémunération basé à Wall Street, qui anticipe des bonus en berne (notamment dans le trading fixed income).

Option Group a quant à lui enquêté sur les 25% des banquiers les plus performants dans chaque secteur et a constaté que les traders fixed income s’attendaient à des bonus en légère hausse (+ 5%), tandis que les professionnels des actions et de la banque d’investissement s’attendaient à des baisses respectives de 5% et 4%.

A toutes fins utiles, il est important de se rappeler que le deuxième semestre 2016 a été robuste, contrairement au premier semestre. Les bonus des banques vont donc sans doute pâtir du climat morose observé entre janvier et juin 2016. Voilà donc les perspectives générales en terme de versement de bonus et à quoi vous attendre, banque par banque (par ordre alphabétique) :

Barclays :

Perspectives : Modérées. Barclays a cessé de communiquer sur ses dépenses concernant les rémunérations dans sa banque d’investissement si bien qu’il est impossible de savoir ce qui se passe exactement. Cependant, les traders crédit de Barclays ont connu un excellent troisième trimestre et s’attendent à une certaine reconnaissance. L’activité de Barclays génère des rendements raisonnables, bien qu’il reste encore du travail à faire en matière de respect des coûts.

Ce qui a été dit : Au cours du point investisseurs du troisième trimestre, le CEO de Barclays, Jes Staley, a clairement indiqué que les salaires feraient l’objet d’un tour de vis. « Les trois grands leviers pour réduire les coûts dans la banque sont le personnel, la technologie et l’immobilier … » . En début d’année, dans un contexte plus morose, le chairman John McFarlane avait déclaré lors d’une réunion du conseil d’administration que la faiblesse des marchés était l’occasion de réduire davantage la rémunération.

Bank of America :

Perspectives : Modérées. Bank of America a investi dans ses activités de banque d’investissement et de marchés et a réalisé un rendement sur capitaux propres (RoE) de 12% au cours du trimestre. Elle est en mesure de bien rémunérer si elle le souhaite.

Ce qui a été dit : Au cours du point investisseurs du troisième trimestre, le CEO de la banque Brian Moynihan a indiqué qu’elle allait continuer à investir dans les métiers taux et actions. Il a ajouté que les baisses de salaires seraient très ciblées dans les ‘bonus pool’, si bien que les rémunérations du gros des troupes ne devraient pas changer.

BNP Paribas

Perspectives : Faibles à modérées. Les bonus dans les banques françaises étant versés plus tard que les banques anglo-saxonnes, aucune information n’a encore filtré. Tout au plus sait-on que les professionnels des M&A verront leurs bonus baisser de 15% selon le site de benchmarking de salaires dans le secteur financier Emolument.com.

Ce qui a été dit : Malgré un début 2016 difficile, c’est dans la banque d’investissement que BNP a particulièrement tiré son épingle du jeu au troisième trimestre, avec des profits avant impôts en forte hausse de 41,7%, à 812 millions d’euros grâce à une bonne performance de chacun des trois métiers : Global Markets (+19,7%), Corporate Banking (+9,2%) et Securities Services (+2,9%).

La réalité : La banque de la rue d’Antin a annoncé 675 suppressions de postes dans sa division en France, au cours d’un comité d’entreprise exceptionnel. Ce plan de départs volontaires est d’une ampleur sans précédent pour sa BFI, et supérieur aux 125 postes menacés chez Société Générale CIB.

Citigroup :

Perspectives : Modérées. Citigroup ne fournit pas non plus d’indication sur les allocations de bonus dans sa division clients institutionnels (banque d’investissement). Cependant, l’heure est toujours à la réduction des coûts.

Ce qui a été dit : Au cours du point investisseur du troisième trimestre, le CFO John Gerspach a déclaré que les dépenses de Citicorp (concernant à la fois la banque de détail et la banque d’investissement) avaient ‘légèrement’ baissé au troisième trimestre.

Credit Suisse :

Perspectives : Mauvaises. Bien que Credit Suisse insiste sur le fait que ses activités global markets et investment banking sont stratégiques pour le groupe, il s’est engagé dans un processus de réduction des coûts toujours plus ambitieux.

