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Les nouveaux lieux de la finance parisienne pour réseauter en 2017

La Défense, un lieu de networking parmi de nombreux autres...

La Défense, un lieu de networking parmi de nombreux autres...

Pour décrocher un nouveau job en finance, l’importance du réseau n’est plus à démontrer. Il y a bien sûr les réseaux sociaux, mais rien ne remplacera jamais les rencontres de visu. Et pour multiplier vos chances de rencontres professionnelles – organisées ou fortuites, il peut être utile de savoir bien identifier les quartiers et les lieux repères de la finance parisienne pour réseauter efficacement.

D’autant que ces dernières années, sa géographie a beaucoup évolué, à l’image de son industrie en pleine transformation post-crise. Au gré du développement de l’écosystème des fintechs (qui dispose désormais de ses propres lieux de prédilection), d’une vague de déménagements de sièges de groupes bancaires, d’initiatives associatives ou privées, la finance parisienne a dessiné une nouvelle cartographie. Des lieux où réseauter, s’informer ou simplement booker des rendez-vous business et/ou carrière.

De nouveaux endroits dédiés aux financiers, qui portent bien leurs noms

Pour parler finance, quoi de mieux que la Maison de la Finance au 14 rue Pergolèse dans le 16e arrondissement. Crée en 2011 par trois associations professionnelles (AFDCC, APDC et DFCG), ce lieu qui dispose de quatre salles modulables permet aux financiers de se retrouver dans un lieu dédié aux échanges, à la réflexion et à la formation.

D’autres lieux dédiés aux professionnels des services financiers ont vu le jour depuis. En 2013, en plein quartier latin, ouvrait ses portes la Maison de l’Epargne, un lieu dans le quartier latin où les acteurs du monde financier peuvent organiser des points presse, conférences, réunions d’analystes, de gestionnaires de patrimoine ou assemblées générales d’actionnaires – le tout, en dégustant un menu avec quelques plats formulés en argot financier.

En mai 2014, c’est la Maison du Bitcoin qui s’installait au 35 rue du Caire, dans le Sentier. Créé par des entrepreneurs passionnés des cryptomonnaies, cet espace de 220m2 comprend un comptoir de change physique où acheter des Bitcoins, se former et rencontrer des experts dans des espaces de co-working.

« Silicon Sentier »

Si le centre de Paris a été historiquement un haut de lieu de la Finance avec l’implantation dès le 19ème siècle des sièges des grands groupes financiers à proximité de la Banque de France et du Palais Brongniart, un nouveau Triangle d’Or semble se dessiner autour des métros Bourse, Grands boulevards et Sentier. L’ancienne Bourse de Paris, qui a cessé toutes activités physiques liées au marché à la fin des années 90, héberge désormais de nombreux organismes tournés vers le futur à l’instar de l’Institut Louis Bachelier, un réseau de recherche novateur en finance et en économie reliant institutions académiques et entreprises ; le pôle de compétitivité Finance Innovation et son incubateur, qui ont accompagné plus de 500 startups en finance depuis sa création en 2008, et dont une poignée d’entre elles ont élu domicile dans le Palais Brongniart.

Une flopée de startups dont un bon nombre de Fintech quadrille désormais ce « Silicon Sentier », nom à l’origine d’une association d’entreprises innovantes créée en 2000. Rebaptisée NUMA, l’association a endossé le nom du nouveau lieu incontournable des startuppers parisiens qu’elle a ouvert au 39 rue du Caire, juste à côté de la nouvelle Maison du Bitcoin. Le groupe FinTech Startups France lancé en mars 2014 et comptant plus d’un millier de membres a d’ailleurs organisé son premier « MeetUp » au NUMA Café. Le mot d’ordre de ces ralliements : la découverte et l’échange, dans un esprit de décontraction, avec parfois même la mention “Networking Pizzas ET Bières” au bas de l’invitation. On est loin des dîners guindés de l’Ouest parisien.

Dans la même veine que le NUMA et toujours dans le 2e arrondissement, le fonds d’investissement PartechVentures a mis sur pied en décembre 2014 Partech shaker un « campus » de 2.200 m2 dédié à l’innovation digitale et qui réunit quarante startups déjà confirmées et en phase de croissance, en lien avec des plus grands groupes. Et il n’y a pas que les ingénieurs et les matheux à fréquenter le quartier. Le quartier Bourse reste également le lieu de prédilection de nombreux assets managers. Avec comme QG le Centre d’affaires Paris Victoire, plus pro (et plus discret) qu’un café pour rencontrer des entrepreneurs et donner rendez-vous à des partenaires ou investisseurs. Chaque année,  Morning Star y organise son Emerging Manager Day.

