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Les écarts de rémunération hommes-femmes en finance plus notables en France qu’à la City

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Dans l’Hexagone, les inégalités hommes-femmes en matière de rémunération et d’évolution professionnelle n’épargnent pas la banque d’investissement. Tel est le constat que l’on peut dresser à partir des chiffres que nous a fourni le site spécialisé dans les statistiques sur les rémunérations dans le secteur financier Emolument.com.

Cette étude a été réalisée dans le cadre de la Journée internationale de la Femme, sur la base des déclarations de 1.500 banquiers d’investissement travaillant en France. « Nous espérons pouvoir apporter toujours plus de transparence de façon à ce que cet écart soit mis en pleine lumière et contesté par les femmes banquiers bien sûr, mais également par leur collègues masculins », nous indique Alice Leguay, co-founder & COO chez Emolument.

Le sexe impacte-t-il l’évolution d’une carrière ?

Premier constat : le sexe affecte peu la progression de carrière. En effet, il faut pour les femmes au maximum six mois de plus que les hommes pour atteindre des postes de direction. Exception faite des postes de Managing Director (MD) où les femmes doivent lutter âprement pour atteindre aussi vite que leurs homologues masculins les rangs les plus seniors et les mieux payés de la banque d’investissement, celles-ci mettant en moyenne deux ans de plus pour y parvenir.

Les différences de salaires en banque d’investissement ont été calculées par rapport aux salaires et  bonus médians des banquiers travaillant en Origination/Advisory (seules données disponibles à ce jour pour la France). Ce qui permet néanmoins de dessiner une tendance. « Nous remarquons que les banquiers sont payés près de 30% de plus que les femmes sur le seul salaire ; quant aux bonus en moyenne, l’écart se creuse à 60% », relève Alice Leguay, qui constate que « les écarts de rémunération dans la finance sont plus notables en France qu’à la City, où les salaires sont quasi à égalité mais où l’écart se creuse au niveau des bonus ».

Ainsi, à Londres, sur un panel  de 615 professionnels des M&A et du trading avec 10 à 15 ans d’expérience, les hommes travaillant dans les fusions et acquisitions peuvent espérer toucher un bonus de 140.000 £ (180.000 €) contre un bonus de 111.000 £ (143.000 €) pour les femmes. Un écart est encore plus marqué dans le trading avec des bonus de 150.000 £ (193.000 €) pour les hommes contre 72.000£ (92.000 €) pour les femmes, soit plus du double !

Malgré tout, les femmes sont légèrement plus satisfaites de leurs bonus que les hommes, et ce à Paris comme à Londres.  Les femmes sont réputées pour être moins enclines à réclamer des augmentations de salaire et des promotions par rapport à leurs homologues masculins, dont l’impact est visible à la fois la rémunération et la progression de carrière.

Hormis donc les bonus, versés le plus souvent de façon discrétionnaire et dont la composante demeure assez opaque, c’est donc surtout en matière de salaire fixe que la France fait figure de mauvais élève. « La place de Paris mériterait de s’inspirer de la consultation sur l’égalité des rémunérations hommes-femmes menée par le gouvernement britannique qui exige des entreprises non seulement de rendre public ces écarts de salaires, puis d’y pallier », conclut Alice Leguay. Gageons que la Journée de la Femme puisse faire écho à cette piste de réflexion.

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