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Comment Natixis devient soudainement un employeur attractif en M&A

natixis

Le petit monde de la banque d’affaires parisienne est en ébullition. De nouvelles boutiques se créent, les recrutements repartent dans les banques d’investissement étrangères et françaises… D’ailleurs vous comptez peut-être, vous aussi, faire partie de ce nouveau mercato post-bonus qui s’annonce animé. Vous rêvez de Lazard, Rotschild, BNP…  Et le nom de Natixis ne vous avait pas franchement effleuré l’esprit. Eh bien, reconsidérez votre wish list.

Le projet d’acquisition de Leonardo & Co en France pourrait bien changer la donne pour Natixis Share on twitter. Son équipe M&A devrait ainsi plus que doubler avec l’intégration des 25 banquiers de la boutique paneuropéenne appartenant au groupe italien Banca Leonardo. Cette structure dirigée à Paris depuis 2012 par Patrick Maurel, un ancien d’Aforge Finance, a travaillé l’an passé sur 24 opérations d’une valeur totale de 2,9 milliards d’euros, selon Dealogic. Natixis a réalisé deux fois moins de deals pour 7,2 milliards d’euros. Les deux établissements se classent respectivement à la 26e et 22e place du classement de 2014.

L’acquisition des activités de Leonardo France va permettre à Natixis de « renforcer son statut de référence des midcaps en France, dans les financements et dans le M&A, et de franchir ainsi une étape importante dans le déploiement du plan New Frontier », a précisé la banque dans son communiqué le mois dernier. Un plan qui fait la part belle au conseil, activité peu consommatrice en fonds propres.

Recrutements clés

Ce changement d’échelle devrait sérieusement booster l’activité M&A de la banque de gros du groupe BPCE, qui au cours des trois dernières années avaient déjà posé quelques jalons.

L’année 2012 a marqué un tournant avec deux recrutements clés : l’arrivée de l’ex-patron de Mediobanca à Paris, passé par Citi et Schroders, Marc Vincent à la tête du pôle Relations Clients et Conseil et le recrutement de Vincent Berry, venant de Rothschild & Cie,  comme responsable de l’activité M&A de Natixis.

Les ambitions dans ce secteur ont commencé alors à se préciser. D’autres talents ont rejoint les rangs comme Boris Picchiottino et Pierre Foucry, deux anciens de Mediobanca ; Anne Hiebler, ex-Citi, venue de Goetzpartners… Un investissement qui porte aujourd’hui ses fruits, comme le résume ci-dessous le classement de Dealogic pour le premier trimestre publié hier : Natixis fait un bond énorme dans le classement.

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Deux recrues ont été déterminantes dans le projet d’acquisition de Leonardo : Christophe Muyard, fraîchement débauché de Leonardo en début d’année et son ancien collègue Guillaume de Saint-Seine, parti lui en 2012 pour Natixis. Un proche de Marc Vincent rencontré chez Schroders et qu’il avait suivi chez Citi.

Gagnant-Gagnant

« C’est un deal gagnant-gagnant : Leonardo visait un accès plus large aux deals primaires pour ses clients, ce qu’il acquiert avec Natixis. Tandis que de son côté, Natixis parvient à attirer de nombreux talents et une franchise reconnue sur le midcap », juge Ferdinand Petra, ex-banquier d’affaires aujourd’hui professeur en finance affilié à HEC Paris. Le tout pour un montant inférieur à 20 millions d’euros, selon Les Echos.

C’est vrai que le nom de Natixis n’a pas d’emblée fait rêver les banquiers de Leonardo. Mais le projet présente des avantages Share on twitter et des garanties. « Rien ne change, à part le logo sur votre carte visite », tel est le message qui a été donné en interne aux équipes, qui n’ont pas prévu de déménager de leurs locaux rue de Lisbonne dans le 8e arrondissement de Paris dont le bail s’étalerait encore sur trois ans, selon une source interne.

« Natixis reprend toute l’équipe, et nous devrions garder un maximum d’autonomie et l’exclusivité sur nos deux cœurs d’activités : les fonds et le midcap », explique un banquier de Leonardo sous couvert d’anonymat, qui précise : « avec la charge de travail que nous avons en ce moment nous avons le nez dans nos dossiers. D’ailleurs, nous sommes en train de recruter trois à quatre associates / directors pour accompagner notre forte activité ».

Nouvelle image de marque

Cette opération pourrait également apporter beaucoup aux collaborateurs pour le développement de la carrière comme des évolutions à l’international, des passerelles vers d’autres métiers du groupe, l’accès à un réseau de compétences pour développer leur business… Car si les banquiers de Leonardo vont apporter du deal flow à Natixis, ils vont profiter également de l’accès à l’immense réseau du groupe BPCE ainsi qu’à de nombreux services en matière de bilan et de financement pour leur clients.

« Une association vertueuse qui va redorer l’image de marque de Natixis dans ce secteur », parie un banquier d’affaires senior parisien d’une maison concurrente. Et de faire l’analogie avec Deutsche Bank, dont l’attractivité était montée en flèche en 2009 avec l’arrivée de Marc Pandraud  et son équipe de Merrill Lynch.

Encore faut-il que la greffe prenne. Le management de Leonardo France va s’associer à Natixis dans l’acquisition de la société, ce qui devrait aider. Mais « ils ne sont pas à l’abri d’un choc culturel ou d’une bataille d’égo. Dans ce type d’intégration, il y a toujours des départs, et donc de nouveaux recrutements. Prenez des anciens de Lehman qui ne se sont pas du tout retrouvés à leur place chez Nomura », rappelle ce banquier.  Et puis, si l’association se passe bien, Natixis voudra de toute manière renforcer son dispositif à moyen terme, y compris à l’international. Bref, dans tous les cas, mieux vaut garder Natixis dans votre viseur…


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