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Le soleil se lève à l’Est (parisien)

Plus à l’Est, c’est la même effervescence. Dans le quartier Bastille, Christian Vanizette, le patron de Makesense, a ainsi monté en 2015 SenseCube Paris, un incubateur de 500 m2 pour aider les porteurs de projets de social business à monter leur activité. De quoi éveiller la curiosité des adeptes de la finance éthique ou de l’analyse ISR. Plus conventionnel, le Ministère de l’Economie et des Finances à Bercy. Une ville dans la ville qui mérite d’y faire un saut (il suffit de s’inscrire à l’un des nombreux événements organisés par Bercy pour entrer dans la forteresse), d’autant plus que le ministère, qui emploie 150.000 personnes à Paris et en région, recrute actuellement pour sa cellule de régularisation fiscale.

Sur l’autre rive de la Seine, juste en face, un lieu incontournable : Paris Rive Gauche, à ne pas confondre avec la rive gauche. Mi-quartier d’affaires, mi-quartier d’habitation, on ne compte plus les établissements financiers qui y ont élu domicile : Accenture, Natixis, BPCE,  Caisse des Dépôts et Consignations. Le matin en semaine il a des allures de petite « Défense » vu le nombre de costumes-cravates qui y défilent. Sauf qu’il y a un peu plus d’endroits branchés pour networker le midi ou le soir entre Docks en Seine, au pied quasiment de Natixis, la piscine flottante Joséphine Baker et son espace forme, ou bien une soirée au Village russe.

De l’autre côté du périph’

La finance parisienne a aussi depuis quelques années tendance à quitter la capitale pour la banlieue, ce qui rend parfois compliqué le réseautage entre pairs. Après y avoir transféré des pans entiers d’activités, comme BNP Paribas Cardif à Nanterre ou BNP Paribas Securities Services à Pantin, certaines banques ont carrément décidé d’y transférer leur siège social à l’instar de Crédit Agricole à Montrouge et Saint-Quentin-en-Yvelines, ou LCL à Villejuif. Sans oublier la SocGen qui a fait migrer les 5.000 salariés de son pôle IT à La Défense vers de nouveaux bureaux à Val-de-Fontenay. Baptisé “les Dunes”, le nouvel ensemble s’inspire directement des locaux des Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon).

Ces lieux sont avant tout fonctionnels et rien n’est fait pour que les banquiers mettent leur nez dehors. Pire, « ils se transforment en véritables no man’s land la nuit et le week-end », indique l’un d’entre eux. Les extensions de certaines lignes de métro et de trams contribuent néanmoins à dynamiser ces quartiers qui, comme l’Est parisien, finiront peut-être par devenir « tendance », qui sait ?

L’Ouest parisien ou la “finance à papa”

En attendant, les quartiers d’affaires traditionnels de l’Ouest parisien comme la Défense et le Triangle d’Or, restent encore les quartiers repères où travaille et se rencontre une majorité de financiers. Jadis, entendez avant la crise, il suffisait de pousser la porte de quelques restaurants chics (pendant la pause déjeuner) ou de bars huppés (après le travail) pour tomber sur des banquiers parlant gros sous ou refaisant le monde. La donne a là aussi quelque peu changé. Un certain nombre d’équipes et de desks de grandes banques ont réduit la voilure ou ont été transférés outre-Manche. Les nouvelles contraintes budgétaires, couplées d’une baisse et de l’encadrement des bonus ont rendu les banquiers plus discrets. Fini le temps des repas d’affaires interminables dans les restaurants des hôtels étoilés des palaces parisiens. Les rendez-vous ont désormais souvent lieu directement…au siège de la banque.

Les lieux de réseautage traditionnels n’ont pas disparu pour autant. Concentrés dans l’Ouest parisien et réservés à une élite, les « cercles »  réunissent toujours le gratin des affaires. Ils cultivent le goût du secret et restent inaccessibles au tout-venant. Il faut généralement être parrainé et les cotisations atteignent rapidement plusieurs milliers d’euros par an. « Attention, ce n’est pas le genre de lieu où l’on parle de business, à l’inverse des associations d’anciens des grandes écoles », confie un chasseur de têtes parisien qui avoue se rendre dans certains de ces clubs pour « chasser » discrètement des hauts potentiels.

