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Et si vous conciliez votre passion pour l’art et la finance ?

Deloitte

Vous êtes féru d’art et souhaitez faire carrière dans la finance ? Sachez que ces deux mondes ne sont pas si éloignés qu’ils pourraient le paraître à première vue. Si certaines banques font appel à des maisons spécialisées, d’autres disposent de départements dédiés en interne, comme Citigroup,UBS ou bien encore BNP Paribas Wealth Management qui vient de fêter ce mois-ci les 40 ans de son service Conseil en Art, où travaillent 4 personnes. « Il y a 40 ans nos clients étaient surtout intéressés par l’art ancien et l’art impressionniste, aujourd’hui ils souhaitent vivre avec de l’art moderne ou contemporain » explique Antoinette Leonardi, responsable du Conseil en Art de BNP Paribas Wealth Management. « Le profil des clients s’est aussi beaucoup diversifié. La clientèle de notre service rajeunit et compte de plus en plus d’entrepreneurs ».

Pour les clients acquéreurs, le Conseil en Art de la banque privée sélectionne les œuvres de la meilleure qualité disponible sur le marché. Pour les clients vendeurs, le Conseil en Art étudie la provenance de l’œuvre et sa place dans le corpus de l’artiste, les différentes stratégies de vente selon la nature de l’œuvre. Enfin, pour vendeurs et acheteurs, il effectue des due diligence (vérification d’attributions, de provenance, bibliographie et état de conservation), estimations de valeur et participe à la création et la gestion de collections, l’administration de prêts aux musées …

Les passerelles entre l’art et la finance se multiplient

Etats-Unis, Suisse, Luxembourg : partout les initiatives visant à rapprocher ces deux univers se multiplient. Le fonds d’investissement Carlyle et la banque privée suisse Pictet ont ainsi annoncé l’an dernier la création de la société financière Athena Art Finance, une solution de prêt innovante d’œuvres d’arts. Doté de 280 millions de dollars et basé à New York, cet établissement de crédit d’un nouveau type permettra aux family offices, collectionneurs et amateurs aux revenus élevés de ne plus avoir à gager leurs biens personnels pour obtenir un crédit en vue d’acquérir un tableau ou une pièce de prix, grâce à des financements d’au moins un million de dollars sur des durées allant de 6 mois à 7 ans.

Les ports francs pour œuvres d’art et objets de valeur sont également un créneau en plein essor : les achats comme les ventes d’œuvres y étant exemptes de TVA, l’avantage est de taille pour les collectionneurs spéculateurs. D’ailleurs, c’est l’un d’entre eux, le Freeport basé à Luxembourg, qui a lancé l’an dernier la Luxembourg Art Law and Art Finance Association (Lafa), une association à but non lucratif destinée à servir de support pour les banquiers privés, juristes et promoteurs de fonds d’investissement, qui ne savent pas toujours comment aborder l’art en tant que classe d’actifs. « Nous sommes d’avis que le Luxembourg peut devenir le centre de compétences européen dans le secteur d’art et finance », a déclaré son président Alain Mestat, précédemment Senior Vice President chez Banque Privée Edmond de Rothschild Europe.

Enfin, signe des temps : les recruteurs eux-aussi tentent de sensibiliser leur personnel. Ainsi, en octobre dernier, dans le cadre de la 2ème édition sur le thème « De l’art et de la finance », l’équipe Management de Transition du cabinet Robert Walters France a convié ses clients à une visite privée de l’exposition Hergé après avoir visité en 2015 les légendaires studios photographiques Harcourt.

Un marché qui reste à développer

« Le marché de l’art mondial de plus de 3.000 milliards de dollars est l’un des marchés de taille conséquente les moins développés et les moins sophistiqués sur le plan du financement », explique Olivier Sarkozy, responsable mondial des services financiers de Carlyle (et demi-frère de l’ancien président français Nicolas Sarkozy). « Pendant trop longtemps, les collectionneurs d’art et autres intervenants du marché ont été confrontés à des choix de financement limités quand ils voulaient emprunter pour acquérir une œuvre d’art », ajoute Andrea Danese qui, après 20 ans passés dans les financements structurés, a co-fondé Athena Art Finance.

