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BFI : Les nouveaux défis d’une industrie qui se paupérise, selon Roland Berger

ficelle rompue

Dans sa dernière édition du CIB Outlook, Choosing your path in a transformed industry, Roland Berger a interrogé les CEO des 30 plus grandes BFI à travers le monde. Dans cette analyse réalisée en collaboration avec Nomura, Roland Berger constate que les revenus mondiaux des BFI ont augmenté de seulement 3% en 2013 et devraient rester « flat » en 2014. Pas de quoi susciter une reprise des recrutements dans le secteur…

Cette faible croissance mondiale, principalement due à la baisse des activités de fixed income, nécessite encore de contrôler les coûts. Le rendement sur fonds propres (ROE) – d’environ 10% – est inférieur aux attentes de la plupart des investisseurs et couvre à peine le coût des capitaux propres eux-mêmes. Les banques européennes seront soumises à une plus forte pression pour réduire leur bilan et les coûts afin d’améliorer les rendements et leur rentabilité, indique le rapport dans la lignée du précédent réalisé par le cabinet Roland Berger sur le secteur bancaire français.

Panorama des gagnants et des perdants : un jeu à somme nulle !

etude-roland-berger-CIB-201Des activités de trading en berne, lestées par le fixed income

Le sévère déclin des revenus des activités de fixed income se poursuivra en 2014, prévoient les auteurs qui table sur une baisse de 7%. Le trading actions, à l’inverse, devrait continuer son redressement avec le retour de la croissance mondiale mais la hausse des revenus devrait rester limitée (à peine +1% en 2014 ) du fait de la montée en puissance de l’exécution électronique (de 25 à 40% en 6 ans) et des stratégies d’investissement plus passives et dégageant moins de marges.

In fine, les auteurs anticipent un affaissement de 5% des revenus du trading dans les activités de marchés de capitaux, le business des taux comptant pour plus de la moitié de la baisse.

Banque d’investissement : diverses fortunes

Au sein des pôles IBD des banques, les activités de dette (DCM) devraient continuer à souffrir comme au premier trimestre du fait notamment de la remontée annoncée des taux. Parallèlement, l’amélioration sur le plan économique devrait porter les activités d’equity capital market et de M&A, avec des revenus attendus en hausse de 7-8% environ en 2014. Les activités traditionnelles de financement et de transaction services devraient poursuivre leur relance au rythme de la croissance mondiale.

Aïe, encore un effort sur les coûts !

« Les conditions du marché sont encore défavorables, la pression réglementaire va demeurer. Aussi  l’industrie ne sera pas en mesure de restaurer miraculeusement ses marges et sa ROE, sans prendre des mesures drastiques », prévient le rapport.

Si la plupart des banques étudiées ont réduit depuis 2011 leur coût en moyenne de 8%, les effets ne sont pas attendus avant 2015-2016. Surtout que dans le même temps, les coûts liés aux litiges sont montés en flèche : 100 mds de dollars pour les 6 plus grandes américaines depuis le début de la crise financière. L’actualité rappelle que les banques suisses et françaises (en particulier BNP Paribas) se retrouvent aujourd’hui fortement mises à l’amende aux Etats-Unis menaçant leur activité et leur plan de développement outre-Atlantique. Le graphique ci-dessous, indiquant le ratio coûts-revenus dans les CIB en 2013, montre par ailleurs que les établissements français ne figurent pas parmi les bons élèves…

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Clarifier la stratégie et repenser le modèle industriel

Les consultants de Roland Berger estiment que les mesures « faciles » comme les réductions d’effectifs ont déjà été réalisées. Ce qu’il faut maintenant aux établissements, c’est clarifier leur stratégie. D’autant plus que des acteurs alternatifs (brokers, hedge funds) ont renforcé la concurrence sur certains marchés et « cherchent à recruter les talents ambitieux jusqu’ici employés par les BFI », n’oublie pas de rappeler le rapport.

En matière de stratégie, les établissements doivent s’appuyer sur (ou créer) leur propre avantage compétitif en choisissant l’un des trois modèles dominants : banque d’investissement axé sur les risques de marché ; banque d’affaires axé sur les coûts (le plus populaire actuellement) ; et un modèle de banque hybride. Chacun de ces trois modèles pouvant être décliné selon divers critères : portée géographique, segmentation de la clientèle, offre de produits et positionnement sur la chaîne de valeur.

Avoir la bonne stratégie ne suffit pas. Encore faut-il savoir la mettre en œuvre, en repensant le modèle industriel. « Nous croyons que les actions disruptives sont nécessaires pour rester à la pointe révolution en cours dans les BFI », confient à ce sujet les auteurs du rapport. Les employés des banques d’investissement ne sont donc pas au bout de leurs surprises et de leurs peines…

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