Une fois passé la porte d’entrée, les occasions de lier connaissance sont pléthore. Situé rue du Faubourg-Saint-Honoré dans l’hôtel particulier d’Henri de Rothschild, à deux pas de l’Élysée, le Cercle de l’Union interalliée compte près de 3.000 membres. Parmi eux, figurent Dominique Bazy (ancien patron d’UBS France et fondateur de la boutique en banque d’affaires Barber Hauler), Claude Bébéar (fondateur et CEO d’Axa), ou encore Augustin de Romanet (Ex- DG de la Caisse des Dépôts et Consignations). À défaut de compter parmi ses membres, vous pourrez toujours vous y rendre pour assister aux déjeuners-débats qu’organise régulièrement en ce lieu le Centre des professions financières autour de personnalités du monde de l’économie et de la finance. Et vous dérober pour profiter de ces espaces somptueux : salles à manger sur jardin, salles de lecture et de jeux, bibliothèque, salons privés et, si vous êtes très chanceux ou bien accompagné, faire un détour en sous-sol par la piscine, le hammam et la salle de sport.

Rien ne vous empêche de choisir votre « cercle » précisément en fonction de votre hobby (et accessoirement de vos moyens). Les gastronomes opteront pour le Club des Cent qui se réunit chez Maxim’s, où se retrouvent également les membres du Club des Assureurs ; les férus de poker préfèreront l’Aviation Club de France installé en haut des Champs Elysées ; les passionnés d’auto opteront pour l’Automobile Club de France logé Place de la Concorde. Quant aux sportifs, ils auront le choix entre le Polo de Paris dans le Bois de Boulogne et les nombreux clubs de golf et autres cours de tennis des quartiers huppés de la capitale et de l’Ouest parisien.

Back to school

Vous pouvez vous déplacer d’un quartier à l’autre, mais aussi remonter l’échelle du temps, en participant par exemple aux rencontres d’anciens élèves (les Alumni) de votre université ou école. « Ce sont de loin les meilleurs endroits pour networker et qui sont clairement ‘business oriented’ », relève un chasseur de têtes. « Il existe des douzaines de réseaux formels ou informels dédiés aux métiers de la banque et de la finance ; il s’y trouvera toujours une ou deux personnes clé », révèle un autre recruteur en finance.

Au choix : le Club des Jeunes Financiers rattaché au Centre des professions financières rue de l’arcade dans le 8e, non loin de NYSE Euronext, organise régulièrement des after-works (pour les juniors), ou bien le  Club Finance Paris qui, comme son nom l’indique, regroupe les jeunes diplômés et étudiants des formations des plus grandes écoles parisiennes. La toute dernière née de ces associations est Youth in Finance qui a été inaugurée en février 2016.

Les manifestations n’étant pas forcément organisées au sein de leurs locaux, le mieux est d’aller régulièrement visiter leurs sites Internet ou leurs pages Facebook pour savoir où elles ont lieu dans la capitale. Enfin, sachez que l’AperoRH draine toute une clientèle de chasseurs de têtes, recruteurs et autres consultants qui, même s’ils ne sont pas forcément tous spécialisés en finance, pourront être de précieux conseils en matière de rédaction de CV ou de coaching express.

Credit photo: John Harper / gettyimages

commentaires (2)

Comments
  1. Bonjour,

    Article très intéressant :)
    Une petite précision par rapport à la carte : le siège du groupe Crédit Agricole SA (Evergreen) est à Montrouge depuis 2011. Il accueillera en 2016 les équipes de Crédit Agricole CIB (pour un total de plus de 9 000 collaborateurs). Ce sont les locaux de LCL qui sont à Villejuif (c’est bien précisé dans l’article par contre).

    Bonne journée,

  2. Merci pour cet article bien fourni et donnant une vision d’ensemble sur les réseaux du secteur. Vous n’avez pas cité les autres associations, celles que l’on pourrait nommer “la finance à papy”. Complètement dépassées et remplies de retraités ou d’innactifs qui essayent de vendre leur dorure du passé. Pas besoin de citer les noms, ceux qui sont dans le secteur, le savent automatiquement. Une piste, elles ne figurent pas dans votre article.

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