L’intérêt des gestionnaires de fortune pour l’art, dont la clientèle Ultra High Networth Individuals (UHNI) concentre 15% de ses actifs, est évidente. Pour preuve, la Fondation pour le droit de l’art et le Centre de droit bancaire et financier de l’Université de Genève organisent depuis 2014 un cycle de conférences consacré au thème Art Finance & Law à Londres et Genève. Le but est d’examiner la tendance croissante à considérer l’art comme une forme d’investissement financier, voire une classe d’actifs particulière. Bénéficiant d’un marché mondial en pleine expansion, l’art attire de plus en plus l’attention en tant que classe d’actif, ce qui favorise l’émergence d’un nouveau type de services professionnels dans ce domaine et dans le secteur financier.

Ainsi, 73 % des gestionnaires de patrimoine interrogés en 2016 (ils étaient 58 % en 2014) affirment que leurs clients souhaitent inclure des actifs ayant trait aux objets d’art ou de collection dans leur patrimoine afin de bénéficier d’une vue consolidée de leur fortune. Il s’agit là de l’une des principales conclusions du volumineux rapport Art & Finance 2016 réalisé par le cabinet d’audit et de conseil Deloitte Luxembourg et le cabinet spécialisé dans l’analyse du marché de l’art ArtTactic qui, entre novembre 2015 et janvier 2016, ont interrogé plus de 120 professionnels du monde de l’art (galeries, sociétés de vente aux enchères et conseillers en art), une cinquantaine de banques privées, 14 gestionnaires de fortune ainsi que plus de 90 collectionneurs en Europe, aux États-Unis, en Amérique latine, au Proche-Orient et en Asie.

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Dans l’ensemble, l’indicateur « Art & Finance Future » laisse entendre qu’au cours des 12 prochains mois, les gestionnaires de patrimoine poursuivront leurs investissements dans les services liés à l’art, mais probablement à un rythme moins soutenu. Ils auront tendance à se concentrer sur les activités visant à préserver la part de la fortune de leurs clients affectée à l’art, par exemple la planification successorale, la philanthropie et les prêts garantis par des objets d’art, plutôt que sur les fonds d’investissement en art, pour lesquels cet indicateur affiche son niveau le plus bas depuis la création du rapport par Deloitte et ArtTactic.

Des professionnels à la pointe

Mais être un spécialiste financier en art ne s’improvise pas. C’est pourquoi il existe des formations dédiées. En France, l’Inseec propose un 3e cycle spécialisé dans le marché de l’Art avec au programme des cours sur la gestion patrimoniale artistique, l’expertise et le courtage ou bien le droit et la fiscalité du marché de l’art. « Les stratégies de placement en termes financiers deviennent de plus en plus importantes, développant l’activité du courtage qui en découle », explique Anne Thoumyre, directrice de programme du Master of Science en Marché de l’Art et Négociation à l’International. Il est également possible d’étudier à l’étranger, par exemple à Londres où Sotheby’s Institute of Art qui propose un Master Art Business ou bien en Suisse où l’Université de Zurich a lancé un Master of Arts in Banking and Finance.

Enfin, les financiers férus d’arts devront être au fait des dernières nouveautés technologiques et digitales, comme par exemple les plateformes de négoce d’œuvres d’art B2B et entre particuliers. « Les nouvelles plateformes de négociation en ligne ajoutent de la liquidité au marché de l’art et viendront enrichir les données disponibles dans ce domaine, ce qui permettra d’avoir une plus grande transparence et d’améliorer la précision des évaluations des œuvres », explique Thierry Hoeltgen, partner et co-leader du service Art & Finance de Deloitte Luxembourg.

Cette année, Deloitte Luxembourg a mis au point une alternative technologique aux traces écrites qui attestent la provenance d’une œuvre d’art et ses déplacements. Cette preuve de concept basée sur la Blockchain assure la gestion des interactions entre les différentes parties concernées de l’artiste ou le propriétaire de l’œuvre, en passant par les transitaires, les douanes, les galeries d’art et les musées jusqu’aux acheteurs potentiels. « Cet exemple démontre que la technologie Blockchain peut transformer des secteurs bien au-delà des services financiers. Le modèle qui a servi de base à ArtTracktive est solide, flexible et peut s’adapter à d’autres besoins commerciaux dans d’autres secteurs », fait valoir Thibault Chollet, Director et Blockchain Leader chez Deloitte Luxembourg. Qui a dit que l’art était ringard ?

Illustration : Deloitte

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