Ce qui a été dit : Début décembre, le CEO de Credit Suisse, Tidjane Thiam, a annoncé son intention de réduire les coûts de 400 millions de dollars d’ici 2018 après une réduction déjà drastique opérée en 2016. « Nous avons réalisé un plan de trois ans en moins d’un an », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il fallait encore réduire les coûts pour atteindre le rendement souhaité de 10%, et ce malgré que le ‘redimensionnement’ de l’activité global markets soit achevé.

La réalité : Credit Suisse est l’une des banques qui ne communique pas sur les salaires et les effectifs. Dans l’activité global markets, le salaire par tête est en baisse, alors même que la part des revenus que Credit Suisse consacre à la rémunération augmente, le ratio de rémunération dans l’activité global markets étant passé de 39% en 2015 à 49% en 2016. Quant au ratio de rémunération dans la banque d’investissement et les marchés de capitaux, elle est plutôt stable (65% en 2016, contre 66% en 2015).

Deutsche Bank :

Perspectives : Mauvaises. Avant l’élection de Donald Trump, les perspectives de bonus 2016 de Deutsche Bank étaient les pires de toutes. Cela s’explique en partie par le fait que le PDG John Cryan a préféré augmenter les salaires plutôt que les bonus, et en partie parce que la Deutsche a connu une année agitée. À un moment donné, il a même été question de payer les banquiers seniors de Deutsche en bonus constitués d’actifs toxiques de la ‘bad bank’. Ce qui est plus probable, c’est qu’ils toucheront des bonus avec une petite partie cash et une grosse partie en titres. La bonne nouvelle est que, depuis l’élection de Trump, le cours des actions de la banque a augmenté de 36%.

Ce qui a été dit : Au cours du point investisseur du troisième trimestre, le CFO Marcus Schenck a fait explicitement référence à la baisse des salaires : « La rémunération et les avantages sociaux ont baissé de 330 millions d’euros en raison d’une réduction des bonus en cash et des frais de rétention… », a-t-il indiqué, ajoutant que si la banque n’avait pas encore décidé comment structurer ses bonus 2016, il « ferait sens » de lier les rémunérations des cadres seniors à l’évolution future du cours de l’action.

La réalité : Comme Credit Suisse, Deutsche Bank ne communique pas sur ses dépenses de rémunération et ses effectifs. Vu de loin, le paiement par tête dans ses divisions global markets et investment banking ne semble pas glorieux. Sur les marchés mondiaux, la rémunération a diminué de 26% en glissement annuel au cours des neuf premiers mois. Quant à la division CIB, le ratio de rémunération est de 24%, contre 27% un an plus tôt.

Goldman Sachs :

Perspectives : Modérées. Goldman Sachs réduit le salaire moyen par tête, mais cela pourrait simplement être la conséquence du transfert de postes vers des centres à bas coût comme Salt Lake City, Mumbai et la Pologne. La rémunération par tête à Londres et New York devrait être stable.

Ce qui a été dit : Lors de la conférence téléphonique du troisième trimestre de la banque, le CFO Harvey Schwartz a réitéré son engagement à « investir dans nos effectifs » afin qu’ils « continuent d’attirer les meilleurs et les plus brillants qui veulent venir dans notre industrie ». Goldman Sachs comprend ainsi la nécessité de récompenser le personnel.

La réalité : le salaire moyen par tête chez Goldman est en baisse, même si cela peut être attribuable à des changements structurels dans la localisation du personnel vers des endroits comme Salt Lake City et l’Inde. Goldman affecte une part légèrement plus élevée de ses revenus à la rémunération. Son ratio de rémunération est de 41% sur les neufs premiers mois de 2016, contre 40% un an plus tôt.

J.P. Morgan :

Perspectives : Modérées. J.P. Morgan ne dit pas grand-chose sur les bonus dans sa banque d’investissement. Cependant, l’établissement financier américain a la réputation d’être un payeur stable et fiable.

