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« De nombreuses expertises intéressent les cabinets de conseil dans les services financiers ! »

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Tendance croissante à l’externalisation au sein de l’industrie financière, énormes enjeux en matière réglementaire, organisationnelle et technologique, nouvelles exigences de la clientèle… Voilà autant de facteurs qui renforcent la position des acteurs du conseil spécialisés en finance. Leurs recrutements et le métier de consultant s’en trouvent du même coup positivement impactés.

C’est de tout cela dont Dominique Herrou, associé et co-fondateur d’Aurexia, a bien voulu nous parler. Le cabinet, créé en 2006, est spécialisé dans le conseil en organisation exclusivement orienté vers le secteur des services financiers. Il compte une cinquante de consultants et continue de recruter activement face au volume croissant des missions qui lui sont proposées. Au point d’être aujourd’hui « un peu en surchauffe »…

Quels sont les sujets les plus en vogue aujourd’hui dans la banque de financement et d’investissement ?

Ils sont en fait assez nombreux et adressent des enjeux, pour la plupart, métier, réglementaires, organisationnelles et de reporting, ce qui est globalement porteur pour le monde du conseil. Je citerais 5 sujets principaux :

– Les transformations du trading pour compte propre, qui occupent actuellement beaucoup les BFI, amenées, pour des raisons réglementaires et législatives, à filialiser ces activités.

– Les nouveaux processus de la titrisation, revisitée à la lumière des nouvelles exigences réglementaires, est un sujet qui monte car il répond à la nécessité de continuer à offrir du crédit aux entreprises sans que cela pèse sur le bilan des banques.

– Tous les professionnels maîtrisant la gestion des ressources rares et l’allocation pertinente du collatéral sont extrêmement sollicités depuis l’instauration des règles EMIR (european market infrastructure regulation) et la généralisation des besoins de garanties.

– Le développement des métiers du Global Transaction Banking (cash management, paiements trade finance, supply chain), qui selon une étude* va constituer un marché en hausse de 11% en moyenne par an jusqu’à 2021. Et qui suppose la mise en place de nombreuses innovations technologiques.

– L’externalisation des back-offices : toutes les banques, sans exception, y travaillent.

Concernant les autres activités bancaires, l’assurance et les services aux investisseurs, sur quelles problématiques les professionnels doivent-ils s’investir aujourd’hui pour intéresser les employeurs ?

Côté retail, nos clients continuent de rechercher des compétences en produits d’épargne et en synergies opérationnelles. En banque privée, l’accent est mis sur l’amélioration de l’offre commerciale, sujet de préoccupation que l’on retrouve dans les priorités de recrutement. En assurance, parmi les préoccupations du moment figurent sans surprise l’adaptation aux contraintes réglementaires et une meilleure distribution des produits d’épargne et de placement. Enfin, sur les métiers titres, de nombreux projets sont à mener, tant sur la réorganisation des activités en Europe (notamment à la faveur du projet de place T2S) que sur le rapprochement avec la banque d’investissement (à la faveur de la directive EMIR et ses nouvelles exigences sur le collatéral), ainsi que sur l’élargissement de l’offre aux sociétés de gestion.

Est-ce que votre recrutement fait écho à ces problématiques ?

Oui bien sûr, cette veille marché au plus près des préoccupations de nos clients nous permet de bien cibler les recrutements. Nous comptons déjà plus de 50 consultants sur Paris, dont 40% sont tournés vers les métiers de BFI et de la Finance (compétences comptables et projet très recherchées), et les 60% restants partagés entre d’une part le business retail (banque de détail, banque privée, assurance) et d’autre part les activités Investor services (asset management et métiers titres). Sur ces métiers, nous recherchons en majorité des senior consultants.

Quel est votre objectif de recrutement à atteindre d’ici la fin de l’année ?

À l’origine, il était de 50 consultants ! Vu que l’objectif a été atteint en milieu d’année, nous souhaiterions finir l’année avec 60 consultants idéalement. Nous avons recruté une quinzaine de consultants sur les douze derniers mois. Le cabinet a une vraie stratégie de développement, y compris à l’étranger où nous avons ouvert un bureau à Londres notamment pour favoriser la mobilité internationale de nos consultants qui en sont très demandeurs, et suivre les besoins de nos clients. Les missions ne manquent pas, nous sommes même un peu en surchauffe avec un taux de staffing (consultants mobilisés sur une mission) de 90% contre 70% en moyenne dans le secteur. Notre chiffre d’affaires est passé de 4,5 millions d’euros en 2012 à 5m€ en 2013 et devrait atteindre les 7m€ pour 2014.

Recrutez-vous des juniors ?

Peu car nos clients exigent de l’expérience et de l’expertise. Mais nous tâchons de les former puis de les intégrer dans des dispositifs où ils peuvent apporter progressivement de la valeur. Ils doivent être toutefois être diplômés d’une grande école et avoir une appétence pour le métier du conseil. Parallèlement, nous avons en permanence 2 stagiaires de fin d’études dans le cabinet. Dans la majorité des cas, ces stagiaires de longue durée se sont vus proposer une embauche en CDI.

Ce qui est rédhibitoire pour vous chez un candidat ?

L’absence d’humilité : le candidat qui se positionne sur la rémunération dès le premier contact téléphonique ou qui demande une promesse d’offre avant même qu’on ait pu le voir en entretien. Il y a aussi les candidats qui ne montrent pas d’enthousiasme à s’investir pour un projet commun et participer aux activités internes du cabinet.

Le milieu du conseil est extrêmement compétitif, et les turnovers des équipes importantes. Comment parvenez-vous à vous démarquer des autres players du marché ?

Chez nous, le turnover n’est pas une inquiétude majeure puisqu’il est d’environ 5% quand il peut atteindre 20% dans le secteur. Auprès des candidats, nous mettons en avant nos 3 priorités : la qualité des missions c’est-à-dire à forte valeur ajoutée sur des problématiques métiers, process et réglementaire ; la convivialité ; et la responsabilisation grâce à des contributions internes. Beaucoup de consultants sont frustrés de n’être considérés que comme des éléments de P&L. Ils ont envie d’adhérer à un projet commun et ne pas aller seulement chez le client.

Ces arguments, tous les cabinets ou presque les mettent en avant. Pouvez-vous les illustrer ?

Aujourd’hui, nous proposons à nos consultants, s’ils le souhaitent et selon leurs appétences, à participer à diverses activités en interne : rédaction d’études de marché, veille sectorielle, activités marketing, rédaction de la newsletter, revue de presse, organisation de conférence, animation du site Internet, réseaux sociaux, coordination avec la presse… autant de projets qui sont objectivement valorisés pour l’attribution des bonus.

Au-delà, il y a un vrai engagement sur le terrain de la formation et de l’accompagnement : chaque entrant se voit attribuer un coach en interne ; nous avons également les mardis de la formation où pendant 1h30 un consultant partage son savoir sur une expertise sectorielle ou transverse donnée ; et aussi, très apprécié, notre partenariat avec l’Ecole Centrale de Paris, qui a déjà permis de certifier Lean Six Sigma la moitié de nos consultants. Toutes ces activités permettent de souder les équipes, en plus des évènements de rencontre (soirée mensuelle, deux grands séminaires dans l’année, activités sportives, participation récente à la Course des Héros…).

*BCG – The transaction Banking Advantage (oct. 2012).

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