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Banques cherchent spécialistes bitcoin, blockchain et crypto-monnaies

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Si la plupart des banques ont tenté de minimiser la concurrence que représentent les fintechs en soutenant que les nouvelles technologies représentaient des opportunités plutôt que des menaces, elles passent aujourd’hui à la vitesse supérieure en cherchant à exploiter au mieux le potentiel de la technologie du Bitcoin. « Étant donné le potentiel des crypto-monnaies à révolutionner les pratiques bancaires dans la prochaine décennie, les banques doivent investir du temps et de l’énergie afin de comprendre comment elles peuvent les utiliser au mieux avant d’autres acteurs n’interviennent et n’imposent ces décisions pour elles », explique Johann Palychata, analyste de recherche chez BNP Paribas Securities Services.

Certaines banques sont d’ailleurs déjà passées à l’acte. Neuf d’entre elles et non des moindres (State Street, Goldman Sachs, Barclays, BBVA, Commonwealth Bank of Australia, Credit Suisse, JPMorgan, RBS et UBS) viennent ainsi de s’associer autour de la start-up new-yorkaise R3 pour développer des applications commerciales autour de la Blockchain, la technologie sous-jacente au Bitcoin, dans le but de réaliser des économies sur les transactions financières mais aussi d’établir des standards cohérents et des protocoles à travers l’industrie financière.

Les banques françaises dans le train du bitcoin

Les grands établissements bancaires français eux aussi se mettent à l’heure du bitcoin, et ce malgré les avertissements adressés par les instances de régulation qui pointent toute une série de risques liés à cette monnaie électronique. BNP Paribas serait d’ores et déjà au stade du beta test pour inclure le Bitcoin dans l’un de ses fonds en devises, selon le site International Business Times qui s’appuie sur une source interne à la banque. « Nous sommes en train de regarder la technologie de la Blockchain et de quelle façon elle peut être utilisée sur des processus commerciaux pour rendre les choses plus rapides et potentiellement moins coûteuses, mais tout ceci ne sont que des projets et des tests. Il n’y a rien qui est déployé sur nos systèmes », a rapporté une porte-parole de BNP Paribas.

De son côté, Société Générale a passé cet été discrètement une annonce sur le site d’information américain spécialisé Coindesk pour recruter en VIE un ingénieur IT capable de mettre au point différentes manières de récolter des informations quantitatives sur les véritables évolutions de l’univers des crypto-monnaies. «Ce n’est pas surprenant, cela fait un an que j’observe une accélération des recrutements d’ingénieurs et de spécialistes du Bitcoin dans les grandes banques mondiales. En général, ils ont juste besoin d’un expert sur des groupes qui comptent plus de 10 000 salariés», explique Francis Pouliot, directeur des affaires publiques à la Fondation Bitcoin Canada à Montréal, dans une interview à Frenchweb.

Un marché porteur…

« En France, les recrutements de spécialistes bitcoin s’effectuent encore au compte-goutte et concernent encore souvent des profils stagiaires », rapporte un recruteur parisien. En attendant, les spécialistes aguerris peuvent se tourner vers certaines sociétés fintechs, très actives sur ce segment. C’est le cas par exemple de la marketplace de bitcoins Paymium qui vient de lever 1 million d’euros pour s’étendre en Europe. « Nous comptons multiplier notre volume d’échanges par cinq d’ici fin 2016. En outre, l’intérêt de la technologie Blockchain, sur laquelle Bitcoin se développe, est maintenant largement reconnu par le secteur bancaire. Cela ouvre la voie à de nouvelles applications dans le domaine de la confiance numérique et des paiements », précise Pierre Noizat, président et co-fondateur de Paymium.

Le système de transaction en Bitcoin a donc tout le potentiel pour concurrencer les services bancaires classiques. « Le défi de cette monnaie est de donner accès à un système de transaction simple là où les services bancaires traditionnels sont peu développés », explique Éric Larchevêque, CEO de Ledger fondateur de la Maison du Bitcoin créée par des entrepreneurs passionnés des cryptomonnaies. « Les banques ont tout intérêt à nouer des partenariats », indique quant à lui Ronan Le Moal, directeur général de Crédit Mutuel Arkéa qui a précisément fait le choix de s’allier à de jeunes entreprises innovant dans le domaine bancaire.

Mais à terme, la technologie blockchain pourrait faire peser une menace sur un autre public : les intermédiaires financiers des banques. Et c’est l’analyste de BNP Paribas qui le dit : « Si les investisseurs peuvent s’échanger des actions directement dans un système suffisamment fiable, les courtiers n’ont plus de raison d’être ». Rien de moins. En attendant, l’engouement pour le secteur ne faiblit pas, un salon de recrutement orienté uniquement sur les métiers de l’industrie du Bitcoin, BitcoinJobFair ayant même vu le jour l’an dernier à la Silicon Valley. Avis aux amateurs de crypto-monnaies…

 

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