La réalité : J.P. Morgan publie ses chiffres de rémunération, mais ils concernent à la fois la banque corporate et la banque d’investissement, si bien qu’il est difficile de discerner exactement comment les effectifs en banque d’investissement sont payés. A noter que le salaire par tête diminue légèrement, avec un ratio de rémunération dans la CIB de 29% sur les neuf premiers mois de l’année, contre 31% l’année précédente.

Morgan Stanley :

Perspectives : Faibles à modérées. Morgan Stanley ne communique pas sur ses effectifs, mais a maintenu son ratio de compensation stable. Ce qui n’empêche pas la banque de réduire ses coûts. Son président Colm Kelleher a indiqué mi-décembre que Morgan Stanley n’était pas convaincue que la forte augmentation des revenus de trading fixed income perdurera. La baisse du nombre d’opérations n’est sans doute pas étrangère à cette déclaration. Quoiqu’il en soit, ce n’est pas une bonne nouvelle pour les bonus (dont une partie tient compte des prévisions à venir).

Ce qui a été dit : Il n’y a pas eu de mention spécifique sur les bonus, mais lors du point investisseurs du troisième trimestre, le CEO James Gorman a souligné les efforts constants de la banque pour transférer des emplois vers des endroits à faible coût. Le CFO Jonathan Pruzan a quant à lui déclaré que la banque avait réduit les dépenses 800 millions de dollars dans le cadre de son plan de rationalisation, et que 200 millions de dollars supplémentaires seraient économisés en 2017. Le CFO a précisé que les 800 millions ne concernaient pas les salaires. Qu’en sera-t-il des 200 millions restants ? En attendant, le ratio de rémunération dans les métiers titres institutionnels a été de 36% sur les neuf premiers mois de l’année 2016 et 2015.

SocGen :

Perspectives : Faibles à modérées. Les bonus dans les banques françaises étant versés plus tard que les banques anglo-saxonnes, aucune information n’a encore filtré. Tout au plus sait-on que les professionnels des M&A verront leurs bonus baisser de 15% selon le site de benchmarking de salaires dans le secteur financier Emolument.com.

Ce qui a été dit : Au troisième trimestre, la Banque de grande clientèle et solutions investisseurs – a vu ses résultats bondir de 42,1% à 469 millions d’euros. La branche de banque de financement et d’investissement de Société Générale a bénéficié de la vigueur de l’activité sur le segment obligataire, changes et matières premières mais également dans celui des actions. Ce qui tranche avec ce qui avait été observé précédemment.

La réalité : L’embellie des résultats des activités de banque d’investissement et de financement ne profitera pas forcément aux professionnels du front-office, leurs effectifs ayant été réduits de 3% sur les neuf premiers mois de l’année 2016, quand dans le même temps, la banque a recouru de façon accrue au offshoring (+18% depuis le début 2016). Ce qui devrait avoir un impact sur la rémunération par tête.

UBS :

Pespectives : Bonnes. UBS est passé d’une banque qui avait la réputation de payer de petits bonus à celle d’une banque qui paye généreusement. L’année dernière, par exemple, elle a augmenté son enveloppe de bonus de 14%, alors que d’autres banques en Europe ont taillé leurs ‘bonus pools’.

Ce qui a été dit : Rien de précis, mais les optimistes peuvent s’accrocher à la déclaration faite par Andrea Orcel en juillet dernier indiquant que la réduction des coûts dans la banque d’investissement était terminée. Ce qui n’empêche le ratio de coûts dans la banque d’investissement d’UBS de rester obstinément et dangereusement élevé, à 88%.

La réalité : UBS publie ses calculs de salaires par tête dans sa banque d’investissement. Cela montre une baisse des salaires, mais limitée. Cela montre également que la rémunération en banque d’investissement est excessivement élevée par rapport à d’autres pays, mais des sources internes à UBS expliquent que c’est simplement parce que la banque n’inclut pas les fonctions support dans ses chiffres de rémunération en banque d’investissement. Sur les neuf premiers mois de 2016, le ratio de rémunération dans la banque d’investissement a été de 41%, contre 37% sur la même période en 2015.



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