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Carrières en finance : non, l’argent ne fait pas le bonheur ! Et ce sont les financiers qui le disent…

Les enfants gâtés de la finance pas si heureux que cela...

Les enfants gâtés de la finance pas si heureux que cela...

Le secteur financier est souvent réputé pour bien payer par rapport à d’autres secteurs. Mais l’argent n’est pas tout. Pour preuve, une majorité de financiers reconnaissent qu’ils ne sont pas épanouis dans leur travail. Tel est en tout cas le constat qui ressort d’une enquête réalisée auprès de 826 professionnels par le site de benchmarking de salaires dans le secteur financier Emolument.com. A la question ‘Aimez-vous votre travail ?’, seuls 42% de celles et ceux qui travaillent dans les services financiers répondent par l’affirmative.

La situation est à peine plus enviable dans les métiers du conseil où 44% des sondés se disent épanouis. A contrario, les professionnels des ressources humaines sont ceux qui, à une large majorité (55%), se disent être les plus satisfaits de leur travail. Le fait d’aider les autres à progresser dans leur carrière et à s’épanouir professionnelllement (et donc avoir la sensation d’être utile aux autres) expliquerait-il à lui seul ce phénomène ? A moins que ce ne soit le faible niveau de stress de cette profession par rapport à d’autres qui doivent à tout prix générer des revenus, comme par exemple les traders ou les vendeurs en finance de marché.

Cela dit, les financiers ne sont pas les plus mal lotis : les métiers du bâtiment et de la restauration qui requièrent une implication physique et une disponibilité constante dans un contexte bruyant et stressant engendrent une profonde insatisfaction (jusqu’à 68% de mécontents) et sont sans surprise les secteurs où le turnover est de loin le plus élevé.

Mais alors quelle est la recette du bonheur ?

« L’épanouissement professionnel n’est en aucune façon corrélé aux seuls niveaux de rémunération », explique Alice Leguay, co-fondatrice et COO de Emolument.com. « Les employés parmi les plus heureux sont les juniors, ceux qui travaillent dans les fonctions support ou bien les petites structures, loin des clichés habituels qui voudraient nous faire croire que le bonheur réside, par exemple, dans le fait de faire carrière dans de grandes entreprises renommées ».

L’enquête d’Emolument montre ainsi que les années les plus agréables dans une carrière sont les toutes premières. Le fait de ne plus être un étudiant pauvre et gagner son premier salaire – ainsi que d’être en mesure de commencer à épargner pour un achat immobilier par exemple – est un sentiment fantastique qui permet d’envisager l’avenir sous les meilleurs auspices. La prise de conscience qu’il va falloir remplir les objectifs en temps et en heure et se plier à la hiérarchie est encore assez vague dans les esprits.

Small is beautiful

Ainsi, avoir l’impression d’être utile et ressentir du plaisir dans son travail semble être devenu la panacée pour de nombreux représentants de la génération des millennials, dont beaucoup en quête d’épanouissement professionnel se détournent des emplois les mieux rémunérés dans les grandes banques.

Une petite équipe est en effet davantage susceptible de vous offrir une plus grande flexibilité et autonomie dans votre travail et en conséquence de mieux vous récompenser au mérite. Dans les structures de taille modeste, les employés ont plus l’impression de participer à une aventure commune sans être court-circuités par la hiérarchie et ont ainsi la capacité de résoudre les problèmes plus rapidement.

Les grandes banques désireuses d’attirer et retenir les talents, l’ont bien compris et multiplient les initiatives, à l’image de Natixis qui a récemment signé avec trois organisations syndicales (CFDT, CFTC et UNSA) un accord sur la qualité de vie au travail, « un levier important d’engagement et de bien-être des collaborateurs, qui contribue à leur fidélisation et à l’attractivité de la banque », rappelle à ce sujet Anne Lebel, DRH de Natixis.

Cap sur l’international ?

Pour fuir la sinistrose ambiante, certains sont tentés de s’expatrier, d’autant plus que les packages de rémunération proposés par les établissements financiers pour les candidats au départ sont souvent intéressants. Mais là encore, l’aspect rémunération n’est pas le seul à prendre en compte. Et dans le classsement des pays où les employés disent être les plus épanouis dans leur travail, la France est plutôt bien placée, juste derrière les Pays-Bas.

Vous éviterez donc de vous précipiter en Espagne où la situation économique a contraint de nombreux diplômés à accepter des emplois peu qualifiés et peu rémunérés en créant du ressentiment chez beaucoup d’entre eux. Quant aux pays anglo-saxons ou asiatiques, le mécontentement est également bien réel. Il ne vient non pas des niveaux de rémunération, bien plus importants que ceux que l’on rencontre dans l’Hexagone, mais des niveaux de stress causés par l’intensité du travail. Il ne vous reste donc plus qu’à faire le bon choix de carrière, en connaissance de cause.


Crédits : H. Armstrong Roberts/ClassicStock

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