☰ Menu eFinancialCareers

« Qui aime bien châtie bien »: comment aider son enfant à se lancer en finance ?

Les parents peuvent donner des conseils capillaires mais pas que...

Les parents peuvent donner des conseils capillaires mais pas que...

Un jour alors que je participais à un Forum Ecole sur les carrières, j’ai surpris un homme passant de stand en stand, posant aux recruteurs des questions tout aussi pertinentes que bien préparées. Il se renseignait sur les créations de postes et sur la culture d’entreprise des employeurs concernés. En temps normal, j’aurais félicité cette personne pour son approche et sa préparation. Sauf que ce n’était pas un étudiant… mais le père d’une étudiante. La pauvre fille, qui suivait docilement son père stand après stand, avait l’air aussi empotée que gênée.

Si cette malheureuse étudiante devait un jour se retrouver face à l’un de ces recruteurs dans un jury ou en entretien d’embauche, il y a fort à parier qu’elle serait probablement mortifiée. Ses interlocuteurs se poseraient aussi sans doute quelques questions : « Que puis-je attendre de cette étudiante si quelqu’un d’autre fait le sale boulot pour elle ? Comment pourrais-je lui faire confiance si elle doit être en contact avec des clients ? » Bref, son père l’avait grillée…

Si vous voulez que vos parents vous donnent un coup de pouce pour lancer votre carrière en finance ou si vous, parents, tenez à participer aux recherches de vos enfants, voici la marche à suivre.

1.  Ce n’est pas aux parents de s’investir à fond

Les employeurs ne veulent pas de quelqu’un qui manque d’autonomie. Si vous êtes parent, n’accompagnez pas votre enfant à une journée Carrières ou à un entretien, et surtout ne vous occupez pas du suivi à sa place. Cela ne marchera pas et ne servira qu’à l’affaiblir aux yeux des recruteurs.

Faites confiance à vos enfants et laissez-les faire seuls. S’ils veulent un boulot (et ils doivent vraiment le vouloir), soutenez-les dans leurs recherches, mais ne prenez pas le relais. Si la vie est un jeu, ne perdez jamais de vue qu’ils y ont les premiers rôles  – ne leur voler pas la vedette.

2. Oui aux encouragements et à la motivation, non à la pression…

Les parents ont toute latitude pour aider à identifier les ressources utiles. Ils peuvent suggérer à leur enfant de consulter un conseiller d’orientation, le plus tôt sera même le mieux. L’expérience de l’âge leur donne la capacité d’anticipation qui, à ce stade, fait encore défaut aux enfants.

Pas de souci n’ont plus à ce que les parents poussent leur progéniture quand le besoin s’en fait sentir. Si les enfants envisagent de déménager et avoir leur propre appart, faites leur payer le loyer. Montrez leur l’avantage d’aller de l’avant, mais laissez-les trouver leur voie. Ainsi ils travailleront plus dur si c’est ce qu’ils veulent vraiment. Si son choix diffère du votre, peut-être devriez-vous vous demander pourquoi. Les pousser vers une carrière qu’ils n’ont pas choisie ne fera que retarder l’inéluctable, et risque de les freiner dans leur vie bien plus tard le jour où ils décideront de se réorienter.

3. Les parents peuvent utiliser leurs réseaux

C’est probablement le mieux que les parents puissent faire pour leurs enfants : activer leurs réseaux en discutant avec leurs amis et collègues de la recherche d’emploi de leur rejeton. La recommandation d’un parent a valeur de coup de pouce, mais une fois les portes ouvertes, c’est à l’enfant d’entrer seul dans le monde du travail.

4. Les parents peuvent s’engager activement dans les recherches

Les parents peuvent s’investir dans les recherches de fond. Votre enfant s’intéresse à la finance ? Où va sa préférence : banque d’investissement, banque privée, courtage ou fonction commerciale ? Vise-t-il un établissement universel comme J.P. Morgan ou plutôt une maison comme Lazard ?

Les grandes banques présentent, entre autres, l’avantage de proposer des formations très approfondies, de multiples possibilités en matière de mobilité interne et des postes à l’étranger. Il y est en revanche plus difficile de se faire remarquer par les faiseurs de deal confirmés, et le travail accompli paraît quelque peu noyé dans la masse de celui des analystes et des associés. Si les établissements de taille plus modeste offrent la possibilité de travailler plus rapidement avec le senior management et les clients, elles proposent en revanche un éventail de services souvent plus restreint. De ce fait, les choix de carrières y sont souvent limités. En participant aux recherches, les parents peuvent s’assurer que leurs enfants ne prennent pas leur décision en fonction du seul critère de la rémunération.

5. Les parents peuvent motiver leurs enfants et les orienter

Insistez sur l’intérêt des stages. Il est possible que votre enfant en soit déjà conscient : les stages apparaissent de plus en plus comme un point de passage incontournable vers le premier poste, tout particulièrement dans le secteur bancaire. Confiance et estime de soi, mise en avant de leurs qualités essentielles aux yeux des employeurs potentiels, recherche d’exemples parmi leurs expériences en entreprise, tels sont les domaines où votre aide peut leur être précieuse.

6.  Les parents peuvent participer à des simulations d’entretien

Les entretiens d’embauche dans les banques d’investissement sont réputés pour être particulièrement difficiles. Les parents (et leurs amis) peuvent aider les enfants à peaufiner leur technique d’entretien.

Ne vous arrêtez pas aux clichés, recherchez les questions les plus fréquentes dans les entretiens pour des postes junior dans les banques d’investissement. Votre fille/fils sait-elle/il comment « vendre » ses points forts ? Au regard de votre propre expérience, vous aurez sans doute une idée plus précise des attentes des employeurs, et de fait toutes les cartes en main pour quelques exercices très instructifs.

7. Les parents peuvent mettre la main à la poche

Un soutien financier excessif à son enfant qui vient de décrocher son diplôme n’est pas forcément l’idée du siècle. Cela peut le freiner, en lui enlevant toute motivation pour se bouger et chercher un job. Cela dit, lui payer une semaine d’hébergement dans la City pendant un stage non rémunéré constitue un vrai bon point. Idem pour une contribution à un Master 2 en services financiers ou au niveau 1 du CFA.

Les règles pour aider efficacement votre enfant à entrer dans la finance sont généralement les mêmes que dans les autres secteurs. Au vu des processus de recrutement, où la concurrence s’avère acharnée, il apparaît d’autant plus important d’optimiser la moindre opportunité. A vous de trouver l’équilibre dans vos interventions : motiver, orienter et soutenir, oui bien sûr. Mais n’oubliez pas qu’il s’agit de leur job, et non du vôtre. N’en faites pas un Tanguy, il ou elle risquerait de ne plus vouloir quitter le nid !

Jack Shardow est Rédacteur en Chef de l’Interview Bull Blog, un site Internet qui propose aux étudiants et jeunes diplômés un coaching personnalisé en ligne pour les accompagner à la préparation de leurs entretiens d’embauche.

LIRE AUSSI :

Conseils carrière : les banquiers quadra parlent aux trentenaires…

« Best of » des pires questions posées en entretien !Neuf choses à savoir

Neuf choses à savoir avant de commencer un stage en salle de marché

commentaires (0)

Comments

Votre commentaire est en attente de modération. Il apparaîtra sur le site une fois validé

Réagissez

Pseudo

Adresse e-mail

Consultez notre règlement concernant notre communauté ici