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Salaires en banque d’investissement : comment se situe Paris par rapport aux autres places financières

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Vous travaillez dans le secteur de la banque d’investissement à Paris et vous vous demandez si vous ne seriez pas mieux payé en allant travailler sur une autre place financière ? A ce sujet, la dernière étude du site de benchmarking de salaires dans le secteur financier Emolument.com sur les villes qui dans le monde paient le mieux dans la banque pourrait vous être fort utile.

D’après les tableaux-ci dessous, on peut constater que la place financière parisienne est plutôt à la traîne par rapport à Wall Street, grande gagnante en terme de rémunération des analysts front-office au regard de sa généreuse politique en matière de bonus qui représente en moyenne 28% de leur package salarial contre 17% en moyenne sur les places européennes. Zurich, Hong Kong, Londres et même Francfort talonnent Paris, qui est néanmoins légèrement mieux placée que Amsterdam et Milan.

Should I stay or should I go ?

La place occupée par Paris en termes de rémunération n’est pas sans rapport avec la place qu’elle occupe dans les classements des places financières et qui parmi leurs critères de sélection retiennent notamment les aspects salariaux. « Dans les années 1980, Paris était la 6/7ème place financière mondiale, aujourd’hui elle est 35ème environ », a d’ailleurs rappelé cette semaine Xavier Rolet, ce Français directeur général du London stock Exchange, à l’occasion du Salon de la Finance organisé par Kedge Business School (dont il est diplômé) et qui se tenait… à Marseille (tout un symbole !).

Dans ces conditions, la tentation de partir aller offrir ses services vers d’autres places financières plus rémunératrices est grande. Mais pas sûr que le jeu en vaille toujours la chandelle. « Il serait un peu simpliste mais pas faux de dire qu’être banquier à Paris, c’est échanger une rémunération potentiellement très élevée en travaillant à l’étranger contre une belle qualité de vie », poursuit Alice Leguay.

Qui plus est, la sécurité de l’emploi n’est pas la même à Paris que sur les places anglo-saxonnes ou asiatique où vous pourriez être amenés à faire vos cartons plus vite que vous ne l’imaginez en cas de charrettes de licenciements. Dans ce cas, sachez aussi qu’il n’est pas forcément facile de venir se réinstaller dans l’Hexagone. Certes, certains banquiers qui sont revenus au bercail ont réussi à doper leur évolution professionnelle. Et il est même possible de devenir millionnaire dans la BFI en France, puisque l’Autorité bancaire européenne (EBA) en a recensé 116 sur l’année 2014 (contre 2075 au Royaume-Uni à titre de comparaison).

EBA

Mais une grande majorité des « impats » porte un jugement sévère sur les administrations au niveau des démarches de retour. « Il est plus difficile de rentrer que de partir. La méconnaissance des démarches à accomplir ainsi que les difficultés à trouver l’information compliquent d’autant l’installation en France », relève Hélène Conway-Mouret, sénatrice des Français établis hors de France.

Partir oui mais où ?

Si malgré tout vous avez décidé de tenter votre chance ailleurs, encore vous faut-il choisir la bonne destination. Il va sans dire que les incertitudes qui planent sur le devenir de la City de Londres en cas de Brexit n’en font pas la destination idéale du moment (attendez-au moins les résultats du référendum du 23 juin avant de faire vos valises).

Optez plutôt pour New York, et de préférence pour une banque européenne installée sur place étant donné que les financiers américains ne sont pas très friands pour y travailler. De son côté, « l’Asie semble être un spot idéal en termes d’équilibre entre la réglementation bancaire, les rémunérations et la qualité de vie », note Alice Leguay. Sauf que vous risquez de vous retrouver à végéter dans une banque non-asiatique qui lutte âprement pour remporter des mandats dans la région, ce qui au final peut impacter votre visibilité professionnelle et vos rémunérations futures.

Passez au crible tous les aspects

L’impôt sur le revenu est également un facteur que vous devez prendre en compte lorsque vous comparez les différents packages de rémunération. Si la rémunération totale pour les analystes à Singapour est presque deux fois plus faible qu’à New York, il ne vous restera aux Etats-Unis qu’un revenu net de 75.000 dollars après imposition (sur un revenu de 125.000 dollars), tandis qu’à Singapour, les analystes ne paieront que 3000 dollars de taxes sur une rémunération annuelle totale de 61.000 dollars, leur laissant 58.000 dollars dans la poche. Et sachant que le coût de la vie est 20% plus cher à New York qu’à Singapour, l’écart de rémunération entre les deux villes devient quasi-nul. D’où l’intérêt de sortir sa calculette.

Enfin, si vous voulez partir plus près, optez plutôt pour des pays francophones comme Genève ou Luxembourg qui attirent les talents financiers du monde entier et figurent sur le podium de la troisième édition de l’Index mondial Compétitivité et Talents (GTCI) . Zurich est certes bien classée, mais la maîtrise de la langue allemande n’est pas une option. « À la fin de la journée, vous pouvez avoir fait votre travail en tant qu’associé sans parler l’Allemand, mais si vous devenez directeur et devez emmener des équipes chez les clients, vous aurez besoin de parler allemand », rappelle dans nos colonnes Jens Kengelbach, responsable M&A de BCG. Pas si facile de trouver la Terre promise…

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